dimanche 22 janvier 2017

Slow Qui Tue #305: Le Téléphone pleure

Le slow qui tue de la semaine chante la douleur d'une séparation.

Claude François et Frédérique: Le téléphone pleure


Bonne écoute!


samedi 21 janvier 2017

Jackie: les 4 jours qui ont changé sa vie

4e de couverture: Dallas, vendredi 22 novembre 1963, 12 h 30 : le monde de Jacqueline Kennedy s'effondre. À côté d'elle, dans la voiture présidentielle, le président vient d'être mortellement touché. Vers 14 heures, un suspect, Lee Harvey Oswald, 24 ans, est arrêté dans une salle de cinéma. À 14 h 38, Lyndon B. Johnson, le vice-président, prête serment à bord de l'avion Air Force One. Jackie aurait pu être anéantie. Au lieu de cela, elle tient bon. Jusqu'aux funérailles, elle a quatre jours pour tout orchestrer et donner au monde une leçon de dignité. Se fondant sur les interviews accordées par la première dame, Maud Guillaumin donne à voir la vraie Jackie - aujourd'hui incarnée à l'écran par Natalie Portman - au cours de ces journées qui ont bouleversé sa vie. Une épreuve dont Jackie la réservée sortira à jamais transformée.

Le 12 septembre 2009, au cimetière Arlington, de Washington, je parcoure lentement et avec le coeur qui bat, l'allée qui mène à la Colline où se trouvent les tombes de John Kennedy et Jackie Kennedy Onassis. Là,devant la flamme éternelle (souhait de Jackie qui voulait, comme sous l'arc de Triomphe en France) qu'une flamme soit toujours allumée devant la tombe de son mari) qui vacille un peu à cause du vent, je me tiens debout , avec recueillement. 
A ce moment là, je me suis senti dans une bulle: jamais, je n'aurai pensé me retrouver ici, même dans mes rêves les plus fous. Je suis fasciné depuis tellement longtemps par les Kennedy et par ce drame qui fait partie de l'histoire, que je n'arrive pas à imaginer que je suis là, à me recueillir devant eux. 

Nous étions nombreux ce jour là, devant les tombes des Kennedy, lieu de pèlerinage pour certains, où curiosités de touristes (peut être malsain), pour d'autres,  venu ici "admirer" la tombe de ce président qui marqua l'histoire. 

Si les Kennedy n'ont pas été oublié et que cet assassinat est "entré dans l'histoire", c'est grâce à Jackie Kennedy. C'est elle qui a forgé la légende Kennedy, pour que le monde n'oublie pas. Au risque de rester enfermée dans cette légende jusqu'à la fin de sa vie. 

Après Jackie, une femme d'influence, Maud Guillaumin consacre un 2e livre sur Jackie. (Evidemment, je ne pouvait pas passer à côté, vu ma fascination pour les Kennedy, et le fait que j'avais adoré lire son premier livre sur Jackie K. , fort intéressant), mais d'une manière différente, dans son approche et sa construction. Là, où le premier se focalisait sur la femme influente et qui avait beaucoup œuvré pour la politique et l'image de son mari à travers le monde, dans "Jackie, les 4 jours qui ont changé sa vie", l'auteure resserre l'histoire en se concentrant sur l'assassinat de Kennedy et les jours qui ont suivis jusqu'aux funérailles. 

Ainsi, le livre commence sur un chapitre centré sur la fameuse tenue que portait Jackie Kennedy, ce 22 novembre 1963, le fameux tailleur rose. Car, bien évidemment, l'image de Jackie était associés aux tenues qu'elle portait. On remarque d'ailleurs, que l'image à beaucoup d'importance (la télévision investit les foyers américains, en ce début des sixties) et les Kennedy vont en jouer, eux, le couple jeune et brillant, parfait aux yeux du monde. 
D'ailleurs, c'est l'image que Jackie voudra mettre en avant, après la mort de son mari: "bon président, bon père, bon mari", en cachant absolument, les infidélités de John et toutes les sales histoires qui tournent autour des Kennedy. C'est Jackie, qui prendra tout en main pour fabriquer "la légende Kennedy", comme elle a voulu restaurer la Maison Blanche, durant son passage. Il faut que les Kennedy laisse coûte que coûte une trace de leur court passage à la Maison Blanche et dans l'Histoire (ce qui fut fort réussi car JFK est entré dans l'histoire et pas seulement pour son assassinat). 

Ce livre est fascinant, et même si je connaissais déjà pas mal de choses, (que Maud Guillaumin avait évoqué dans son précédent ouvrage sur Jackie Kennedy), je les ai redécouvert avec plaisir. Ce qui est surtout époustouflant, c'est que Maud Guillaumin a construit son livre, comme un polar: elle nous raconte dans les moindres détails (même les plus sordides, par moment) ce qui se passe dans la Lincoln, au moment des coups de feu: le crane de Kennedy, qui explose, Jackie, qui dans un instant de survie, se jette sur le coffre de la Lincoln, le trajet jusqu'à l'hôpital, qui dure 6 minutes, Jackie tenant la tête de son mari (et les morceaux de crane qu'elle a ramassé et qu'elle tient dans sa main). On suit, pas à pas le parcours funèbre de cette journée, où Jackie Kennedy, tient le premier rôle. 
Tout cela est entrecoupé de flasbacks, sur la présidence de Kennedy, le rôle que Jackie à jouée au côté de son mari, et leur vie à la Maison Blanche. C'est passionnant, fascinant et on ne lâche pas le livre une seule minute, scotché à son siège, le souffle court. 

J'ai beaucoup aimé ce livre (je l'ai même préféré au premier (même si j'avais adoré ma lecture, l'intérêt s'était émoussé pour la deuxième partie de la vie de Jackie) car celui ci se focalise sur l'assassinat et les conséquences de cet acte sur la vie de Jackie et de ses enfants. Mais c'est parce que, ce sont les Kennedy qui me passionnent et moins les Onassis. Et justement, sa vie après Kennedy, est évoquée plus rapidement, et de manière très fluide et succincte, sans s’appesantir. Ce qui fait que je n'ai ressenti aucune lassitude et que j'ai lu les derniers chapitres, dans un souffle. 
Un autre point intéressant, c'est que le lecteur est au plus près de Jackie, lors de ces journées fatidiques et funèbres, et que c'est dans ces moments d'introspections que les flashbacks sur sa vie à la Maison Blanche, ou sa rencontre avec John sont évoquées (mais également, lors de ces nuits sans sommeil. Comme si le lecteur se trouvait dans la tête de Jackie et lisait ses pensées. 
Jackie devient alors, un "personnage de roman". 
Maud Guillamin a construit cette biographie comme un roman. 

Au final, Maud Guillamin a de nouveau su me charmer avec un autre livre sur Jackie Kennedy. J'ai aimé retrouver son style fluide et percutant, qui va au plus près des choses sur cet événement qui marqua l'histoire d'une pierre noire. Son livre se lit comme un polar, et n'édulcore en aucune façon l'image de Jackie, parlant autant de ses qualités que de ses défauts (pareils pour John), faisant d'elle une personne humaine, même si l'"icône Jackie" n'est pas très loin. 
Si comme moi, les Kennedy vous fascinent et que ce qui s'est passé le 22 novembre 1963, à Dallas, vous intrigue (attention, toutefois, l'auteure ne s'attarde pas sur l'enquête qui suivit l'assassinat de Kennedy. Ce qui est normal, son sujet étant Jackie Kennedy et ses réactions après ce drame), ce livre ne pourra que vous passionner...même si vous n'êtes pas féru de biographie et de livre d'histoire puisqu'il se lit comme un roman. Ce qui démontre, encore une fois, que la vie de Jack (surnom de John) et Jackie Kennedy est un roman. Un roman qui a fasciné et façonné l'Histoire  de l'Amérique. 

Merci aux Editions de l'Archipel pour ce livre fascinant et merci à Maud Guillamin, pour la gentille dédicace. 

Maud Guillaumin: Jackie (les 4 jours qui ont changé sa vie), Editions de l'Archipel, 282 pages, 2017


mercredi 18 janvier 2017

La Discothèque du 20e siècle #200

En 1960, Henri Salvador, avec l'aide de Boris Vian, nous envoie le plus hilarant des messages, qu'il faudrait suivre à la lettre.

Henri Salvador: Faut rigoler (1960)




Précurseur du rock'n'roll français-parodique!- dès 1957 sous le nom de Henry Cording, avec la complicité de Boris Vian, Salvador est déjà dans les années 60, la star des petits et des grands, grâce notamment à ses formidables shows télévisés. Interprète attachant (le lion est mort ce soir, Syracuse, etc.), Salvador fait fureur dans les cours de récréation avec ce Faut rigoler qui fait se gondoler la France entière. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1960", Polygram Direct)

Bonne écoute!


mardi 17 janvier 2017

Kabukicho

4e de couverture: À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au cœur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, l’Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels. 

Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo oùelle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici. » Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l’aidera dans sa recherche. Yamada, l’imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l’enquête officielle. 

Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.


Sensationnel! 
Il y avait longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant capté et tenu en haleine.  
Kabukicho, le nouveau roman de Dominique Sylvain, est des plus captivant et ne se lâche pas une seule seconde. C'est bien simple, je l'ai lu d'une traite ce matin (merci les vacances qui permettent cela), voulant savoir à tout pris où cette histoire allait m' emmener.
Et, elle nous emmène loin: le Japon (que Dominique Sylvain connait bien pour y avoir habité plusieurs années) et plus particulièrement, le quartier chaud de Kabukicho, une Pigalle à la japonaise, avec ses hôtes et hôtesses. C'est dans ce quartier, que côtoie, Yudai, Marie et Kate, hôte et hôtesse de bar (des escorts pourrait on dire, par chez-nous) que l'intrigue commence, avec la disparition de Kate Sanders, une jeune anglaise, partie au Japon pour rencontrer Yudai, héros malgré lui d'un manga que la jeune femme lisait et dont elle  était fan.  
Tout le roman, va alors se focaliser sur cette disparition et, nous faire  suivre plusieurs personnages atypiques (comme Sanae, la tenancière du Bar Gaïa, Mamba, yakusa ou Akiko, une hôtesse de luxe qui peut se permettre  de s'offrir les services de Yudai...) qui vont nous dévoiler, par petites touche, cette histoire fascinante. 

Il va m'être difficile de parler de ce livre (comme à chaque fois que je lis un roman policier) car je ne voudrais pas trop en dévoiler pour tuer le suspense. Suspense très bien tenu par Dominique Sylvain, qui à l'art de parsemer son histoire de révélation (même si j'avais deviné qui se cachait derrière la disparition de Kate, je n'en ai pas moins pris du plaisir à poursuivre l'aventure pour suivre le cheminement. Et ce cheminement est quand même tortueux, pour arriver à la conclusion). 

Ce que j'ai également apprécié dans ce roman policier  psychologique, c'est le voyage qu'il m'a apporté. On sent que l'auteur connait le Japon parce qu'elle en parle tellement  bien et nous donne même les clés et les codes pour comprendre la culture nippone, très différente de notre monde occidental. Elle nous immerge complètement dans ce quartier chaud qu'est Kabukicho, entre hôtes et hôtesses qui donnent du plaisir, pas forcément charnel, plutôt, une compagnie pour noyer sa solitude, et les yakusas, qui tiennent ce quartier d'une main de maître, en "rackettant" les commerçants sur qui ils ont un moyen de pression ou la main mise sur leur établissement. 
C'est un dépaysement total que nous offre l'auteur: vous partez, au Japon pour quelques heures, sans avoir besoin de billets d'avion.  De, plus, le fait de suivre des personnages étranger à ce pays (comme Jason, le père de Kate, qui débarque à Tokyo pour retrouver sa fille disparue) ou des étrangers habitants dans ce pays (comme Marie, l'hôtesse de bar et amie de Kate)  fait que le lecteur que j'étais, a été embarqué plus facilement à la découverte de cette ville et plus particulièrement du quartier de Kabukicho (l'idée de l'auteur, d'inclure certains passages du roman que Marie est en train d'écrire sur son expérience, et qui nous décrit Kabukicho, est des plus captivants, car ils ne ralentissent pas le récit et nous immerge complètement. 

Puis, il y a la fin...mais la fin!... cette fin qui m'a laissé complètement pantois et le souffle court. Le twist final est des plus diaboliques et vous scotche à votre fauteuil. Une totale réussite que cette fin là. Sensationnelle. (on y revient).

Au final, (je sais, je ne dis pas grand chose sur l'intrigue, mais c'est un roman à suspense, il serait criminel de trop en dire) un roman addictif, qui vous dépayse totalement en vous faisant découvrir Tokyo et son quartier chaud, Kabukicho, avec une intrigue maîtrisée, une écriture au cordeau et qui vous happe dès les premières pages. Un roman que je vous conseille fortement. Dépaysement garanti. 

Merci aux Editions Vivane Hamy pour ce merveilleux voyage en terre nippone. 

Dominique Sylvain: Kabukicho, Editions Vivane Hamy, 278 pages, 2016


lundi 16 janvier 2017

Le grand combat

4e de couverture: À West Baltimore dans les années 1980, les gangs et le crack sont le seul horizon des gosses du quartier. Ta-Nehisi est voué lui aussi à devenir un bad boy. Mais son père Paul, ancien Black Panther passionné de littérature, lui fait découvrir Malcolm X et James Baldwin. C’est une révélation. L’adolescent rêveur, égaré dans les frasques d’une famille hors norme, se jure d’échapper à son destin. Épopée lyrique aux accents hip-hop, portée par l’amour et l’ambition, Le Grand Combat est l’histoire magnifique d’un éveil au monde, un formidable message d’espoir.

Parfois, en littérature, j'aime partir sur des chemins inconnus, qui ne sont pas forcément fait pour moi. Sortir de ma zone de confort pour parcourir des sentiers différents. 
C'est pour cela que je suis allé vers le livre de Ta-Nehisi Coates. Je savais qu'il ne serait pas totalement pour moi et que j'allais peut être ne pas m'y retrouver mais que le sujet m'intéressait tout de même pour me lancer dans l'aventure. 

Alors, ne nous leurrons pas, je n'ai pas totalement tout assimilé dans ce livre et certaines choses comme l'immersion du hip hop dans la vie de Ta-Nehisi, m'ont laissé sur le bas côté, car ce n'est pas ma culture et que je n'y adhère pas du tout. 

Mais, le parcours initiatique de Ta-Nehisi Coates est universel et parlera au plus grand nombre. Ce grand combat dont parle Ta-Nehisi, c'est celui qu'il a mené, grâce à ses parents, pour échapper à la drogue et aux gangs, et ce, par la Connaissance et les études. En clair, Ta-Nehisi aurait pu mal tourner si ses parents Paul Coates et Cheryl Waters,  n'avaient pas été là pour lui montrer la voie. 

Le père de Ta-Nehisi était un ancien Black Panter, qui avait l'idée de faire revivre les écrits noirs oubliés du plus grand nombre. Son rêve était de les rééditer pour les générations futures. 
Je trouve que Ta-Nehisi porte un regard admiratif,et juste sur son père: il ne l'idéalise pas, puisqu'il raconte les corrections à la ceinture qu'ils recevaient lui et ses frères, mais c'était l'éducation qui voulait cela.Puis, surtout, les corrections étaient toujours amenées avec une explications et n'étaient pas totalement gratuites. 

Bon, tout ne m'a pas plu dans ce livre: les chapitres sur le hip-hop ne m'ont pas emballé, mais c'est parce que ce n'est pas  ma culture et que les noms de rappeurs évoqués ne me disaient rien du tout (et ce malgré qu'il y ait un glossaire à la fin du livre avec les différents noms évoqués dans le livre (sauf que je n'allais pas voir à chaque nom évoqué, ce qu'il signifiait). 
En revanche, j'ai beaucoup apprécié le parcours scolaire de Ta-Nehisi: il était un élève moyen, au lycée, qui ne s'en laissait pas compter et qui a eu maille à partir avec certains professeurs qui lui manquaient de respect, ou parfois par des erreurs de jugement. C'est lors de ce parcours que l'image des parents est belle: ils ont toujours été là pour leurs enfants et ont essayé de prendre les bonnes décisions. 

L'auteur fait un parallèle entre son parcours scolaire et celui de son grand-frère, Big Bill,rebelle et qui a un peu mal tourné (en vendant de la drogue à l'université  et qui portait un flingue sur lui, pour jouer au dur et parce que c'était souvent comme ça dans les quartiers où habitat la famille de Ta-Nehisi) et c'est également un point intéressant pour comprendre le cheminement de deux parcours différents mais qui arrive au même point: celui de la connaissance et d'une meilleure vie, hors des gangs. 

La plume de Ta-Nehisi est des plus belles, au rythme emballant. On sent  un flow qui donne un rythme saccadé et vibrant au récit. Une langue belle et forte qui vous percute l'estomac et ne laisse pas indifférent. Une plume que la traductrice, Karine Lalechère, a su retrouver dans sa traduction. 

Au final, un récit initiatique qui donne de l'espoir (oui, on peut vivre dans des banlieues ou quartiers difficiles et s'en sortir, en évitant la drogue et les gangs) et qui devrait être lu par la jeune génération. Ta-Nehisi Coates livre un hommage vibrant à ses parents qui ont su l'élever, lui et ses frères et soeurs dans le poids de la connaissance et du travail. Un récit, qui, de par son côté personnel, devient universel et parlera à beaucoup de gens...même à ceux qui n'ont pas été élevé dans ces quartiers et cette culture hip-hop. 
Tout simplement, un grand combat pour la vie. 

Merci aux Editions autrement pour cette découverte. 

Ta-Nehisi Coates: Le grand combat (The Beautiful Struggle), Editions autrement, 268 pages, 2017


dimanche 15 janvier 2017

Slow Qui Tue #304: In the heat of the night

Le slow qui tue de la semaine se retrouve dans la chaleur de la nuit.

Imagination: In the heat of the night


Bonne écoute!


samedi 14 janvier 2017

Poldark Tome 1: Les falaises de Cornouailles

4e de couverture: 1783. Après avoir pris part à la Guerre d’Indépendance, le jeune et fougueux Ross Poldark quitte l’armée britannique et l’Amérique pour retrouver les siens.
C’est un homme blessé qui rejoint ses falaises de Cornouailles. Là, il trouve le domaine familial en déshérence : son père vient de mourir et Elizabeth, sa fiancée, a rompu sa promesse pour en épouser un autre…
Se repliant sur lui-même, il décide de relancer le domaine. Agriculture, élevage, prospection minière, il se bat sur tous les fronts. Et se lie même avec ses fermiers et ouvriers – quitte à se brouiller avec ses proches et l’aristocratie locale.
Un jour, lors d’une foire aux bestiaux, il prend la défense d’une fillette de treize ans, Demelza, qu’il ramène chez lui et engage à son service comme domestique.
Les années passent, Demelza s’épanouit. Et ce qui devait arriver… Quitte à choquer une fois de plus les bien-pensants, Ross n’écoutera que son cœur.


Poldark est devenue l'une des grandes séries de la BBC, apparue à l'écran en 2015 (diffusée chez nous en France en juillet 2016 sur "Netflix", et au printemps 2017 au Québec). Elle fait partie de ces adaptations littéraires qui font les beaux jours de la BBC depuis des années, et dont seule la chaine à le secret. 

J'avais pris connaissance de cette série, il y a peu, sauf que j'ignorais qu'elle était l'adaptation d'une série de romans (12 tomes publié entre 1945 et 2002) de Winston Graham (on lui doit également le roman "Pas de printemps pour Marnie" qu'Alfred Hitchcock, adapta de très belle manière). 
La série ayant débarquée dans nos contrées, l'année dernière, il était certain qu'un éditeur français allait faire traduire et publier les romans de la série. C'est ainsi qu'est sorti, il y a quelques jours (le 11 janvier 2017 pour être précis) le premier tome de la série Les Falaises de Cornouailles

 Je me suis plongé avec délice dans ce premier tome. Poldark a tous les attraits d'une belle et grande saga, avec amours compliquées, relations familiales conflictuelles, héros au grand coeur et dames en détresse, sans toutefois oublier le côté politique et social. 
En clair, "Poldark", c'est tout ce que j'aime trouver dans une saga, les paysages de Cornnouailles, en prime. 

Les personnages sont nombreux (cependant, on ne s'y perd pas trop) et ils embrassent toutes les couches sociales, que ce soit les aristocrates comme les Warleggan, les Chenoweth ou les Poldark (même si Ross fait partie d'une branche déchue après la mort de son père, ruiné) ou les gens du peuple comme Jim et Jinny Carter, Mark Daniel ou les Paynter qui "travaillent" pour Ross. 

J'ai bien aimé l'image romantique, mas également rugueuse de Ross: c'est typiquement le personnage viril qu'on apprécie dans ces séries. Il revient des Amériques où se déroulaient la guerre de l'Indépendance et retrouve un domaine ruiné, son père est mort et sa fiancée (Elizabeth) s'est promis à son cousin Francis Poldark. Il va alors tout faire pour reconstruire la mine familiale et tenter d'oublier Elizabeth. Sa rencontre avec Demelza, une ado de 13 ans, qu'il sauve au marché et des badauds et de son père ivrogne, va alors tout changer dans sa vie. 
Vous voyez, je ne vous mentais pas: tous les ingrédients d'une grande saga sont là et c'est un plaisir fou que de se plonger dans ces intrigues fort nombreuses (en même temps, les personnages sont nombreux, donc il faut bien leur trouver une histoire: d'ailleurs,  l'auteur à su bien gérer les histoires entre la Haute société (les amours contrariés de Vérity avec le capitaine Blamey, et l'histoire d'amour naissante entre Poldark et Demelza) et le Petit Peuple (l'arrestation de Jim Carter pour braconnage ou le mariage désastreux de Mark Daniel avec Rachel ,une comédienne itinérante), tout cela fait qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer. 

Le seul bémol, que je noterais,(mais il est d'importance),c'est que les années sont survolées. Entre le début et la fin de ce premier tome, 6 ans se sont écoulées (la Révolution qui commence à poindre en France en 1789, est même évoquée, à la fin du roman), et ce sur seulement 300 pages. Ce qui fait que 6 mois peuvent s'écouler entre deux chapitres. J'ai alors eu le sentiment d'avoir des événements de la vie des héros, pris par ci par là, et que l'auteur en occultait forcément. Disons que la relation amoureuse qui s'installe entre les héros m'a parue rapide et peu crédible (n'oublions pas que Demelza a 13 ans, lors de sa rencontre avec Poldark qui a la vingtaine). Ceci s'explique par le fait qu'on passe de l'année 1784 à l'année 1787, en un chapitre, sans trop de transition(on a alors pas le temps de voir l'évolution des sentiments entre les deux héros. 
Alors, je sais, c'est un petit détail, mais qui peut être déstabilisant. 

Cela ne m'a toutefois pas empêché de  passer un moment fort agréable en Cournouailles. 
Surtout qu'à la fin du roman, les événements s'emballent et les destins de nos héros sont mis à mal,et c'est là  que le roman en devient addictif et ne se lâche pas une minute (c'est bien simple, j'ai lu les 100 dernières pages d'une traite). Puis, il y a cette fin, qui n'en est pas une, et qui est ouverte au possible, puisque beaucoup de questions restent sans réponses. On a alors qu'une hâte: vouloir lire la suite...qui arrivera en mars 2017, en librairie. 

Au final, une saga britannique captivante, qui m'a fait passer d'agréables moments, car elle contient tout ce que j'aime: les amours impossibles, les conflits d'intérêts, les injustices faite aux petites gens, les héros au grand coeur, toujours teintée des événements de l'histoire. Je suis  ravi de cette lecture, malgré le bémol évoqué plus haut, et la recommande aux amoureux des belles sagas anglaises, qui font chavirer notre petit coeur, et j'ai hâte d'être en Mars, pour connaître la suite. Pour patienter, je referai bien un petit tour dans les Cornouailles en visionnant la série. 

Merci aux Editions de l'Archipel  pour la découverte de cette formidable saga. Et vite, la suite! 

Winston Graham: Poldark; T.1: les falaises de Cornouailles, (Ross Poldark), L'Archipel, 313 pages, 2017