dimanche 18 février 2018

Slow Qui Tue #353: Sur un prélude de Bach

Le slow qui tue de la semaine est charmé par la version de Glenn Gould, d'un prélude de Bach.

Maurane: Sur un prélude de Bach



Bonne écoute!


La Disparue de Saint-Maur

4e de couverture: En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême. C'est dans ce contexte explosif qu'Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d'aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n’a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire... Plus personne ne s'attend à la retrouver en vie. Enlèvement ? Suicide ? Fuite ? Étrangement, la question semble laisser sa famille de glace. Loin de dissuader le gendarme Victore Dauterive, cette indifférence hostile excite sa curiosité. Et il flaire chez les Ferrières des manigances qui débordent largement le cadre familial…

Rendez-vous devenu régulier depuis 3 ans, maintenant, c'est toujours avec un plaisir renouvelé que je retrouve Victor Dauterive pour de nouvelles aventures. 

De livre en livre, Jean-Christophe affirme son statut d'auteur de polar historique, en nous livrant à chaque fois un roman de haute tenue, avec des intrigues toujours plus nombreuses et maîtrisées du début à la fin (dans ce tome là, pas moins de trois intrigues nous tiennent en haleine et qui n'ont que pour seul point commun, le fait que Victor s'y trouve impliquée (montrant par là même qu'un gendarme ne s'occupe pas que d'une seule affaire à la fois). 
Dans cette "Disparue de Saint-Maur", j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un détective, puisque Victor se retrouve seul pour enquêter sur la disparition de cette jeune femme, sans équipier...puis le livre va aussi se transformer en roman d'espionnage avec l'épisode anglais qui voit se tramer un complot visant à détruire la Révolution. Tout ça matinée d'aventures menée tambour battant par un Victor Dauterive qui grandit en perdant à chaque fois un peu plus ses illusions (même si son côté naïf rejaillit par moment, du fait de sa jeunesse). 

C'est toujours aussi passionnant car, si Jean-Christophe sait mener ses intrigues policières complexes, mais de moins en moins confuses, car tout est expliqué (même certains cliffhangers "faciles" qu'il arrive tout de même à expliquer dans les pages suivantes), il n'en oublie pas de nous instruire sur cette Révolution Française, qui ne s'est pas faite en un jour, mais tout au long de cette fin du XVIIIe siècle. Surtout que l'on dépasse les frontières en découvrant le Londres de cette époque là. 

Dans ce tome ci, en plus, on apprend à mieux connaitre Victor puisqu'une personne de son passé fera irruption lors d'une de ses enquêtes (je vous laisse découvrir qui) qu'il aura tout de même à coeur de protéger. 
Les personnages historiques font de courtes apparitions, comme La Fayette, dont les relations avec Victor sont un peu plus tendues, ce qui donne une nouvelle dynamique au duo, ou bien Robespierre pour un discours. 
Pourtant, c'est le personnage d'Olympe de Gouges qui prend de l'importance dans celui ci, puisqu'elle participe à l'enquête sur la disparition d'Anne Louise Ferrières, à ses risques et périls. J'ai trouvé cela formidable, de donner une part belle à ce personnage féminin, afin de montrer le rôle des femmes à cette époque là, et tout le chemin qu'elles ont encore à parcourir pour leurs droits. 

Que vous dire de plus, à part que j'aime cette série (j'ai d'ailleurs l'impression de me répéter à chaque chronique) qui, tout en nous emportant dans des aventures palpitantes, nous en apprend toujours plus sur cette époque. Ah ,si, vous dire que, même si vous n'avez pas lu les deux preniers tomes de la série, vous pouvez facilement lire celui ci, l'auteur faisant un rappel du passé de Victor, au fil des pages. 
En tout cas, plongez vous dans ce roman de Jean-Christophe Portes, vous en sortirez ravi et vous n'aurez qu'une hâte: lire les deux précédents pour savoir comment tout ça a débuté. 
Pour ma part, je continuerai à lire la suite des aventures de Victor, car l'année 1792 s'annonce tout aussi palpitante que cette fin d'année 1791. 

Merci à Jean-Christophe et aux Editions City pour leur confiance à chaque fois renouvelée. 

Jean-Christophe Portes: La Disparue de Saint Maur, City Editions, 524 pages, 2017



mercredi 14 février 2018

Slow Qui Tue #352: Pouring Rain

En ce jour de Saint Valentin, l'amour coule comme une pluie torrentielle. Restez bien au chaud, en bonne compagnie.

Ho Sai: Pourring Rain




Bonne écoute, et bonne Saint Valentin à tous!


mardi 13 février 2018

La Discothèque du 20e siècle #256

En 1961,la grande Etta James nous offrait une de ses plus belles chansons.

Etta James: I just want to make love to you (1961)


Composition de Willie Dixon, i just want to make love to you est un des titres les plus célèbres du blues moderne. Après Muddy Waters, les Rolling Stones l'ont inscrit à leur répertoire, histoire de se poser en concurrents des Beatles qui, à cette même époque, chantaient I want to hold your hand. Cette version est signée Etta James, la diva de chez Chess Records, qui l'a gravée en 1961. (Source: Fascicule "Mes Soirées 60's n°3", Universal Collections)

Bonne écoute!


lundi 12 février 2018

Un amour au long cours

4e de couverture: Existe-t-il une formule magique pour qu’un couple résiste au temps qui passe, à la pression du quotidien ? Anaïs et Franck y croient, ils ont décidé de tenir bon contre vents et marée. Au fil des années, ils ont mis au point des astuces, forgé des règles de vie qu’ils ont écrites et affichées sur leur frigidaire. Ainsi est née la « Constitution du couple » qu’ils ont établie pour se guider et se soutenir de jour en jour. Grâce à elles, ils ont pu traverser les grandes étapes de ce voyage qu’est toute vie conjugale: la naissance et l’éducation de leurs enfants (avec ce que cela a remué en eux de leur propre passé), les relations avec la belle-famille, une activité professionnelle chronophage, l’érosion du désir et des sentiments, la tentation de l’infidélité… Leurs filles devenues grandes, Anaïs et Franck revisitent les moments clés de ce combat commun, se découvrent des zones d’ombre et engagent un dialogue risqué. Ont-ils réussi leur pari ? L’amour peut-il réellement se décider ? Suffit-il de rester ensemble pour qu’il perdure ? Un livre dans lequel tout le monde pourra se reconnaître, une histoire touchante qui pourrait aussi s’avérer utile !

Après ma lecture précédente qui fut passionnante mais intense et dense, il me fallait un petit livre, avant d'enchaîner sur un autre pavé. 
C'est ainsi que je me suis souvenu de ce petit livre,que les éditions Anne Carrière et l'auteur m'avaient fait parvenir, il y a quelques mois. 
Ce qui m'avait attiré tout d'abord, c'était le petit document livré avec l'argumentaire du livre et que je reproduis ici.  

La Constitution du couple
Article 1 : Ne jamais critiquer l’autre lorsqu’il s’occupe du bébé. 
Article 2 : S’organiser pour se répartir les tâches.
Article 3 : N’avoir aucun devoir envers sa belle-famille.
Article 4 : Refuser que l’enfant soit roi. 
Article 5 : Ne pas tout se dire.
Article 6 : Résister aux tentations.
Article 7 : Se retrouver une soirée par semaine, un week-end par mois et une semaine par an. 
Article 8 : Éduquer ses enfants, malgré l’environnement, et souvent contre lui.
Article 9 : Demeurer solidaires dans les décisions, face aux enfants.
Article 10 : Accepter les faiblesses de l’autre, le soutenir en tout. 

Intriguant, n'est il pas. 
Cette constitution du couple, va être le fil rouge de cette histoire. Tout part de cela. 
Les deux protagonistes du roman, Franck et Anaïs, vont revenir sur leur histoire commune en égrenant chaque article de leur constitution et en l'étoffant de leurs souvenirs de vingt ans de vie de couple. 

Un amour au long cours est un roman épistolaire, chacun revenant sur leur vie commune, en un dialogue apaisé, touchant, et toujours aimant, comme si le temps avait renforcé cet amour que tant de couples ont du mal à conserver. 

En fait, je ne savais pas à quoi m'attendre en lisant ce livre et, à ma grande surprise, j'ai été touché par l'histoire de Franck et Anaïs, qui n'a rien d'exceptionnelle et qui ressemble à tant d'autres. Pourtant, l'auteur réussi le tour de force de les rendre très humains et, surtout, instaure un petit suspense, en la "personne" de cette maladie dont souffre Anaïs et qui n'a pas de nom. 
Progressivement, on tremble pour eux, on s'émeut devant leur parcours jalonné d'épreuves (les enfants, les parents quasi absents (surtout du côté des pères), les tentations d'aller voir ailleurs, les crises d'adolescences de leurs filles Sarah et Lucie) et qui ressemble à tant de personnes. C'est simple, touchant, tendre, souvent, émouvant et on se laisse porter par ces deux êtres qui ont traverser la vie, comme des combattants, même si celle ci a été fait de moments de bonheur (qu'ils n'est pas utile de raconter dans un roman, car le bonheur n'est pas si passionnant que ça à lire en définitive). 

Au final, un petit roman touchant et émouvant, qui sait vous prendre par la main pour vous faire vivre un moment simple, avec des personnages qui ressemblent à monsieur et madame "tout le monde", mais qui en dit beaucoup sur nous-même. Un roman sur la vie d'un couple heureux qui vous surprendra par une fin étonnante.   Une jolie parenthèse, qui m'a fait du bien. 

Merci aux Editions Anne Carrrière et à Jean-Sébastien Hongre pour cette petite respiration. 

Jean-Sébastien Hongre: Un amour au long cours, Anne Carrière éditions, 195 pages, 2017



dimanche 11 février 2018

La part des flammes

4e de couverture: Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du xixe au cœur d’une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

Voilà plusieurs semaines, voire quelques mois que ce livre m'appelle (depuis la sortie du dernier roman de Gaëlle, en fait) et je n'ai pas pu résister plus longtemps pour m'y plonger. 
Retrouver la plume de Gaëlle fut un délice merveilleux, et je me demande pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de la relire. 

La force de Gaëlle, c'est d'être une conteuse, qui part complètement dans le sujet qui la fascine, à chaque livre. C'est également sa capacité d'aller au gré de ses envies, au point de nous offrir un livre différent à chaque fois, construisant une oeuvre hétéroclite, mais cependant cohérente, qui montre le propre parcours et le chemin de vie de l'auteure. Surtout, elle s'affirme de livre en livre. 
L'ancre des rêves m'avait montré les qualités de conteuse de Gaëlle, qui nous faisait redécouvrir, à travers des légendes, notre âme d'enfant. 
Avec La part des flammes, Gaëlle nous offre un roman historique de pure beauté, au style très travaillé, retrouvant la couleur des feuilletonistes du XIXe siècle. Gaëlle devient alors une Dickens des temps modernes, qui maîtrise son histoire de bout en bout en lui donnant le souffle romanesque qui faisait le charme des romans feuilletons de ce temps là,tout en donnant une âme belle à ses personnages,  qu'elle regarde vivre d'un regard bienveillant en les accompagnant jusqu'au bout de leur destin. 

Qu'est ce que j'ai aimé ce roman! 
Son histoire (ce fameux incendie du Bazar de la Charité qui va bouleverser la vie de toutes ces femmes et ces hommes), ses personnages (douce Violaine de Raezal, intrépide Mary Holgart, forte et fragile Constance, flamboyant Laszlo, qui part amour, serait prêt à tout, Fidèle et héroïque Joseph, qui, par respect  pour ses maîtres "le Duc et la Duchesse d'Alençon, prendra tout les risques) qui nous emportent dans un tourbillon d'aventures, dont un incendie va être le déclencheur, et la Duchesse d'Alençon, le trait d'union. 

Tout fut parfait! Rien à redire. Voilà un roman comme on en voudrait plus souvent! Un roman qui nous raconte des histoires, qui ne se regarde pas le nombril ,mais donne vie à des personnages attachants et bouleversant que le lecteur à envie de suivre le plus longtemps possible. Voilà pourquoi j'ai mis près d'une semaine pour le lire...non pas par manque de temps, mais pour faire durer le plaisir de lecture le plus longtemps possible et avoir cette envie d'y retourner chaque jour, comme ces lecteurs de journaux, qui découvrait un nouveau chapitre de leur roman feuilleton préféré, chaque matin. 
Surtout, ce roman historique, d'aventures épiques, qui délivre à chaque page, des duels, des enlèvements, des secrets dévoilés, des intrigues amoureuses, de la peine, de la haine, nous emporte dans un tourbillon émouvant, qui a ouvert la boite de mes souvenirs. Je me suis revu, enfant, dévorant les livres d'Alexandre Dumas, de Robert Louis Stevenson. J'étais alors comme un gamin qui oubli, le temps d'une lecture, sa vie d'adulte. 

Que vous dire, a part de découvrir la plume magnifique de cette merveilleuse conteuse qu'est Gaëlle Nohant, qui arrive à me charmer à chaque livre. Et dire que le prochain attend dans ma PAL avec son titre si poétique (Légende d'un dormeur éveillé), j'en suis tout ému. 
Ouvrir un roman de Gaëlle Nohant, c'est retrouver une part de soi qu'on croyait oublié à jamais: ce petit enfant qui ne fait que sommeiller en nous et que Gaëlle réveille de sa plume magique. Alors laissez vous embarquer pour un voyage fabuleux dans le Paris du XIXe, qui va vous réchauffer le coeur. 

Gaëlle Nohant: La part des flammes, Editions Héloïse d'Ormesson, 495 pages, 2015


Slow Qui Tue #351: D'Allemagne

Le slow qui tue de la semaine tisse un pont entre deux pays, devenus amis, au fil du temps.

Patricia Kaas: D'Allemagne



Bonne écoute!