dimanche 22 octobre 2017

Slow Qui Tue #335: La complainte de la serveuse automate

Le slow qui tue de la semaine rêve d'une vie au soleil.

Fabienne Thibault: La Complainte de la serveuse automate



Bonne écoute!


mercredi 18 octobre 2017

Au pied!

4e de couverture: l’envers de la fortune 
Etudiante sans le sou, Mathilde vient de décrocher un job inespéré : assistante de la belle et fantasque Geneviève Arcand. En franchissant la grille du château où elle doit officier, elle découvre un monde de luxe et de raffinement, à mille lieux de son quotidien: son logis à elle est le sous-sol humide d’un pavillon, qu’elle partage avec Léa, sa colocataire fêtarde. Naviguant d’un milieu à l’autre, elle se flatte de partager l’intimité de sa patronne. Mais naïve et vulnérable, elle tombe peu à peu sous son emprise. Entre fascination et perversion, la relation qui lie les deux femmes ne laissera personne indemne.
Après un premier roman percutant (Sur la réserve) qui ne m'avait pas laissé insensible, Carole Mijeon revient avec un 2e roman complètement différent mais tout aussi percutant. 

A travers le portrait de Mathilde, jeune étudiante en besoin d'argent, qui décide d'accepter un job chez une ancienne mannequin, Carole Mijeon frappe encore là où ça fait mal en traitant deux sujets forts: la vie étudiante et ses difficultés financières et la perversion narcissique et l'emprise qu'elle peut avoir sur n'importe qui. 

On va suivre le combat qui semble perdu d'avance entre Mathilde, notre jeune étudiante naïve, et Geneviève Arcand, une bourgeoise de province qui va faire d'elle son souffre-douleur, en quelque sorte. Puis, c'est également le conflit intérieur de Mathilde qui nous sera montré. 

J'ai adoré ce livre de la première à la dernière page, n'en faisant qu'une bouchée. J'ai été happé et surpris par la plume de Carole Mijeon dès le prologue: j'avais imaginé une fin différente à ce prologue où l'on fait la connaissance de Mathilde qui suit un SDF en mettant un plan au point. Je m'imaginais déjà une situation, sauf que la fin du prologue m'a détrompé lourdement et je me suis demandé comment tout cela était arrivé (puisque le premier chapitre se déroule huit mois plus tôt, par l'entretien d'embauche de Mathilde par Geneviève). 

Les personnages sont parfois à baffer, et on aime en détester certains, comme Geneviève, (qui m'a rappelé certaines personnes que je connais), cette femme vindicative, qui assoit son pouvoir jusqu'à rabaisser cette pauvre Mathilde, qui m'a fait bien de la peine (même si j'avais envie de la bousculer parfois et lui dire qu'elle se faisait des illusions). C'est par le personnage de Geneviève que les pervers narcissiques sont évoqués: et cette bourgeoise en est un beau spécimen. Elle arrive tellement à ses fins qu'elle détruit totalement la personnalité de Mathilde, qui ne fait que sombrer, mois après mois, et on assiste à sa chute, totalement impuissant, et frustré (les scènes de l'annonce de la mort du chien Agio, pour lequel Mathilde s'était pris d'affection, ou la nuit dans le cagibi, sont des moments insoutenables que je n'oublierais pas de sitôt) en se demandant jusqu'où cette sorcière de Geneviève va aller. Surtout que Mathilde se retrouve seule puisque Myriam, la femme de ménage, va devenir sa rivale, quand Mathilde va passer d'assistante à femme de ménage. Une autre petite manoeuvre de Geneviève: diviser pour mieux régner. 

Ce roman parle aussi de la condition des étudiants, qui, pour payer leurs études, font des petits boulots qui leur prennent beaucoup de temps, et qui vivent dans un petit logement insalubre parfois (là Mathilde et sa colocataire Léa (fêtarde invétérée, tout le contraire de Mathilde) habite dans le sous-sol d'un pavillon près du garage.), à manger des aliments premier prix, parce qu'elle ne peut pas s'offrir autre chose par manque de moyen. 
C'est ainsi que le lecteur passe d'un monde riche (celui de la Rochère) à un monde pauvre (le sous-sol du pavillon) et le contraste entre les deux est saisissant. On peut comprendre que Mathilde se laisse parfois tenter par l'argent et ce monde de luxe. Mais il y a le côté sombre de cette faste lumière. 

Et tout cela nous est raconté dans un style fluide et des dialogues ciselés, qui sonnent vraiment bien à nos oreilles (tellement qu'on a l'impression d'entendre la conversation des personnages, et qu'on y croit) qu'on ne peut qu'être conquis, surtout que cela est fait avec une pointe d'humour, non négligeable. Puis le twist final nous laisse sur les fesses, tout de même. Il y a un certain petit suspense que Carole Mijeon sait entretenir jusqu'au bout. Non, vraiment, rien à redire sur ce livre, à part: lancez-vous et partez à sa découverte. Vous ne le regretterez pas! 

Au final, un 2e roman tout aussi plaisant et maîtrisé, qui m'a ravi. Voilà une auteure, Carole Mijeon que je vous encourage à découvrir: sa plume est belle et ses sujets originaux et percutants  ne laissent pas indifférents. 

Merci aux Editions Daphnis et Chloé pour leur confiance et pour la découverte de ce fabuleux roman. 

Carole Mijeon: Au pied!, Editions Daphnis & Chloé, 321 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #239

En 1962, Bruce Channel nous offre un morceau aux consonances soul.

Bruce Channel: Hey! Baby (1962)


Contrairement à ce qu'aurait pu laisser penser son nom, Channel n'est pas anglais, mais américain! Né en 1940 à Jacksonville, au Texas, il signe avec ce Hey! Baby aux consonances très soul un des grands tubes de l'hiver 1962 des deux côtés de l'Atlantique (n°1 aux USA n°2 en Angleterre), la France lui réservant également un très bon accueil. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1962)", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 16 octobre 2017

Les Princes de la prairie

4e de couverture: Ce roman commence à la fin de la Guerre de Sécession aux États-Unis en 1865.
L’ouvrage a pour trame les problèmes, les amours et la vie d’un officier nordiste, face au racisme, et aux séquelles de ladite guerre.
Le tout imbriqué dans celle d’un grand chef indien métis méconnu, leur amitié face aux colons, à leur mépris, et à un gouvernement lointain aux décisions des plus arbitraires à leur encontre, une fois dans leur réserve …

Ce qui ressort du roman d'André Guinet, "Les Princes de la prairie", c'est un peu de déception, je l'avoue. 
Ce n'est pas tant le fond qui me chagrine, mais la forme: en fait, en lisant ce livre, j'ai cru être en présence d'un livre pour jeunes adolescents, qui leur raconterait l'histoire de ces indiens chassés de leur territoire et parqué dans des réserves, après la Guerre de Sécession. Alors, c'est peut être le cas, puisque des dessins et photo illustrent les courts chapitres de ce roman. 
L'histoire en elle même raconte bien les étapes de cette conquête de l'Ouest et surtout de ces indiens que l'on a chassé de leur terre, mais cela est fait de manière succincte et dans un style très simple (voire peut être trop simple) qui ne m'a pas vraiment embarqué, surtout que les personnages sont a peine effleuré que ce soit John, Silver, ou Quanah ce  chef indien mulâtre. Puis, je n'ai pas vraiment appris des choses car je les connaissais déjà de par d'autres lectures ou par le cinéma. 
En fait, je pense clairement que ce livre ne s'adressait probablement pas à moi, mais plutôt à un jeune lectorat. Des jeunes lecteurs de 10-12 ans, s'intéressant aux indiens et à l'histoire américaine,pourront tout à fait y trouver leur compte et apprendre certaines choses qui leur donneront surement  envie d'aller plus loin avec d'autres lectures. 

Au final, un petit roman trop succinct pour moi, qui ne m'a pas permis d'embarquer dans ces contrées sauvages. C'est fort dommage car le sujet est des plus intéressants. 

Merci aux Editions Persée pour la découverte.

André Guinet: Les Princes de la prairie, Editions Persée, Collection "Les Archives du temps", 106 pages, 2017


dimanche 15 octobre 2017

Stone Junction

4e de couverture:  Depuis sa naissance, Daniel Pearse jouit de la protection et des services de l'AMO (Association des magiciens et outlaws), géniale et libertaire société secrète. 
Sous le parrainage du Grand Volta, ancien magicien aujourd'hui à la tête de l'organisation, le désormais jeune homme va être initié à mille savoir hors normes, de la méditation à la pêche à la mouche, du poker à l'art de la métamorphose, en passant par le crochetage express et l'invisibilité pure et simple. Mais dans quel but ? Celui de l'aider à retrouver (et à faire payer) l'assassin de sa mère... ou celui de dérober un mystérieux - et monstrueux - diamant détenu par le gouvernement, rien moins, peut-être, que la légendaire pierre philosophale ? 
À ces deux missions inextricablement liées s'ajoute en creux, la quête primordiale de Daniel : celle qui lui permettra de découvrir qui il est vraiment. Et peu importent les moyens qu'il lui faudra employer pour l'accomplir. 

Le troisième roman de Jim Dodge est un véritable OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) avec lequel je ne sais pas sur quel pied danser. 

J'arrête pas d'y penser depuis que j'ai tourné la dernière page: qu'ai je penser de ce livre? Difficile à dire et difficile de vous en parler. Ce roman n'est pas dénué de qualité (le style fluide de l'auteur fait qu'il se lit facilement et on tourne les pages rapidement (pour vous dire les 150 premières pages ont été lu en une petite journée, et pourtant, je travaillais, donc peu de temps pour lire), les personnages de Daniel et Annalee, sa mère, sont très attachants (ce sont essentiellement eux que nous suivons dans la première partie) et on a envie de les suivre dans leurs escapades. Puis, cette histoire avec l'AMO (Alliance des Magiciens et Outlaws) est des plus intriguantes et leurs membres (dont le lecteur fait la connaissance au fil du roman) fait qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde...oui, mais voilà qu'arrive la seconde partie, et là, patatras! 
Cette seconde partie est centrée sur l'apprentissage de Daniel dans plusieurs disciplines (au sein de l'AMO) dont l'ouverture des serrures de coffre fort, l'apprentissage du poker, celui du déguisement et d'autres disciplines pour faire de lui un voleur. Cette partie là a été la plus longue à lire pour moi (quatre jours pour atteindre la page 300). J'ai trouvé cette partie beaucoup plus lente, non pas qu'elle soit inintéressante (l'apprentissage du poker par exemple a été l'une de mes parties préférées). Mais j'ai ressenti un léger ralentissement, et j'ai trouvé cela un peu longuet. 
 La 3e partie relance la machine (la partie avec le diamant): le rythme était de nouveau haletant, même si certains éléments de l'histoire me laissait un peu perplexe. On suit toujours Daniel, Volta (celui qui est tout en haut de l'échelle de l'Alliance des Magiciens et outlaws), et d'autres membres de cette association, mais certains passages, comme ces extraits d'émissions de radio par un certains D.J. ou ces extraits de journaux intimes de Jennifer Rane, jeune femme enfermée dans un hôpital psychiatrique, me laissait un peu perdu (même si je me doutais bien qu'à un moment où à un autre tout serait lié. (Et c'est bien le cas). 
Non, ce qui m'a dérangé dans cette partie là, c'est le côté trop fantasmagorique qui s'invite dans cette partie avec cette histoire d'invisibilité. L'histoire devient alors fantastique et n'est plus ancré dans une réalité. Et c'est là où le risque est grand car soit le lecteur adhère a cet aspect fantastique (magique oserais je dire) du roman, et c'est parfait, soit il reste sur le bord de la route et patatras, tout s'effondre.
Pour ma part, je suis entre les deux: croire aux choses magiques ne me dérange pas, mais il y a certains aspects de cette magie que j'ai trouvé un peu artificiels et un peu facile (mais je ne peux  pas vous dire en quoi, ce serait vous spoiler...grrr), comme si l'auteur se disait: c'est de la magie, donc ça passe...sauf que les premières parties étaient ancrée dans une certaine "réalité" somme toute relative, car on est souvent dans l'ordre du conte, mais dans une Amérique qui existe tout de même. AHHHH! je me perds dans mes explications et je ne sais pas si je suis très clair! 
Voilà pourquoi, je suis dubitatif, car je ne sais pas dans quel genre ranger le bouquin. ce qui en fait clairement un OLNI, que j'ai trouvé bon et qui m'a plu dans l'ensemble (même si j'ai trouvé des lenteurs) mais qui n'est pas non plus le chef d'oeuvre que l'on dit un peu partout. D'ailleurs, je remercie ma libraire, qui l'ayant lu avant moi, a un peu refroidi mes attentes;et tant mieux car la déception n'est pas au rendez-vous, ne m'attendant pas à lire le livre grandiose auquel je m'attendais. C'est un bon livre avec lequel on passe un bon moment, pour peu que l'on adhère au côté fantastique de l'histoire. 

Au final, un roman d'apprentissage, aux accents Marktwainien dans sa première partie (il m'a beaucoup fait penser à Tom Sawyer et Huckleberry Finn) qui part un peu dans tous les sens par la suite. Pour ma part, je suis encore à me demander ce que ce livre m'a fait ressentir, surtout devant cette fin très "What?" qui me pose encore question. 

Merci aux Editions Super 8 pour cette étrange découverte.

Jim Dodge: Stone Junction, (Stone Junction), Super 8 Editions, 707 pages, 2008 pour la première édition en France, 2017 pour la présente édition.


Slow Qui Tue #334: San Francisco

Le slow qui tue de la semaine vous emmène à San Francisco.

Scott McKenzie: San Francisco



Bonne écoute!


mercredi 11 octobre 2017

La Discothèque du 20e siècle #238

En 1958, Annie Cordy adaptait avec brio, la musique du film du "Pont de la Rivière Kwaï"

Annie Cordy: Hello, le soleil brille (1958)


Oeuvre superbe sur les absurdités de la guerre, Le pont de la rivière Kwaï remporte 7 Oscars à Hollywood en 1958. Ce véritable triomphe est bien sûr lié au scénario, adapté du roman de Pierre Boulle, et la qualité des acteurs (notamment, Alec Guiness), mais il tient aussi à la musique à cette marche écrite par le mamjor F.J. Ricketts (sous le pesudonyme de Kenneth Alford), chef de fanfare du 2e bataillon des Argyll and Sutherland Highlanders.
Annie Cordy, impressionnée par les images de David Lean, demande aussitôt à Robert Chabrier d'écrire des paroles. C'est ainsi que Hello le soleil brille devient l'un des plus grands succès des années 50 et sera même adaptée en anglais. (Source: Fascicule "Les plus belles chansons françaises n°42 (1958)", Editions Atlas)

Bonne écoute!