mercredi 30 septembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #134

En 1992, un groupe vocal au nom indien remet au goût du jour le chant à capella, et tout ça, grâce à un félin.

Pow Wow: Le Chat (1992)


Une idée totalement originale (chanter à cappella, autrement dit sans accompagnement instrumental), de superbes harmonies vocales, une ascension fulgurante, c'est en toute logique que ce premier extrait de l'album Regagner les plaines s'installe pendant 7 semaines au sommet du Top 50 pendant l'été 1992. L'album et son 2e single, la reprise du titre popularisé par Henri Salvador Le lion est mort ce soir, connaîtront le même succès. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1992", Polygram Direct)

Bonne écoute!

dimanche 27 septembre 2015

Slow Qui Tue #245: Mon frère

Le slow qui tue de la semaine entretient une relation fraternelle  biblique bien compliquée.

Daniel Levi & Ahmed Muici: Mon frère


Bonne écoute!


samedi 26 septembre 2015

Tucker Springs: Episode 1: Seulement pour lui

4e de couverture: « Deuxième chance » n’est pas forcément synonyme de « second choix »…
Peu de temps après que Paul a emménagé avec sa petite amie, celle-ci le quitte en lui laissant toutes ses affaires. Cherchant un cadeau pour la reconquérir, il tombe sur un magasin d’occasion dont le propriétaire, Emanuel, est un homme aussi beau que cynique. Paul en profite pour revendre ce qui l’encombre et c’est bien malgré lui qu’El est attiré par cet hétérosexuel qui pleure encore son ex. Parviendra-t-il à le charmer jusqu’à le faire succomber ? Paul acceptera-t-il d’explorer un univers qui lui est totalement inconnu ?

Seulement pour lui (1er épisode de la série "Tucker Springs" (qui est en fait le 2e tome de la série. Cependant, comme les tomes sont indépendants les uns des autres (et d'ailleurs écrit par des auteurs différents) et que chaque tome à une conclusion propre, cela n'est pas un soucis pour la lecture et la compréhension de l'histoire. La série peut se lire dans un ordre aléatoire. Le point commun des tomes étant la petite ville où se déroule l'action, et le fait qu'elle ne parle que de personnages LGBT) est une romance doudou. 

Une romance qui fait un bien fou, idéale entre deux lectures. C'est un petit bol d'air frais qui nous berce le coeur et qui nous donne des petits papillons dans le ventre...comme un coup de foudre. 
L'histoire est gentillette et se met en place doucement. La romance est bien amenée et prend le temps de s'installer. Les deux personnages principaux, Emmanuel et Paul sont choupinous comme tout. Ils m'ont fait fondre. Emmanuel, avec son cynisme pince sans rire, sa famille joyeuse, nombreuse et un peu tapageuse, sa bienveillance envers Paul, est un personnage qui m'a plu d'entrée de jeu. Mais c'est Paul qui m'a ému et que j'ai trouvé touchant, avec  sa timidité (il rougit tout le temps) et son parcours atypique. 
Car oui, dans cette romance, les deux personnages ne sont pas gays (Paul est hétéro et vient de se faire larguer par sa petite amie. C'est d'ailleurs en voulant lui acheter un cadeau pour son anniversaire qu'il se retrouve dans le dépot-vente d'Emannuel, alias El (un surnom qui m'a un peu déstabilisé avec sa consonance féminine). 

On se doute qu'une romance va s'installer entre eux, mais on se demande comment celle ci va être amenée. 
Et c'est là où le sujet de la romance va se mettre en place et m'a beaucoup plu: Paul et la découverte de son  homosexualité: des doutes aux négations, des questionnements à  l'acceptation. Paul va en passer par toutes ses phases. Que les auteurs aient d'ailleurs choisit  qu'un chapitre sur deux soit vu à travers les yeux de Paul (en choisissant une narration à la première personne du singulier) rend ce sujet et l'histoire personnelle de Paul encore plus fort car beaucoup plus intime, tout en étant universel: chaque personne ayant découvert ses attirances sexuelles, "différentes de "la norme" est passé par ces questionnements (Paul va longtemps se dire qu'il n'est pas gay, malgré son histoire avec Dean, un voisin, quand il était ado, malgré l'attirance qu'il ressent progressivement pour Emmanuel, ce qui lui fait peur. J'ai trouvé cela très bien amené par les auteurs, et surtout, cela cache un beau message de tolérance, délivré par la mère de Paul, à la fin du livre. 

Après avoir lu ce 2e titre, de la collection "Slash" de chez Milady, je peux maintenant dire que c'est celle qui me correspond le mieux, dans laquelle je me retrouve et où je me sens bien. Si les prochains titres à paraître dans cette collection sont du même acabit, je vais passer de très bon moments avec la collection "Slash". 

Pour en revenir à ce 1er épisode de la série "Tucker Springs", je suis ravi d'avoir découvert cette petite ville charmante: les deux auteurs ont réussi une petite romance doudou, qui fait du bien et qui nous questionne tout de même, par le personnage de Paul, très attachant (tellement qu'on a envie de le prendre dans ses bras), ainsi que par Emmanuel, le 2e protagoniste de l'histoire. Une romance qui se met doucement en place et qui fait chaud au coeur. Une romance gay idéale pour celles (et ceux) qui voudraient découvrir ce genre littéraire, car les scènes de sexe ne sont pas nombreuses et détaillées. 

 Un 1er épisode qui donne envie de se plonger dans le 2e épisode (qui correspondra au 4e tome de la série et dont la sortie est prévue en octobre 2015) pour découvrir un autre duo, qui, je l'espère sera tout aussi charmant que El et Paul. En tout cas, Tucker Springs est une ville où il fait bon vivre. 

Heidi Cullinan & Marie Sexton: Seulement pour lui (Tucker Springs, épisode 1), (Second Hand), Milady (Collection "Slash"), 278 pages, 2015




mercredi 23 septembre 2015

Deathless Day

4e de couverture: D., alias Azraël, est l’archange de la mort. Son job, c’est de séparer l’âme du corps des humains pour leur permettre de rejoindre l’au-delà, au moyen de sa faux. Jusqu’au jour où un mystérieux voleur la lui pique, alors qu’il est encore certainement trop occupé à cuver pour faire attention à ses affaires.
Gros problème : sans la Faux, les hommes ne peuvent plus mourir. Et, faute de mieux, des hordes de Deathless, des Sans-Mort, âmes errantes enchaînées à leur corps, sont acheminées jusqu’en enfer. D. est super mal et passe un mauvais quart d’heure au conseil des archanges. Car sans être totalement rabat-joie, Dieu n’est pas non plus le roi de la déconne, à qui on peut expliquer tout de go un truc pareil. De toute façon pas la peine de lui expliquer, il sait déjà tout, non ?
Il sait, par exemple, que dans sept jours les Deathless seront trop nombreux pour être tous contenus sous terre et que, si les négociations entre anges et démons tournent court, le paradis déclarera la guerre à l’enfer. Sept jours durant lesquels D., condamné à mort en cas d’échec, tentera par tous les moyens de retrouver celui qui a volé sa faux et de comprendre la raison d’un tel acte. Sept jours avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’équilibre du monde ne vole en éclats et que l’humanité entière ne passe aux mains de Satan. On dit qu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints, mais là, pas sûr…

Ce sont souvent chez les petits éditeurs que se cachent les auteurs les plus inventifs et originaux. 
Deathless Days en est encore une belle preuve. 

Voilà un livre à l'univers déjà beaucoup utilisé (la lutte entre Le Ciel et l'Enfer), mais que l'auteur réussit à faire sien, en lui donnant ses propres règles. 
Déjà, l'originalité du roman est dans le fait que l'univers soit totalement fantastique, avec des personnages fantastiques, sans quasiment, aucun humain dans les parages (les seuls humains ne sont que de futiles pions). En effet, le personnage principal n'est autre que D. alias Azrael, alias l'Archange de la Mort (oui, rien de moins). Celui ci doit retrouver Sa Faux qui lui a été fauché, et ce avant 7 jours, s'il ne veut pas être banni et disparaître de la surface de la terre. 

Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un monde aux ramifications très complexes (et que j'ai bien eu du mal à assimiler du fait de mon rhume qui me minait: voilà pourquoi j'ai pris mon temps pour lire ce livre. Pour bien comprendre les enjeux). Car l'auteur va nous donner toutes les clés de son univers, avec des réflexions quasi philosophiques sur la mort, la vie et le devenir du monde. (Mais je vous rassure, cela n'est pas plombant, de par le fait de la personnalité attachante et pince sans rire de D.) Celui ci est certes un archange, mais il a un comportement très humain, ce qui fait qu'on peut facilement se mettre à sa place, malgré sa divine existence. 
Le petit groupe qui se constitue autour de lui (d'Othias, la jeune archange de la mort dont la première mission est de l'accompagner pour récupérer la Faux, à Uriel, l'archange de la Connaissance, en passant par Astaroth, le démon, obligé de l'accompagner dans son périple, jusqu' à Gumx,le Gobelin),est des plus convivial:  tous ont quelque chose d'attachant et le voyage est des plus sympathique (j'ai quand même eu une préférence pour Othias, qui découvre, en même temps que nous toutes les complexités du Paradis et de l'Enfer et du complot qui se joue devant nos yeux).

C'est un roman original dans son traitement, haletant dans sa quête et dans la recherche du voleur. Cela va à cent à l'heure, avec quelques pauses pour que le lecteur puisse prendre le temps de tout comprendre et les révélations sont légions jusqu'à la dernière page. Honnêtement, j'avais une envie folle: être Dieu (alias J.) pour savoir comment tout cela allait se terminer. Pour cela, un seul moyen: tourner les pages et continuer ma lecture jusqu'à la dernière page, pour avoir le fin mot de l'histoire. 

J'ai trouvé également que l'auteur avait réussit ses descriptions. Dans un roman comme celui ci, où l'on se ballade dans des  mondes imaginaires, que l'humain n'a jamais vu (ben oui, on n'a jamais vu ni l'Enfer, ni le Paradis et on ne sait pas à quoi ressemble Dieu et Satan), il est primordial que l'auteur nous livre, par des descriptions, sa vision détaillé de tout cela. Eh bien, Lucas Legendre réussit cela très bien. Par des descriptions précises, et pas pompeuses, il nous donne à voir le Paradis et l'Enfer. Et j'ai trouvé cela génial. 

Alors, je pense que c'est dû au fait qu'en ce moment, je suis plongé dans la Saison 8 de Supernatural, mais j'ai trouvé que l'univers de Lucas Legendre était assez proche de celui des Frères Winchester (en tout cas, dans la vision qu'ils ont des Anges et des Démons). Le fait d'être plongé dans ces univers très proches en même temps , à fait que je me suis senti vite bien et intégré dans ce roman. Ce qui rapproche également les deux objets (textuel et télévisuel) ce sont leur humour. Un humour grincant qui ne vous plie pas en deux, entendons nous bien, mais qui dédramatise un peu la situation. En tout cas, cet humour est le bienvenu pour empêcher le roman de partir complètement dans le morbide et le glauque. 

Au final, un roman au ton original, et à l'univers maîtrisé de bout en bout, qui vous tient en haleine jusqu'à la dernière page. Un roman entre aventures,thriller au ton drôlement grinçant qui ne vous lâche pas une seule seconde. Puis, la dernière page tournée, on aurait qu'une envie: y retourner pour savoir ce que S. (Satan) ou J. (Dieu) vont encore inventer pour mener la vie dure aux anges et aux démons qui nous gouvernent, nous ,pauvres humains, qui n'avons aucune idée de  tout ce que ces deux là ont prévu pour l'Univers.

Une formidable découverte que je vous conseille vivement, si vous aimez les univers déjantés et sortant de l'ordinaire. 

Merci aux Editions la Bourdonnaye pour leur confiance et pour la découverte de cet univers fantastique.

Lucas Legendre: Deathless Days, La Bourdonnaye, 342 pages, 2015



La Discothèque du 20e siècle #133

En 1987, une jeune chanteuse italienne trouve le chemin du succès avec un titre tiré de son 2e album Dédicated to the moon. 

Spagna: Call me (1987)


Stupéfiante métamorphose que celle d'Ivana Spagna, chanteuse italienne qui s'était fait remarquer par des tubes disco épatants tels que Easy Lady (été 1986) et Call me (été 1987. En 1995, elle nous est en effet revenu sous les traits d'une chanteuse sensuelle et sophistiquée avec l'album Siamo in Due (écrit et produit par elle), triple platine en Italie, suivi par Lupid Solitari (les loups solitaires) l'année suivante. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1987", Polygram Direct)

Bonne écoute!

dimanche 20 septembre 2015

Slow Qui Tue #244: Everytime I close my eyes

A chaque fois, qu'il ferme les yeux, le slow qui tue de la semaine, remercie le ciel de l'avoir dans sa vie.

Babyface/ Kenny G. :Everytime I close my eyes


Bonne écoute!


jeudi 17 septembre 2015

Bohemian Flats

4e de couverture: Après le succès de Wisconsin, le deuxième roman de Mary Relindes Ellis. À la fin du XIXe siècle, le périple de deux fils de fermiers et d'une jeune femme aux dons mystérieux, de leur Bavière natale, catholique et bien-pensante, à l'extraordinaire brassage culturel des Bohemian Flats de Minneapolis. Réflexion captivante sur l'exil et la cohabitation des cultures, une saga sur trois générations qui mêle avec brio la fresque familiale et l'Histoire, l'aventure et l'émotion.

Après le succès de Wisconsin, le nouveau roman de Mary Relindes Ellis. Au tournant du xxe siècle, d'une petite ville bavaroise engoncée dans son obscurantisme aux opportunités du grand Midwest américain, la passionnante aventure de trois jeunes gens en quête de liberté ; une magnifique réflexion sur le déracinement, la transmission de la mémoire familiale et la cohabitation des cultures.

Au pied de Minneapolis, sur la rive du Mississippi, se dressent de petites baraques de bois connues sous le nom de Bohemian Flats. C'est là, dans un joyeux chaos, que des migrants venus des quatre coins d'Europe, Tchèques, Irlandais, Finlandais ou encore Russes, échangent leurs histoires, partagent leurs coutumes, et s'épaulent sur le chemin laborieux du grand rêve américain.

Parmi eux, Albert et Raimund Kaufmann et leur amie d'enfance, Magdalena Richter, aspirent à un avenir plus libre, loin d'une Allemagne moyenâgeuse et intolérante.
Mais la Première Guerre mondiale éclate, et avec elle s'envole la belle harmonie qui régnait dans les Flats. Rattrapés par leur identité allemande, Albert, Raimund, Magdalena et leurs enfants vont être confrontés au passé douloureux de la famille, et à des secrets qu'ils croyaient enterrés pour toujours.


Quand le premier roman d'un auteur à été un véritable coup de coeur, il y a toujours une appréhension quand celui ci publie son 2e roman. Nous transportera-t'il autant que le premier? Sortirons nous émus de cette lecture? 

Cette appréhension, je l'avais pour Boheman Flats. Wisconsin  avait été un tel coup de coeur, jusqu'à me faire pleurer, que j'avais peur de ne pas retrouver les même émotions. 
C'est étrange, mais, quand un premier roman a été un coup de coeur pour moi, le 2e livre, même si je l'apprécie beaucoup, ne me fait pas le même effet (cela avait été le cas, pour les romans d'Hillary Jordan. (Mais, bon, ces deux romans étaient tellement différents dans les genres et dans les thèmes, que c'était peut-être prévisible.) 
J'ai donc, attendu plus d'un an et demi pour me lancer dans la lecture de Bohemian Flats...pour éviter les comparaisons et ne pas encore avoir les émotions du précédent roman en mémoire. 

Et ce qui devait arriver, arrive tout de même. J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l'histoire des Kauffman, de leur terre allemande jusqu'à leur installation en terre d'Amérique. Avec des personnages, fort sympathiques que l'on a envie d'aimer. Mais l'émotion n'a malheureusement pas été au rendez-vous. 
En même temps, Wisconsin était un roman familial très intime, empathique, tourné vers la douleur. Bohemian Flats est plus une chronique familiale, qui nous plonge dans l'histoire des Kauffman sur le long terme (de 1881 à 1968 (pour l'épilogue)). J'ai trouvé très intéressant de découvrir une autre facette de l'Amérique et je trouve l'entreprise de Mary Relindes Ellis très louable de réhabiliter et de faire découvrir à ses lecteurs, les Bohemian Flats, ces quartiers pauvres de Minneapolis où les émigrants venaient s'installer à leur arrivée dans ces terres du Nord Ouest américain. Mais là où le bas blesse, c'est qu'elle veuille aborder beaucoup de sujets et une période très longue, (près d'un siècle) sur peu de pages. Elle  parle alors, dans un premier temps, de la situation en Allemagne, à la fin du XIXe siècle, puis de l'émigration de Raimund en Amérique, son arrivée et sa découverte des Flats, l'installation de son frère, Albert avec femme et enfants, d'abord aux Flats puis dans le nord du Wisconsin: de là on parle des indiens et de leurs situations...puis de la première guerre mondiale et le racisme envers ces allemands qui sont pourtant installé là depuis plusieurs décennies...et je dois probablement en oublier. 
Je pense que l'erreur de Mary Relindes Ellis pour l'écriture de ce roman est d'avoir voulu trop en dire, ou alors de le faire sur peu de pages. Raconter une histoire aussi dense en 430 pages, ce n'est pas possible, ce qui fait que l'auteur survole les événements sans approfondir et j'ai alors lu, avec plaisir, cela va de soi, car l'écriture de Mary Ellis est toujours aussi belle, à défaut d'être poignante ici, mais je n'ai pas eu le temps de trop m'attacher aux personnages. 

De plus, la fin du roman est un peu rapide du fait que l'auteur a survolée les 30 dernières années en 15 pages! Bon, les ellipses ont parfois du bon, mais là c'est un peu trop. 

Au final, un roman qui se lit fort bien et qui, par certains aspects est intéressant (la vie allemande de Raimund et Albert Kauffman au début du roman est ce qui m'a le plus intéressé, tout comme la découverte des Flats), mais qui, à vouloir trop en raconter, ne fait que survoler les choses. Dommage. (J'aurai préféré avoir plus de temps et de matière, comme ce fut le cas avec la Saga des Emigrants de l'auteur suédois Wilhelm Moberg, qui, raconte, l'émigration des suédois dans le Minnesota, mais qui le fait sur plus de 2000 pages (Bon, je n'en demandais pas tant pour Bohemian Flats, mais que l'auteur développe plus certains aspects)). 
Attention, malgré cet avis en demi-teinte, c'est un roman à découvrir et que j'ai aimé lire, sinon, je ne serai pas aller au bout. 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette découverte. 

Mary Relindes Ellis: Bohemian Flats (The Bohemian Flats), Belfond, 437 pages, 2014. 


mercredi 16 septembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #132

En 1986, le groupe Gold rendait hommage à trois grands: Arnaud de Rosnay, Philippe  Dieuleveut et Daniel Balavoine, avec ce titre classé n°1 au Top 50.

Gold: Capitaine abandonné (1986)


Quelques mois seulement après Plus près des étoiles, Gold se maintient au sommet de sa popularité avec Capitaine abandonné, n°1 dans les classements français en 1986. Hommage aux stars respectivement du sport, de l'aventure et de la chanson Arnaud de Rosnay, Philippe Dieuleveut et Daniel Balavoine, qui ont été fauchés en pleine gloire, ce single vient alors apporter une nouvelle preuve au dynamisme de Toulouse, en matière musicale. Plus de 700 000 Français achèteront le disque. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°5", Universal Collections)

Bonne écoute!

dimanche 13 septembre 2015

Slow Qui Tue #243: Ville de lumière

Le slow qui tue de la semaine dresse le portrait d'une ville de lumière.

Gold: Ville de lumière


Bonne écoute!


jeudi 10 septembre 2015

Signe Suspect

4e de couverture: Le docteur Kay Scarpetta s’est installée en Floride. Elle a quitté la médecine légale institutionnelle pour l’expertise privée. Pourtant, elle va devoir revenir dans cette ville de Richmond qui lui a tourné le dos cinq ans plus tôt.
Sur place, des surprises désagréables l’attendent. La démolition de ses anciens bureaux est presque achevée ; le médecin-légiste expert qui lui a succédé est un parfait incompétent ; son ancien assistant en chef est plongé dans des problèmes personnels qu’il refuse d’aborder.
Privée de l’aide de Wesley et de sa nièce Lucy, Scarpetta se résout à élucider les causes du décès d’une adolescente de quatorze ans. Elle doit démêler l’écheveau des pistes, traquer des signes suspects afin de révéler une vérité qu’elle ne parviendra peut-être pas à tolérer.

Comme chaque année, voici le "Scarpetta" annuel. 
J'avais été déçu par "Baton Rouge" l'année dernière, le trouvant long et surtout impersonnel, du fait que l'on ai perdu le narrateur habituel des enquêtes de Scarpetta, Kay Scarpetta elle même. (en effet, les romans ne sont plus raconté de son point de vue). Mais surtout, Kay était quasi absente du roman (ce qui est un comble quand on sait que c'est elle le rôle principal de ces enquêtes). 

Alors, on ne va pas se mentir, la série Scarpetta n'a plus la saveur de ses débuts (les premiers romans sont tous géniaux, sans temps mort et avec des personnages atypiques), mais j'ai tout de même passé un bon moment avec ce 13e tome. Déjà, il m'a fallu moins de temps pour le lire que le précédent, enchaînant les pages à un rythme soutenu, qui montre mon intérêt pour le livre. 

En fait, je pense que je me suis fais à l'idée que les mises en place seront toujours longues dans les romans de Patricia Cornwell (cela l'était déjà dans les premiers, mais je trouve que de tome en tome, cette mise en place s'allonge de plus en plus) et qu'elle nous abreuvera de détails techniques interminables auxquelles je ne comprendrai pas tout. Mais c'est pas grave. Mais il est vrai qu'une centaine de pages pour entrer dans le vif du sujet, cela peut en décourager plus d'un. Je crois surtout que la série de Kay Scarpetta est devenue plus porté sur le psychologique, que sur l'action. L'auteur s'immisce dans la tête des personnages et s'intéresse plus à leurs états d'âme qu'à mettre une intrigue palpitante en place. 

La chose à laquelle j'ai vraiment du mal à me faire, c'est la narration à la 3e personne. Le fait que l'histoire ne soit plus racontée par les yeux de Scarpetta me déroute totalement. Déjà que Scarpetta est une personne qui ne se livre pas beaucoup, là j'ai l'impression d'avoir une coquille vide: une personne imbu d'elle même, irascible. En un mot, je ne la reconnais plus. Marino est quasiment devenu une âme en peine qui traîne sa carcasse à côté du docteur (de plus, là, il m'a fait pitié avec l'aventure horrible qui lui arrive). En ce qui concerne Lucy et B., je ne les reconnais plus non plus. Lucy à l'air d'une machine, sans émotions, millionnaire: elle est devenue un personnage auquel on ne croit plus. C'est un personnage de fiction sans âme. Quant à B., il est quasiment absent du tome, enfermé dans un chalet à Aspen.
Cependant, la narration à la 3e personne se justifie dans ce tome, du fait que l'intrigue de Lucy est complètement déconnectée de celle de sa tante Kay. En ayant que le point de vue de Scarpetta, on perd toute cette intrigue là. 
Puis, cette narration me déstabilise, car Patricia Cornwell nous fait également entrer dans la tête du tueur. Bon, ce qui est une bonne chose, je vous l'accorde, mais quand celui ci est introduit dès les 20 premières pages (à moins que je sois trop futé pour avoir de suite deviné que ce personnage était impliqué dans les meurtres), l'intérêt perd de sa substance, à moins qu'on s'intéresse plus au pourquoi, qu'à savoir "Qui" a tué, transformant ainsi la trame en un épisode de "Columbo". 
Cela fut mon cas: en effet, cela n'a pas altérer mon intérêt. Au contraire, je voulais vraiment savoir pourquoi il en était arrivé là. Et j'ai été satisfait de ce point de vue là. 

Le fait que l'on retourne à Richmond m'a aussi fait plaisir: de voir ce qu'était devenu l'ancien laboratoire de médecine légale de Scarpetta a titiller ma curiosité. 
En revanche, j'ai encore une fois été déçu par la fin: celle ci est encore trop rapide et baclée. Patricia Cornwell sait mettre une intrigue complexe en place, mais ne sait pas la résoudre. Elle qui nous noie dans des détails, au début de son roman, elle  laisse tomber ces détails  lors de la résolution de l'enquête. La fin est alors trop rapide et le lecteur reste sur sa faim. C'est dommage. 

Au final, un tome beaucoup plus intéressant que le précédent, qui se laisse lire si on accepte les longues mises en place, mais qui a encore une fois une fin bâclée. Ce qui est fort dommage. 
Pourtant, je serai au rendez-vous l'année prochaine pour le prochain "Scarpetta". Oui, je persiste et signe. Je suis probablement maso. (Mais en même temps, en lisant un tome par an  en 4/5 jours, je ne perds pas trop de temps pour d'autres lectures) Puis, j'aime quand même retrouver Scarpetta chaque année. 

Patricia Cornwell: Signe Suspect, (Trace), Le Livre de Poche, 541 pages, 2005

 

mercredi 9 septembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #131

En 1985, Moon Ray trustait le haut des hit-parades avec un Commanchero.

Moon Ray: Commanchero (1985)


Coïncidence stupéfiante, le lancement du Top 50 coïncide avec l'âge d'or de l'Euro-disco (et l'Euro-pop): on pourrait s'amuser à citer Spagna, Scotch, Silver Pozzoli, Fox the Fox, Ivan ,Ryan Paris, Righeira, P. Lion, Falco, Raf et autre Finzi Contini. Parmi ceux ci, pas mal d'italiens-et pour cause, ils ont toujours excellé dans le domaine de la variété pimpante et souriante. La preuve? Ce Commanchero signé Martinelli/Zanini! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1985", Polygram Direct)

Bonne écoute!

mardi 8 septembre 2015

Candice et le Doctor à Grantchester

J'ai profité de l'été pour découvrir trois "nouvelles" séries.
Tout d'abord:


Série britannique avec James Norton et Robson Green, tiré de la série de romans de James Runcie: "Sydney Chambers" dont la première saison reprend le premier volume "Sydney Chambers & the shadows of death".
J'ai trouvé cette série fort sympathique. Plus que les enquêtes, c'est le personnage de Sydney Chambers qui a retenu mon attention: un curé atypique, fan de jazz; torturé par les traumatismes vécu durant la guerre, celui ci sort des sentiers battus. Surtout, le passé du personnage et sa personnalité sont bien développé. Le duo curé/flic fonctionne bien.
Une première saison de 6 épisodes, qui m'a laissé une belle impression et l'envie de voir la prochaine saison.

Ensuite, il y a eu


Parfois, les rediffusions ont du bon. C'est un bon moyen pour découvrir une série vers laquelle on ne s'était pas arrêté.
J'étais passé à côté de "Candice Renoir". Quand France 2 a débuté la série, qu'elle diffuse le vendredi soir habituellement, , je n'avais pas eu envie de m'y plonger, même si une petite pointe de curiosité était là, tout de même. D'une, parce que c'est diffusé le vendredi (et le vendredi, je suis peu devant ma télé) et Deux, c'était encore une énième série policière française, et de ce point de vue là, je sature.
Sauf qu'un passage de Cécile Bois chez Drucker, pour la diffusion de la 3e saison, m'avait donné envie et m'a fait dire que j'étais peut être passé à côté d'une série sympa.
Mais (car il y a toujours un mais) je ne pouvais pas prendre le train en marche. Oui, j'aime commencé une série par son début (sauf exception).
Qu'elle n'a donc pas été ma joie de voir que France 2 avait décidé de rediffuser les deux premières saisons (à coup de quatre épisodes à la suite le mercredi soir (!!!) (Quelle idée géniale!!). J'ai donc sauté sur l'occasion pour la regarder et au final...Eh ben, cette série est super sympa.
Bon, passons à côté des enquêtes policières qui sont bateau et parfois pas très passionnante. Je pense que le but de la série n'est pas là. Non, le but de la série, c'est son personnage principal, Candice (génialement interprétée par Cécile Bois): une femme qui reprend son boulot de flic, après 10 ans d'arrêt (pour pouvoir élever ses 4 enfants) et que l'on voit donc, dans une nouvelle équipe (qui ne l'accepte pas et surtout Antoine, puisque le poste de commandant lui est passé sous le nez à cause de la belle Candice), jongler entre sa vie de famille et son boulot. Le caractère du personnage donne un humour bienvenue à la série, et sans s'en rendre compte, on passe un joli petit moment devant cette série singulière, de par son côté policier, mais atypique de par son personnage principal. Une vraie bouffée d'air frais dans la série policière.
Puis, rien que pour voir les beaux yeux de Raphael Lenglet (Antoine), je ne peux que regarder cette série.
Maintenant, je n'ai plus qu'un souhait: que France 2 rediffuse la saison 3 de la série avant la saison 4. Sinon, je vais devoir passer à côté de cette saison 4 et je vais être frustré.

Mais, cet été a aussi été rythmé par une autre série qui, elle ne m'était pas inconnue.

Doctor Who Saison 1 (1963)
Tout à l'heure, je vous disais que je n'aimais pas prendre le train en marche, sauf exception. L'une de ces exceptions s'appelle Doctor Who.
En effet, j'ai pris la série en route (en même temps une série qui a fêté ses 51 ans, l'année dernière, je n'avais pas trop le choix, puisque à ses débuts, je n'étais pas né), puisque j'ai débuté la série par le Spécial Noël qui clôturait la saison 3 (celui avec Kylie Minogue)  et que j'ai vraiment commencé la série par la saison 4, avec mon duo préféré (et qui l'est resté à ce jour) Donna/ Ten.
Oui, mais voilà que cet été, je suis tombé sur le site Doctor Who Classics qui réunit tous les épisodes de la série, depuis le premier doctor (ce qui fait plus de 700 épisodes réunis sur 156 arcs).
Et là, je me suis dit, que du bonheur! Je vais pouvoir visionner les débuts de la série et assouvir ma curiosité. Et surtout reprendre la série depuis ses débuts, pour bien tout comprendre (oui, je suis un peu crazy parfois).
J'ai donc visionné, pour le moment 3 arcs (13 épisodes) du Premier Doctor...et je dois dire que j'apprécie ce que je vois. Bon, ce n'est pas la série que l'on connait aujourd'hui (on en est même très loin), cela est un très théâtral dans les décors et la façon de jouer des acteurs (même certains ne sont pas très bon je trouve. Ce premier Doctor m'est un peu antipathique, mais je dois dire que c'est fascinant à voir, tout de même. On apprend ici que le Doctor voyage avec sa petite fille Susan. Un jour, deux de ses professeurs, Ian et Barbara, vont tomber sur le Tardis et le fameux Doctor et vont, bien malgré eux, être embarqué dans l'aventure.
Donc, Ian et Barbara sont les premiers compagnons du Doctor, mais surtout, on apprend que le Doctor a une petite fille, Susan.
Cela est très étrange à regarder mais pas inintéressant. Le côté extra terrestre du Doctor n'a pas encore été mentionné, à moins que je sois passé à côté de l'info. Dans le 2e arc, on découvre les Daleks, qui ne sont pas encore les nemesis du Doctor.
Pour le moment, je suis bloqué à l'arc "Marco Polo". J'hésite encore à le  regarder car c'est un arc (de 7 épisodes d'une vingtaine de minutes) reconstitué. Il faut savoir que beaucoup d'épisodes des premiers doctors ont disparu (puisque la chaîne réutilisait les bandes des épisodes pour en enregistrer des nouveaux. Ce qui fait que des épisodes ont été perdu. Cependant, la BBC a reconstitué ces épisodes grâce aux bandes sons, qui elles ont été conservées. Ils ont alors incorporé ces bandes sons aux photos du tournage des épisodes.). Mais je le regarderai tout de même en espérant ne pas être déstabilisé par cette méthode.


Voilà pour mon été-séries.
Et vous qu'avez vous  visionné, pendant vos vacances?


dimanche 6 septembre 2015

Slow Qui Tue #242: Forest Fire

Le slow qui tue de la semaine est une dédicace à Jean-Philippe Blondel, mon auteur français préféré.

Lloyd Cole & the Commotions: Forest Fire



Ceux qui ont lu Et rester vivant comprendront le pourquoi de cette dédicace...même si la chanson évoquée dans le roman n'est pas celle ci (puisqu'il s'agit de Rich).

Bonne écoute!


samedi 5 septembre 2015

Coup de Coeur des Libraires #1: Un faux pas dans la vie d'Emma Picard

4e de couverture: "Mais avant de me taire, il faut que je dise dans quel enfer on nous a jetés, nous autres colons, abandonnes a notre sort de crève-la-faim sur des terres qui ne veulent et ne voudront jamais de nous oui, il faut que je dise dans quel enfer on nous a jetés". 
C'est la voix d'un seul personnage, Emma Picard, qui s'installe avec ses quatre fils, a la fin des années 1860, sur vingt hectares de terre algérienne offerts par le gouvernement français. L'espoir d'un nouveau départ, pour elle comme pour tant d'autres apprentis colons. On retrouve toute la puissance de l’écriture de Mathieu Belezi dans ce roman aux accents de tragédie. Et le cri de cette héroïne désespérément vivante résonne longtemps en nous.

En créant ce rendez-vous mensuel "Coup de coeur des Libraires", j'espérais être surpris par les lectures proposées. Que celles-ci m'emportent vers des chemins de traverse inconnus, qu'elles me sortent de ma zone de confort littéraire habituelle. 

Ce fut le cas avec ce roman là. Paru en janvier 2015, le nouveau roman de Mathieu Belezi, "Un faux pas dans la vie d'Emma Picard" clôt sa trilogie algérienne. (Je vous rassure, pas besoin d'avoir lu les autres livres pour apprécier celui ci, le cadre (l'Algérie) est le seul point commun des romans, mais les histoires diffèrent et trouvent leur conclusion a la fin de chaque livre). 
Si Marie, de la librairie Gibert Joseph  de Poitiers, ne me l'avait pas proposé, je n'en aurai jamais entendu parlé. Je ne l'ai jamais croisé lors de mes sorties en librairie et je pense même que, si celui ci avait croisé mon regard, je ne me serai jamais arrêté dessus. 

Et j'aurai eu tort! 

Quand Marie m'en a parlé, en m'expliquant que l'histoire se déroulait en 1860, en Algérie: (une femme, Emma, à qui le gouvernement français a promis vingt hectares de Terre algérienne, à condition qu'elle s'installe là bas, part donc avec ses quatre fils pour une nouvelle vie, faite d'espoir et de rêve); que le lecteur allait suivre la vie de cette famille sur cette terre algérienne, et surtout que le récit était raconté par la voix d'Emma (elle raconte à son dernier fils, Léon, leur histoire en Algérie), faisant alterner le passé et le présent, j'ai de suite était intrigué. 
Et encore plus quand Marie me dit que la voix d'Emma l'a tellement marquée qu'elle l'entend encore résonner dans sa tête, 8 mois après sa lecture. 

Après un enthousiasme aussi grand de la part de ma libraire, mes attentes étaient grandes, je l'avoue.

Je dois dire qu'en commençant ma lecture, j'ai été intrigué par la construction du roman: celui ci n'est qu'un long monologue, sans point final (sauf à la fin), entrecoupé de phrases en italique qui représentent le présent, avec certaines répétitions de phrases qui reviennent de manière lancinante. On est un peu déstabilisé, mais le voyage promis est tellement fascinant qu'on est de suite accroché. Puis, on a envie de savoir comment Emma en est arrivé à vivre un véritable enfer. 
J'ai été estomaqué par cette lecture, qui m'a sonné, bouleversé aux larmes (vous ne pourrez pas rester insensible au destin tragique d'Emma et des siens), mais également envoûté par la voix d'Emma, à tel point qu'on a du mal à lâcher le roman. La voix d'Emma vous prend l'esprit, le coeur et l'âme pour ne plus vous lâcher avant la fin. Léon, le fils à qui elle raconte son histoire, c'est moi, c'est vous, c'est nous. Elle s'accroche jusqu'au bout, jusqu'à la fin de cette nuit qu'elle voit arriver avec effroi. Elle a peur de ne pas pouvoir terminer le récit de son histoire avant l'arrivée de l'aube. 

C'est un roman émouvant, mais l'émotion n'empêche pas de découvrir une Algérie inconnue (honnêtement, je ne connaissais pas le pan de cette histoire: ces français à qui le gouvernement donnait des terres en Algérie pour pouvoir prospérer et faire fortune (mais le plus souvent, c'est la misère qui les attendait au bout du voyage) m'était totalement inconnu. J'ai aussi découvert, grâce à la plume poétique de Mathieu Belezi, une terre algérienne dure et violente, avec des tempêtes, des Siroccos qui vous soufflent aux oreilles et hantent votre esprit et à ces nuées de sauterelles qui dévastent tout sur leur passage, détruisant tous les espoirs d'Emma. Cela aussi est fascinant et tellement bien raconté par Emma. 

En choisissant la voix d'un seul personnage (Emma), Mathieu Belezi a fait de son roman, un texte très théâtral, qu'on ne peut s'empêcher de lire à haute voix. Je vous assure que lors de ma lecture, j'ai tout de suite vu Emma sur une scène de Théâtre raconté à un public, (composé d'un seul spectateur certes) son histoire bouleversante. Ce monologue se prête très bien à la scène et se doit d'être lu a voix haute. D'ailleurs, je n'ai pas pu m'empêcher de lire certains passages à voix haute pour m'imprégner encore plus du texte. Je vous assure que c'est une expérience que vous n'oubliez pas: la voix d'Emma résonne encore plus vibrante et déchirante à vos oreilles et vous laisse le coeur fendu. 

Au final, un roman qui m'a ému aux larmes et qui résonnera encore longtemps en moi. Un destin tragique d'une femme qui voulait simplement débuter une nouvelle vie dans un pays lumineux, mais tellement cruel. Une femme qui a cru cet homme en cravate qui lui promettait une nouvelle vie pleine d'espoir...un espoir finalement déçu. 

Un petit aparté tout de même: plus haut, je parle d'un "roman théâtral" que j'imaginais très bien sur une scène. Je pense que comme moi, quand vous lisez un livre, vous dessinez dans votre esprit les visages des personnages. En écoutant la voix d'Emma, je n'ai pas pu m'empêcher de voir le visage d'une actrice et d'entendre sa voix: celle d'Ariane Ascaride. Alors je sais qu'Ariane n'a pas l'âge du rôle:et alors. 
Je vous présente, "mon" Emma: 




Merci à Marie de la librairie Gibert Joseph de Poitiers, de m'avoir présenté Emma Picard. Cette rencontre bouleversante me marquera longtemps. (L'avis de Marie, libraire à Poitiers (Radio France Bleu) )


qui devient également le mien. 



Mathieu Bélézi: Un faux pas dans la vie d'Emma Picard, Flammarion, 256 pages, 2015




vendredi 4 septembre 2015

Les Petits meurtres d'Agatha Christie (Pension Vanilos/ Un meurtre est-il facile?)

Bon, ils sont déjà de retour, mais ne chipotons pas. C'est moi qui a du retard!)


Pension Vanilos




Revoilà notre trio de choc (ben oui, il ne faut pas oublier Marlène qui prend de plus en plus de place , (surtout dans cet épisode), (pour mon grand bonheur) dans la série et qui apporte cette dose d'humour lunaire bienvenue) dans une nouvelle enquête. 

Tout d'abord, je dois avouer que j'ai lu ce roman d'Agatha Christie mais que je n'en  ai aucun souvenir (j'ai eu ma période « Agatha Christie » ou j’enchaînais la lecture des romans, il y a quelques années. J'ai dû lire une soixantaine des romans de la reine du crime, ce qui fait que je ne peux pas retenir toutes les intrigues que Dame Agatha a mis en place) : ce qui est un point positif puisque je regarde l'épisode avec un œil neuf.

Ce « Pension Vanilos » est encore une fois, un très bel épisode avec une intrigue tortueuse, comme Dame Agatha savait en écrire (Sylvie Simon, la scénariste à su se plonger avec brio dans cet univers) : ici, nous avons à faire à une affaire  de trafic de drogue, ainsi qu'à la découverte du meurtre d'une jeune fille dans une auberge de jeunesse, tenu par la sœur de Marlène, secrétaire du commissaire. Bien entendu Alice se retrouve immergé dans cette histoire, à la demande de Marlène, qui veut tout faire pour aider sa sœur.


Je dois dire que je suis de plus en plus bluffé par Elodie Frenck, la douce Marlène, qui, cette fois ci, vole la vedette à ses deux acolytes (pisqu'elle interprète deux rôles, dans cet opus). Pourtant, le climax du milieu d'épisode, m'a fait craindre le pire. Enfin, tout cela pour dire que l'on voit Elodie Frenck sous un jour nouveau et nous dévoile une nouvelle facette de son talent.
L'humour est toujours présent et le « huis-clos » de la pension Vanilos dévoile des personnalités complexes et bizarres qui nous fait suspecter tout le monde.
Un nouvel épisode maîtrisé de bout en bout, qui rend un bel hommage, encore une fois, aux romans et intrigues de la Reine du crime. 

Un meurtre est-il facile? (à lire après avoir vu l'épisode)



Cette fois ci, c'est le monde ouvrier qui nous est montré avec la lutte des classes, ses mouvements de grève, ses directeurs arrivistes et son patron despotique. C'est dans une usine que le corps d'un syndicaliste est retrouvé. Le commissaire Laurence est alors dépêché sur place.

Surtout, Alice, notre reporter de choc va se marier  (!!) Oui, oui, Alice va se faire mettre la bague au doigt par le directeur de l'usine (ben oui, ce ne serait pas drôle si Alice ne mettait pas les pieds dans le plat de cette enquête épicée à la sauce Audiard (bien sûr on est loin des dialogues cultes de ce grand Michel, mais on reconnaît parfois sa patte).


En tout cas, j'ai encore passé un très bon moment en compagnie de ces personnages truculents. Mention spéciale tout de même a l'interprète d'Emile Deboucke (Philippe Nahon) qui donne une aura d'une méchanceté despotique a son personnage, qui en fait le coupable désigné. Mais ne serait ce pas trop facile ?  

Un épisode qui m'a ravi. 









initié par George 

jeudi 3 septembre 2015

Service des urgences

4e de couverture: Infirmière diplômée, Mary Lamb, trente-quatre ans, ne sait plus où donner de la tête. Responsable d'un service médico-social chargé d'accueillir et de soigner une clientèle féminine défavorisée - prostituées, droguées, adolescentes à problèmes -, elle doit lutter au quotidien contre le machisme des médecins et se battre pied à pied pour obtenir les moyens nécessaires à la survie du dispensaire. Mais s'il n'y avait que cela ! Dans la chaleur étouffante de l'été new-yorkais, voilà que des militants fanatiquement opposés à la contraception et à l'IVG prennent son établissement pour cible, et que d'inquiétantes lettres anonymes commencent à circuler à l'intérieur des services, précédant de peu les premiers sabotages. Avec Service des Urgences, Marcia Rose a voulu rendre hommage à une profession, celle des infirmières, dont le métier est, selon l'une d'elles, " constamment baigné de larmes ". Si ce livre est une œuvre de fiction, peuplée de personnages tout droit sortis de l'imagination de l'auteur, la description qu'elle brosse de la vie hospitalière est criante de vérité.

Lorsque j'ai choisi ce livre pour la Book Jar, j'espérais le tirer au sort au moment de l'été, car il se passe lors d'un été caniculaire. Le hasard a bien fait les choses. 

J'ai dû acheter ce livre, il y a une dizaine d'années, au moment de ma passion pour la série médicale "Urgences". Puis, je l'ai laissé de côté. Quelle erreur. 
Voilà un roman foisonnant qui vous embarque dans le milieu médical, et surtout près des Infirmières (d'ailleurs le titre original "Nurses" nous met tout de suite sur la piste, ce que ne fait pas le titre français). 

Nous avons à faire à un roman bien fourni en histoires (il n'y en a pas moins de 6 (peut être plus): entre la manif anti-avortement, les lettres anonymes que reçoivent les membres du personnel dont Marty, l'héroïne du roman, le mari déséquilibré de Marty, Owen, qui revient dans sa vie; le retour de Paul Giordano, le grand amour de Marty, disparu sans laisser d'adresse, l'histoire de Shayna, enfermé par son père, le rabbin Brown, à cause de sa maladie, l'histoire de Marie Racine, une jeune fille enceinte d'un homme marié...et j'en oublie forcément). 
C'est d'ailleurs ce qui m'a plus, ce foisonnement d'histoires, car je ne me suis pas ennuyé une minute, malgré la grosseur du livre. Marcia Rose nous montre très bien l'envers du décor d'un hôpital: en cela, j'ai retrouvé beaucoup d'"Urgences" dans ce livre (les opérations en moins, puisque Marcia Rose préfère se focaliser sur la psychologie des personnages). Bien sûr, la grosse part du gâteau est dévolue à Marty, que j'ai beaucoup apprécié, mais les autres personnages comme Paul, Owen, Shayna, Crystal, le Dr Zee, Dennis , Clive...ont tous une partie à jouer dans ce roman. 
On navigue entre moment intense et répit, il y a des climax comme la mort d'un personnage qui va faire basculer la vie de nombreuses personnes, le retour d'autres ou des révélations, comme le fameux auteur des lettres anonymes. 
En tout cas on ne s'ennuie pas et on a hâte de savoir comment tout cela va se terminer. Surtout, il y a de l'action jusque dans les dernières pages...mais l'auteur n'oublie pas de conclure toutes ses intrigues (seule, la fin d'une intrigue ne m'a pas totalement convaincue, ce qui n'est pas beaucoup sur 6 ou 7). 

Au final, un roman que je ne regrette pas d'avoir lu. Il m'a rappelé les belles heures d'une de mes séries préférées (même si ici, nous sommes plus dans un centre médical social qu'aux Urgences) et m'a montré plus en amont, le métier d'infirmière (car ceux sont elles à qui l'auteur rend un vibrant hommage). Si vous aimez les sagas médicales,(sans hémoglobine ou d'opération insoutenable) avec des rebondissements à la pelle, mais qui n'oublie pas de développer la psychologie de ses personnages, vous pouvez vous laisser tenter par ce "Nurses", qui, pour ma part, ne m'a pas déçu. 

Marcia Rose: Services des urgences (Nurses), France Loisirs, 591 pages, 1997



mercredi 2 septembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #130

En 1984, Axel Bauer descendait d'un cargo qui allait lui faire connaître le succès.

Axel Bauer: Cargo (1984)



Premier essai, premier giga-tube: Cargo rythme l'été 1984 et tout le monde se souvient du clip superbe signé Jean-Baptiste Mondino. Un million et demi de 45 tours plus tard, Axel se retrouve piégé: le virtuose de la guitare électrique, le fils du batteur de Django Reinhardt, baigné dans le rock et le jazz depuis son plus jeune âge, ne serait il l'homme que d'un seul succès? Heureusement, il a eu le temps depuis 15 ans de nous prouver le contraire. On l'a même vu s'offrir de nouvelles incursions dans le Top, notamment avec Éteins la lumière, en 1992, tiré de l'album Sentinelles, sans oublier l'album épatant qu'il a publié début 1998: Simple Mortel. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!