dimanche 29 novembre 2015

Tucker Springs: Episode 2: Soumets-nous à la tentation

4e de couverture: La seule façon de résister à la tentation est bien d’y succomber !
 
Seth Wheeler est tatoueur et tombe immédiatement sous le charme de son nouveau voisin, Darren Romero. Beau, plein d’esprit et séducteur, il semble parfait… jusqu’à ce qu’il lui révèle avoir emménagé à Tucker Springs pour devenir le nouveau pasteur. Or, depuis que sa famille très croyante l’a rejeté, Seth ne supporte plus la religion. Mais Darren est obstiné et parvient à gagner sa confiance. Cependant, Seth ne peut oublier la vocation du jeune pasteur. Il doit alors faire la lumière sur ses véritables peurs ou il risque de le perdre pour toujours.

Retour à Tucker Springs avec ce 2e épisode. 

Cette série est très sympathique à lire et nous fait passer des moments chaleureux dans cette petite ville où il fait bon vivre. 
Cependant, j'ai trouvé que ce 2e épisode était trop rapide, que ce soit dans la construction de l'intrigue que dans la psychologie des personnages. Le duo Seth/Darren est des plus sympathique et à un côté très romantique mais leur passé est à peine effleuré (et encore, c'est pour servir l'intrigue quand elle a besoin d'avancer). 
Ce que j'ai aussi regretté, c'est que l'on ai qu'un seul son de cloche, a savoir que l'histoire est vu à travers  Seth (le tatoueur). J'aurai bien aimé avoir aussi le ressenti de Darren (le pasteur) sur cette nouvelle relation. Bon, en même temps, celui qui a beaucoup de souci avec la religion, en rapport avec son homosexualité, c'est Seth (en effet, celui ci a été rejeté par ses parents, qui faisait parti d'une communauté religieuse très extrême (une secte, si j'ai bien compris) et ce rejet l'a fait devenir athée. Alors,vivre  avec un  pasteur lui poserai  quelques soucis. C'est d'ailleurs, les questions que se pose Seth. S'engager ou pas dans une véritable relation avec son nouveau voisin). 

Alors, tout ça est très intéressant mais vraiment trop rapide. Tout va à cent à l'heure et l'auteur ne fait que survoler ses personnages et son histoire. Cela est très sympathique à lire sur le moment, mais ne restera pas inoubliable, malheureusement. 

Au final, un 2e épisode, agréable à lire, mais qui est trop rapide dans son développement, et dans la lecture, pour qu'on s'intéresse un tant soit peu aux personnages. Une lecture toutefois idéale entre deux lectures...et si Milady publie la suite de cette série, un jour, je serai ravi de  refaire un petit tour à Tucker Springs. 

L.A. Witt: Soumets nous à la tentation (Tucker Springs, épisode 2), (Covet thy neighbor), Milady (Collection "Slash"), 284 pages, 2015




Slow Qui Tue #254: The Captain of her heart

Le slow qui tue de la semaine attend le capitaine de son coeur.

Double: The Captain of her heart




Bonne écoute!


samedi 28 novembre 2015

Des mensonges dans nos têtes

4e de couverture: Deux jeunes filles vont braver leur entourage respectif pour vivre librement
 
Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah.
Rien que des mensonges?
1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté.
C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les coeurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…


Je voulais lire ce roman car  son sujet me plaisait : la déségrégation aux Etats Unis et plus particulièrement dans le Sud, là où la Ségrégation était la plus forte.

Voilà un roman qui m'a beaucoup remué, de par sa violence et son injustice. En effet, les premières pages, vu sous les yeux de Sarah, jeune noire qui intègre un lycée blanc pour la première fois,  sont d'une rare intensité qui vous prend aux tripes. Entre insultes, coups et humiliations, l'auteur ne nous épargne rien. C'est même parfois à la limite du supportable. Mais ceci est nécessaire pour bien montrer ce qui se passait à la fin des années 50 dans le Sud profond des Etats Unis. Je pense même que c'était pire dans la réalité.

« Des mensonges dans nos têtes » nous fait entendre deux voix : celle de Sarah, donc, une jeune fille qui va faire partie des premiers noirs à intégrer un lycée blanc, 5 ans après que la Ségrégation ait été déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême des Etats Unis. A travers son regard, c'est toute la haine des gens  du Sud (les blancs) qui transparaît et qui m'a fait tellement mal au ventre. Puis, il y a la voix de Linda, une lycéenne blanche, raciste par principe, puisqu'elle a été élevée comme cela et qu'elle ne s'est jamais posé la question du bien fondé de la ségrégation. On a donc deux sons de cloches discordants, qui donnent un ensemble concret à cette situation. 

En alternant ces deux points de vue, l'auteur va nous montrer deux facettes:  la vision de cette mentalité sudiste, et le courage des enfants noirs pour prendre leur destin en main et faire bouger les lignes, quitte à prendre beaucoup de risque.
La rencontre entre Sarah et Linda va tout chamboulé et changer le regard de Linda sur « les gens de couleur ».

J''ai trouvé cette histoire bouleversante et j'ai souvent eu le cœur au bord des lèvres et quelques larmes. De plus, Robin Talley en rajoute une couche en incluant l'homosexualité dans cette équation, puisqu'elle va faire naître un sentiment amoureux entre Sarah et Linda. Leurs questionnements et leurs angoisses par rapport à ce qu'elles prennent pour de l'anormalité (n'oublions pas que nous sommes dans le Sud profond des Etats Unis, à la fin des années 50) m'a énormément ému. C'est aussi pour cela que j'ai été très proche de Sarah et Linda.
Il faut dire que Linda est un personnage que je n'ai pas pu détesté, même au départ quand elle s'en prend violemment à Sarah, car j'ai bien compris qu'elle avait été élevée comme cela et qu'elle ne pouvait penser autrement. C'est justement sa rencontre et ses échanges vifs avec Sarah qui va la faire évoluer. Il faut dire aussi qu'elle a un père exécrable, qui ne fait pas attention à elle, et qui déteste tout le monde.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré « Des mensonges dans nos têtes ». Ce roman  nous fait nous poser des questions en nous bousculant assez violemment (je crois que c'est le premier roman que je lis sur cette période, qui soit aussi percutant) dans notre être intérieur. Un roman bouleversant qui garde tout de même une note d'espoir. Je le conseille à tous ceux qui sont intéressé par cette période de l'histoire américaine, mais aussi pour ceux qui aiment les belles histoires d'amitié/d'amour.

Au final, un roman très touchant qui nous fait nous poser des questions sur le genre humain, qui bouscule nos convictions, avec deux jeunes filles, Sarah et Linda, que je n'oublierai pas de sitôt. Une belle leçon d'amour que je vous recommande chaudement. 

Merci à Camille et aux Editions Mosaïc pour cette vibrante découverte. 



Robin Talley: Des mensonges dans nos têtes (Lies we tell ourselves), Mosaïc, 347 pages, 2015



mercredi 25 novembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #142

En 1955, Boris Vian lançait un pavé dans la mare avec cette chanson antimilitariste qui allait devenir un classique.

Boris Vian: Le Déserteur (1955)



Si c'est Mouloudji qui a crée la chanson, précisément en mai 1954 lors de la chute de Diên Biên Phu, Le déserteur est l'œuvre de Boris Vian. Chanson symbole, puisqu'elle marquait la fin d'une guerre (celle de l'Indochine) et le début d'une autre (celle d'Algérie), elle a suscité les plus vives protestations des anciens combattants, au point que leurs interprètes ont dû remplacer "Monsieur le Président" par "Messieurs qu'on nomme grands". Protest song à la française, Le déserteur, au milieu des années 60 a été repris par le trio de folk américain Peter, Paul & Mary. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°7", Universal Collections)

Bonne écoute!

mardi 24 novembre 2015

Le Kabaret fête ses 6 ans


Tiens, tout à changé ce matin/je n'y comprend rien/ C'est la fête/ La fête!(*)

Eh oui, c'est aujourd'hui que le Kabaret fête ses 6 ans. Ça y est, il est devenu grand. Il quitte la grande section de maternelle pour entrer en primaire.
Bon, trêve de plaisanterie.
Le blog prend un an de plus (comme nous tous) et il restera encore ouvert pour une année supplémentaire (enfin j'espère). En tout cas, l'envie est encore là.

Par le biais de cet anniversaire, je voulais tous vous remercier de me suivre dans cette aventure qui a changer ma façon de lire et mes envies livresques.

J'espère que vous viendrez encore passer des petits moments en poussant la porte du Kabaret Kulturel. Celle ci reste  toujours ouverte.

L'aventure continue!

(*) La première phrase de ce texte est tirée des paroles de la chanson "La fête" écrite par Maurice Vidalin. 



lundi 23 novembre 2015

La Partie de chasse (Belfond Vintage Saison 3, Volume 14)

4e de couverture: Angleterre, automne 1913. La grande partie de chasse traditionnelle bat son plein sur les terres de sir Randolph, pour le plus grand plaisir de ses invités. Mais, cette fois, flirts, rivalités et trahisons vont avoir raison de l'étiquette et provoquer ce que tout bon aristocrate se doit d'éviter à tout prix : un scandale.

Grand classique de la littérature anglaise du xxe siècle, La Partie de chasse dépeint avec une délicieuse cruauté les derniers jours d'une aristocratie dépassée, sourde aux premiers échos de la Grande Guerre, accrochée avec la force du désespoir aux vestiges de sa splendeur d'antan.


Un lecteur doit trouver le bon moment pour lire un livre. 
En effet, il se peut qu'il y ait quelquefois des rendez vous manqué. C'est ce qui m'est arrivé avec "La Partie de chasse" d'Isabel Colegate lors de ma première rencontre avec ce roman.  
J'avais voulu lire ce livre en avril 2015 (j'avais même lu une cinquantaine de pages), quand je me suis aperçu que ce n'était pas le bon moment. En effet, ce roman parle de chasse et se passe en automne. J'ai alors refermé le livre en me promettant de le ressortir à la période automnale. 

C'est donc en ce mois de novembre que j'ai repris le livre (en le recommençant depuis le début) en espérant cette fois ci ne pas l'abandonner (car cela voudrait dire que ce livre ne voulait pas de moi). 
Encore une fois, mon instinct de lecteur ne m'a pas trompé. Je suis entré dans le livre à pas feutré, découvrant un monde aristocratique des plus cruel et charmant à la fois, pour ne pas le lâcher avant d'arriver à la dernière page. 
C'est qu'Isabel Colegate sait y faire pour accrocher son lecteur. Dès la première phrase du livre, elle annonce qu'un drame va se produire. (Celui ci n'arrivera quasiment qu'à la fin du roman) Le lecteur est alors happé et veut savoir ce qui va arriver. J'ai même été jusqu'à extrapoler pour savoir ce qui allait déclencher l'inévitable, cherchant à savoir qu'elle serait l'éventuelle victime. Pourtant, ce n'est pas un roman policier. C'est juste moi qui cherchait à savoir. 

Cependant, malgré cette phrase d'accroche, ce livre n'est pas bourré d'action. Bien au contraire. Il prend son temps pour nous présenter les nombreux personnages (je me suis même un peu perdu dans tous ces noms, au début; cherchant à savoir qui était  qui, et qui faisait quoi) et se focalise plus sur les pensées et états d'âme des personnages que sur les actions en elle même. 
En fait, ce roman se déroule sur une seule journée: celle de la partie de chasse. (Bon, il y a aussi la préparation de celle ci la veille, qui permet justement au lecteur de faire connaissance avec tous les protagonistes). 
C'est dans un monde désuet où nous emmène Isabel Colegate, un monde aristocratique, qui, au début du XXe siècle, et le conflit qui se prépare (la Première guerre mondiale) voit son monde s'écrouler. On sent qu'ils vivent dans un autre monde et qu'ils ne sont pas préparé à ce qui va se dérouler. 

C'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose mais ce n'est pas là l'essentiel: je me suis laissé bercé par la plume de l'auteur et j'ai suivi cette partie de chasse avec plaisir et intérêt (moi qui n'aime pourtant pas ce "sport"). Isabel Colegate ne dresse pas un portrait très joli des aristocrates, mais elle ne les juge pas. Elle nous les montre tels qu'ils sont. Elle n'oublie pas pour autant les domestiques, même si elle ne leur donne pas une part très importante (à mon grand regret car ils ont fait partie de mes personnages préférés, comme Ellen, par exemple). Celui qui restera mon personnage préféré est Osbert, 10 ans,  le petit fils de Sir Randolph, qui, le matin de la chasse, voit sa cane s'envoler et qui fera tout pour la retrouver, aidé d'Ellen, avant que les chasseurs ne l'abatte par mégarde. 

C'est un roman anglais dans la pure tradition qui m'a charmé et qui m'a rappelé l'univers de "Downton Abbey", mais aussi "Gosford Park" (pour ce que j'en ai vu, car je n'ai pas encore regardé le film dans son intégralité. Ce livre m'a d'ailleurs donné envie de le (re)voir). Ce n'est donc pas un hasard que Julian Fellowes (créateur de "Downton et scénariste de "Gosford",   signe la préface de ce roman. 
Préface que j'ai lu à la fin de ma lecture du livre (car j'ai toujours peur de me faire spoiler l'intrigue. Je lis donc toujours les préfaces après avoir lu le livre). Justement, c'est en lisant cette préface que j'ai compris que j'avais lu un très grand roman (moi qui ne pensait lire qu'un petit roman anglais un peu désuet) et que je n'avais pas totalement compris toute sa portée. (Pourtant, c'est le propre des romans de la collection "Belfond [Vintage]": faire découvrir des romans qui ont compté et marqué leur époque) Il sera bon que je le relise un de ces jours.
Ce que j'aime également dans les romans de la collection "Belfond Vintage" ce sont les bonus (les préfaces ou les postfaces) écrit par de grands auteurs (Annie Proulx pour "Le pouvoir du chien" de Thomas Savage; Eric Emmanuel Schmitt pour "Après minuit" d'Ingmar Keun, Julian Fellowes pour cette "Partie de chasse"...) qui donnent un éclairage intéressant sur le roman. Ce qui fait la richesse de cette collection. 

Au final, un roman anglais au charme que l"on croit désuet mais qui nous donne à voir un monde qui se délite pour progressivement disparaître. C'est même un constat un peu amer qui se présente à nous à la fin du roman: l'aristocratie va rester ancré dans le XIXe siècle et quasiment ne pas survivre à la 1ère guerre. D'ailleurs, les années vingt allait sonner le glas de ce monde là. C'est pour ça que Sir Randolph condamnait avec obstination cette période (les années 20) de l'histoire. (P. 318)

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond  pour cette charmante découverte. 

Isabel Colegate: La Partie de chasse (The Shooting Party) (traduit par Elizabeth Janvier), Belfond (Collection Belfond [Vintage]), 318 pages, 1987 (pour la traduction française), 2015 (pour la présente édition)



dimanche 22 novembre 2015

Slow Qui Tue #253: Si fragile

Le slow qui tue de la semaine sent que parfois son âme est fragile.

Jessica: Si fragile


Bonne écoute!


jeudi 19 novembre 2015

Un notaire peu ordinaire

4e de couverture: Madame Rebernak ne veut pas recevoir son cousin Freddy à sa sortie de prison. Elle craint qu'il ne s'en prenne à sa fille Clémence. C'est pourquoi elle décide d'en parler à Maître Montussaint, le notaire qui lui a déjà rendu bien des services.

Yves Ravey était un auteur totalement inconnu pour moi, avant d'apprendre qu'une rencontre avec lui était prévu en ce mois de novembre, à la Librairie Gibert de ma ville (la rencontre à lieu vendredi de cette semaine). 
Curieux, j'ai décidé de lire un de ses livres (acheté la semaine dernière) avant la rencontre pour me faire une idée. 

Je peux dire que j'ai été agréablement surpris par ce court roman, qui a des airs de huis clos, alors qu'il n'en est pas un puisque l'on se ballade de lieu en lieu au fil de l'intrigue, dans une maison neuve, dans des bars ou au bord d'un étang. Si l'on a cette impression de huis clos, c'est que l'auteur nous immerge dans une angoisse latente qui devient oppressante au fil des pages. 

En peu de pages, Yves Ravey réussit à construire une intrigue bien menée, qui va à l'essentiel, fait de phrases courtes et ciselées qui donnent un rythme haletant au roman. C'est une intrigue resserrée, presque au cordeau qui nous emmène loin dans la peur et la perversité des êtres, mais surtout qui nous plonge dans une suspicion à laquelle on ne peut échapper, à l'instar de l'héroïne, Mme Rebernak, à l'égard de son cousin Freddy, tout frais sorti de prison après y avoir purgé sa peine pour le viol d'une petite fille. Mme Rebernak, qui a un fils (le narrateur) mais également une fille, adolescente, se fait beaucoup de soucis, en voyant débarqué ce cousin, dont elle se méfie. 


La force du livre, c'est qu'il ne manque aucun élément de compréhension: tous les tenants et les aboutissants nous sont donnés...ce qui n'empêche pas les surprises et les rebondissements installés dans les dernières pages, jusqu'au point d'orgue final qui nous laisse scotchés. 

Je dois dire que j'ai lu ce livre deux fois (en même temps, il se lit très vite. Il m'a fallu 1h30 pour le lire) : je l'ai lu une première fois mardi soir, mais, la fatigue étant là, je n'étais pas totalement concentré sur ma lecture. J'ai donc décidé de le relire mercredi matin, en ayant l'esprit plus clair.Lors de ma relecture,  j'ai remarqué certains détails qui m'avait échappé hier soir, mais le plaisir de lecture était toujours là...ce qui démontre un intérêt certain pour ce roman. 

Au final, un court roman aux allures policier, très bien construit,  dans une intrigue au cordeau, avec des dialogues ciselés, qui vous happe dès les premières pages pour ne plus vous lâcher, et qui vous laisse pantelant. Un petit roman, digne des romans de Simenon (en tout cas, j'ai eu l'impression d'y retrouver l'esprit de Simenon) dans le sens ou l'auteur nous décrit  la vie d'une petite bourgade de province, ou petites gens et notables se côtoient et où un drame s'est produit jadis. Une belle découverte, qui me donne encore plus envie de rencontrer l'auteur pour en savoir plus sur son oeuvre. 

Yves Ravey: Un notaire peu ordinaire, Editions de Minuit (Collection "double"), 109 pages, 2013/2014


mercredi 18 novembre 2015

La Discothèque du 20e siècle #141

En 1952, André Claveau sent le printemps chanter en lui pour une certaine Dominique.

André Claveau: Domino (1952)



Né en 1915, Claveau n'est pas exactement un débutant lorsque la France fredonne ce titre en 1950: avant-guerre déjà, il s'était imposé comme une sorte de crooner à la française, dans la lignée d'un Jean Sablon. Grâce à sa douce voix de baryton et des couplets d'un charme très consensuel, il se maintient au sommet, au début des années 50, avec notamment Cerisier rose et pommier blanc. En 1958, toujours aussi populaire, Claveau est le lauréat du Grand Prix de l'Eurovision avec le tendre et romantique Dors mon amour. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1950/1954" Polygram Direct)

Bonne écoute!

mardi 17 novembre 2015

Coup de Coeur des Libraires #3: BlasMusikPop

4e de couverture: Au commencement était le ver.
Johannes se destinait à autre chose qu'à cette vie fruste dans le village de ses ancêtres. Son grand-père, Johannes premier du nom, avait lui-même quitté Saint-Peter-sur-Anger pour aller étudier en ville – et observer le développement des vers solitaires ! –, avant de revenir et de s'établir comme médecin. C'est ce dernier qui a communiqué à son petit-fils son goût du savoir et sa passion pour Hérodote, qui font de lui aussi un original dans ce microcosme alpin où se cultiver est considéré comme hautement suspect. ..

(J'ai coupé volontairement le résumé de 4e de couverture car celui ci résumait tout le livre).

Premier roman d'une jeune auteure autrichienne, BlasMusikPop m'a été conseillé par Florence de l'Espace Culturel Leclerc de ma ville . Elle trouvait que l'histoire de cette communauté habitant dans un coin perdu était pleine d'humour, de chaleur humaine, de bagarre et de foot et qu'en plus, il était fourni avec un fond de patois (ce qui m'intriguait et me faisait peur en même temps). 

Ce premier roman est en effet très original, de par sa façon d'être raconté et le choix de créer des dialogues en patois rend le livre, encore plus étrange (Dialogues très bien retranscrits par Corrina Gepner, la traductrice). Car oui, BlasMusikPop est complètement barré: Il sort de l'ordinaire et est peu commun. Ce qui est déjà un bon point pour se lancer dans sa lecture, surtout pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus. 

Certes, je me suis senti perdu au départ, mais j'ai été fort bien accueilli dans cette communauté pas comme les autres, où j'ai suivi les deux Johannes, qui vont être les moutons noirs du village car tout deux sont très cultivés et parlent un allemand correct. (Ils ont fait des études à la ville) (Enfin, pour Docteur Papi (Johannes Ier), celui ci  a appris a parler correctement en partant étudier les sciences (et plus particulièrement les vers, depuis qu'un ver solitaire à élu domicile dans son intestin)). Johannes 2e du nom parle un allemand correct depuis tout petit puisque son grand-père décide de l'instruire, afin qu'il découvre le monde...sauf que tout ne se passera pas comme prévu. 

Dans l'ensemble, j'ai aimé le roman, passant de bons moment avec les habitants de Saint Peter et comprenant le désarroi du jeune Johannes (qui, en définitive montre le chemin et la vie à Saint Peter au lecteur). 
Mais, j'ai trouvé que le roman avait quelques longueurs, surtout en son milieu, qui ralentit le rythme. Je trouve que l'auteur, voulant probablement mettre sur un pied d'égalité les deux Johannes, passe trop de temps à nous conter les aventures du grand-père. Je pense que si l'auteur avait raccourci certains  passages, cela aurait été plus rythmé. Mais bon, c'est un problème que rencontre beaucoup d'auteurs avec leur premier roman: ils ne savent pas couper et aller à l'essentiel. 
En revanche, j'ai aimé retrouver entre chaque chapitre, des extraits des Carnets de Johannes A. Irrwein, qui nous raconte l'histoire des barbares des montagnes (alias les habitants de Saint Peter). Ils offrent une respiration bienvenue entre chaque chapitre et surtout nous en apprend plus sur cs habitants attachants. Je vous assure qu'on les comprend mieux en arrivant à la fin du livre et qu'on a un peu de mal à les quitter. 

Malgré ce petit bémol sur la longueur de certaines parties, , c'est un roman frais, complètement original, avec une communauté attachante, qui nous montre surtout, qu'il ne faut pas se fier aux apparence et qu'il faut aller au delà. Un roman à découvrir pour tout ceux qui ont gardé un grain de folie dans un coin de leur tête. 
Le roman n'est pas parfait mais, en tout cas, c'est l'un des romans les plus originaux de ces derniers mois. 

Merci à Florence de l'Espace Culturel Leclerc de Poitiers, pour cette découverte des plus originales. 


Vea Kaiser: BlasMusikPop (Blasmusikpop), Presses de la Cité, 522 pages, 2015


dimanche 15 novembre 2015

Slow Qui Tue #252: Lover why

Le slow qui tue de la semaine se demande pourquoi être amoureux.

Century: Lover why


Bonne écoute!


mercredi 11 novembre 2015

Le Révolté

4e de couverture: Émile, le fils du vigneron, et Mlle de Montsegnac, la fille des châtelains, se rencontrent à un bal et tombent amoureux l’un de l’autre. Mais, au début du XXe siècle, on a beau être en république, les castes règnent dans les provinces. Cet amour contrarié et une brimade grossière poussent Émile à la révolte. Ainsi, par provocation, il éconduit Mathilde, une nouvelle prétendante, qui le poursuivra de sa rancune toute sa vie. Puis il épouse Berthe, une femme qu’il méprise. Pour fuir cet enfer quotidien qu’est devenue sa vie, il se jette sans hésiter dans la boue et le cloaque des tranchées de 1914-1918. Il en revient blessé et militant communiste. De son côté, Mathilde a épousé un bon bourgeois et devient l’égérie de la droite fascisante locale. Au fil du temps, la haine qu’elle voue à Émile les entraîne tous deux dans une lutte sournoise et brutale, dans laquelle tous les coups sont permis, et qui trouvera son dénouement tragique à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Ce dernier assaut aura-t-il définitivement raison de Mathilde ou bien fera-t-il enfin plier Émile le révolté, qui a passé sa vie à combattre ? À moins que, d’une guerre, nul ne ressorte jamais vainqueur.



Ce roman de Shakin Nir est un bon moyen pour commémorer le 11 novembre. 
En effet, il fait la part belle à ces hommes qui ont combattu pour la France et ce sont surtout révolté contre les envahisseurs de toutes sortes. 

J'ai été de suite happé par ce court roman. Dès les premières pages, le lecteur est intrigué. Comment Emile s'est retrouvé emprisonné? C'est alors, grâce à des flashbacks que l'histoire de ce révolté est révélée. Car, c'est bien Emile, le révolté du titre. Ce jeune homme, amoureux d'une chatelaine, lui le fils du vigneron. Devant le refus des parents de se marier avec Mlle de Montsegnac, il va se révolter et faire les mauvais choix: éconduire Mathilde, qui lui mènera la vie dure en voulant se venger, et épouser, Berthe, une femme sans personnalité, qu'il n'aime pas. 

Avec un style percutant, direct,parsemé de quelques moments de poésie, Shakin Nir survole 30 ans de la vie d'Emile, de la première guerre mondiale, dans laquelle Emile va se plonger corps et âme afin d'échapper à sa vie morne d'homme marié, en passant par l'après guerre, où son engagement communiste lui jouera de vilain tour, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. 
Alors, c'est vrai, ces trois périodes sont anecdotiques dans le livre (la première guerre mondiale est vite survolée, en quelques pages), mais, bizarrement cela ne m'a pas trop dérangé, dans le sens où ces petites histoires donnent le rythme du roman. En effet, l'auteur va à l'essentiel et ne s'embarrasse pas de rebondissements qui pourraient alourdir le roman. 

Shakin Nir montre seulement l'engagement d'Emile, sa révolte, dans des petits pans de son histoire (son passage militaire où il se mettra un lieutenant à dos parce que celui ci n'a pas respecté sa parole; son engagement mis en péril par la bêtise de son fils, qui s'est endetté à cause d'une femme, son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale).  L'auteur nous raconte également l'Algérie française, par le personnage de Manon, la fille d'Emile, marié à un fonctionnaire qui est envoyé dans cette colonie française. J'ai trouvé tout cela passionnant: cette première moitié du 20e siècle est bien décrite par Shakin Nir dans un récit vif, qui ne m'a pas lassé et que j'ai lu avec plaisir. 

Au final, une belle découverte, que ce petit roman, qui dresse le portrait d'un homme, pour qui la révolte est son cheval de bataille, et qui va vivre au rythme de ses engagements et de sa passion...tout ça pour une histoire d'amour contrariée. C'est beau, touchant. Un roman qui divertit durant quelques heures, avec un héros attachant, qui se bat pour ses convictions. Un roman et une plume que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions La Bourdonnaye pour cette jolie découverte. 


Shakin Nir: Le Révolté, Editions La Bourdonnaye, 152 pages, 2014





La Discothèque du 20e siècle #140

En 1947, la chanson "Douce France" trouve le chemin des ondes, Charles Trenet ayant écrit cette chanson durant la guerre pour marquer son amour face à ce pays qu'il aime tant et qui a tant souffert.

Charles Trenet: Douce France (1947)




Durant les années de l'Occupation, l'inspiration de Charles Trenet est demeurée au zénith. Plusieurs de ses chefs-d'oeuvre datent même de cette sombre période. Ainsi, Douce France a été créée sur scène en 1941, non sans susciter la méfiance des autorités allemandes qui ont vu en elle l'expression d'un renouveau nationaliste. Enregistrée une première fois par Roland Gerbeau en 1944, Douce France l'a été une seconde fois en 1947 par Charles Trenet en personne. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°7", Universal Collections)

Bonne écoute!

mardi 10 novembre 2015

Les Funambules prennent leur envol avec la sortie de leur premier album

Ce magnifique projet Les Funambules que je soutiens depuis presque  deux ans voit (enfin) sa concrétisation, avec la sortie du double album:


Ce superbe album (que j'écoute en boucle depuis deux jours) est disponible depuis le 6 novembre 2015.

Ce double album est tel que je l'imaginais, et tellement au delà. Il est tellement varié. Il nous fait passer par plusieurs émotions: de la tendresse, du rire, aux larmes, à l'espoir.
35 chansons qui nous parlent d'amour (homosexuelles off course, mais pas que...) et simplement d'amour.

Il y a des chansons, mais aussi des textes dit d'une voix profonde, puissante, ou tendre sur des superbes musiques de Stéphane Corbin. Une voix multiple qui parle d'amour.

Plus de 200 artistes bénévoles réunis pour parler d'amour.

Allez, quelques clips pour vous convaincre de vous laisser tenter par cet album.


Au Début  interprété par (de gauche à droite) (Magali Bonfils; Cécilia Cara; Gaétan Borg; Stéphane Corbin; Dan Menasche; Rachel Pignot)



J'ai rien demandé  interprétée par Elisabeth Ventura



Fille a pédés  interprétées par  Sonia Alvarez; Fanny Aubin; %agami Bonfils; Nelly Célérine; Lola Cès; Clotilde Daniault, Malaurie Duffaud, Camille Favre Bulle; Cindy Féroc; Nitya Fierens; Cloé Horry; Anna Jouan; Nolwenn Knecht, Marion Lépine; Gaëlle Pinheiro, Hermine Place



Rentrer chez moi  interprétée par Stéphane Corbin , Jeremy Chapron et Les Funambules


Pour vous procurer ce beau "documentaire musical" ,  premier album de chansons originales contre l'homophobie, rien de plus simple:

il est en téléchargement sur les plateformes iTunes, Google Play et d'autres.

Si vous êtes plus traditionnel ou tout simplement si vous préférez les CDs, vous pouvez commander le disque physique sur le site  Les Funambules (ou lors de leurs concerts au Sunside à Paris, qui auront lieu le Dimanche 22 novembre 2015, le dimanche 6 décembre et le dimanche 20 décembre 2015 à 20h (plus d'info sur le site Les Funambules)

Une dernière info et pas des moindres:  Tous les bénéfices de l'album seront reversés à des associations  de lutte contre l'homophobie, telle que "Le Refuge". 

En tout cas, pour moi c'est Noël avant l'heure. Tiens, d'ailleurs, ça me fait penser: l'album "Les Funambules" est une belle idée cadeau. Songez y. Un superbe album sous le sapin, ça fait toujours plaisir.

Les Funambules: Le premier album de chansons originales contre l'homophobie. 
Plus de 200 artistes bénévoles réunis pour parler d'amour. 

Longue vie aux Funambules!

dimanche 8 novembre 2015

Slow Qui Tue #251: Ce que tu m'as fait

Le slow qui tue de la semaine  ne peut oublier une trahison.

Sofia Mestari: Ce que tu m'as fait


Bonne écoute!



vendredi 6 novembre 2015

Fortune de France

4e de couverture: De la mort de François Ier en 1547 à l’édit de Nantes en 1599, la France s’enlise dans l’épreuve des guerres de Religion. C’est dans ce pays dévasté, en proie à la misère, au brigandage, à la peste, à la haine, que grandit le jeune Pierre de Siorac, rejeton d’une noble famille périgourdine et huguenote, héros et narrateur du roman.
C’est toute une époque qui revit à travers l’histoire des Siorac, avec ses paysans, ses princes, ses hommes d’épée ou d’Église, ses truculences et ses cruautés ; sa langue, aussi, savoureuse, colorée, merveilleusement restituée au lecteur d’aujourd’hui.
Époque où peu à peu va naître une exigence de tolérance et de paix, en écho au cri d’indignation et d’espoir de Michel de l’Hospital : « Ne verra-t-on la Fortune de France relevée ? »

Fortune de France de Robert Merle est l'un des romans historiques les plus célèbres de la littérature française. 
Robert Merle imaginait il, à ce moment là que ce premier livre deviendrait une saga romanesque, dont il poursuivra l'écriture tout au long de sa vie (le dernier tome paraissant un an avant la mort de l'auteur)? Probablement pas, mais ce fut pourtant le cas. 

Ce premier tome de Fortune de France traînait dans ma PAL depuis des années. En fait, il n'était pas à moi, mais à mes parents, qui me l'ont donné, car j'aimais l'édition de ce volume. En effet, je possédais un exemplaire de "Fortune de France", en belle édition brochée, avec des photos à l'intérieur. 
Cependant, il m'est arrivé une petite histoire avec ce livre: en le déposant dans ma Book Jar de cette année, je ne pensais pas que j'allais être forcé de le retrouver en format poche. Car, quelle n'a pas été ma déconvenue, en le feuilletant de découvrir que je ne possédais, en fait, que la moitié du premier tome. (Et, après vérification dans une librairie, c'était bien le cas: l'édition que je possédais n'était que le premier volume du 1er tome). Ne voulant pas lire un livre à moitié, j'ai ainsi acheté le premier tome, en format poche (heureusement d'occasion). C'est ainsi que j'ai alterné les deux éditions que je possédais, (car bien évidemment, j'ai gardé ma première édition qui fait très joli dans ma bibliothèque  (jugez plutôt)
Ma belle édition de "Fortune de France"
Maintenant, passons à ce que j'ai pensé de ce premier tome. 
J'aime lire de temps en temps des romans historiques (l'histoire était une de mes matières préférées à l'école) car ils nous racontent le passé de manière vivante et passionnante. 
Ce Fortune de France ne déroge pas à la règle: j'ai été passionné par l'histoire de cette famille périgourdine (Les de Siorac). Plus d'ailleurs que par les intrigues de cour, de Catherine de Médicis à Henri II, en passant par Charles IX et le futur Henri IV, que l'auteur nous rapporte dans certains paragraphes. Non, l'histoire des De Siorac est beaucoup plus passionnante car elle nous raconte la vie intime des petites gens et des gens de petite noblesse. 
L'auteur va nous raconter l'histoire de la famille de Siorac, à Sarlat, en commençant par Jean, le père de Pierre, le narrateur de "Fortune de France", qui va se focaliser sur l'arrivée des deux Jean (De Siorac et Sauveterre) à Sarlat pour y acheter un château et s'y établir, après avoir été capitaine dans l'armée française, pour ensuite nous raconter l'enfance de Pierre, l'un des fils de Jean de Siorac. 

On est emporté par le tourbillon de cette histoire personnelle, mais j'ai pris mon temps pour le lire...tout bonnement car le livre n'est pas si facile d'accès. En effet, l'auteur a choisit d'écrire son livre dans la langue usité au XVIe siècle, que ce soit dans sa narration ou ses dialogues. Un pari risqué puisque le lecteur peut se sentir perdu et ne pas adhérer. Pour tout vous dire, j'ai eu quelques peines au début, et ce malgré le lexique qui se trouve en fin de volume à me familiariser avec la langue et les expressions utilisées. Puis, progressivement, on entre dans cette langue "inconnue" qui rend le récit tellement vivant. C'était un pur bonheur que de retrouver cette langue là chaque soir. Certes, on prend plus le temps de lire, les pages se tournent moins vite mais ce n'est qu'un petit détail. 

L'autre plus de ce roman est le choix de la religion des héros de Fortune de France: ils sont huguenots (c'est à dire protestants): en plein siècle où ces deux religions (catholique et protestante) vont se déchirer jusqu'au point d'orgue de la Saint Barthélémy (qui sera probablement conté dans les tomes suivants), il est intéressant de découvrir plus avant cette religion là. D'ailleurs, j'en ai appris plus de ce point de vue là. Apprendre en se divertissant, je trouve toujours cela très bon. 

Au final, un roman, que j'avais laissé traîner dans ma PAL, par peur de ne pas aimer, et qui fut une belle surprise. Une saga historique passionnante, pour son côté fictionnel (les de Siorac sont très attachants et leur histoire m'a fait tourner les pages très rapidement), la partie historique, bien que très intéressante, est quand même difficile à aborder de par ses personnages nombreux et ses intrigues complexes que je n'ai pas toutes assimilées.Malgré cela,  j'ai envie de lire la suite. (Et là, je suis un peu embêté car je suis embarqué pour une saga au long cours qui compte 13 tomes!).
Fortune de France, une saga historique qui est entrée dans l'Histoire (de la littérature française). 

Robert Merle: Fortune de France, Le Livre de Poche, 444 pages, 1992

 

mercredi 4 novembre 2015

Douce France (qui résiste encore)

4e de couverture: Le 22 mars 1997, à l'âge de 49 ans, elle donnait son dernier concert. Pourtant, sa voix continue d'inonder les ondes. France Gall reste une référence de la pop française, elle qui a révélé les deux auteurs-compositeurs les plus imaginatifs de notre temps. En 1964, alors que Serge Gainsbourg s'apprête à quitter le métier par manque de succès, elle entame avec lui une fructueuse collaboration dont les morceaux Poupée de cire, poupée de son, Baby Pop et Les Sucettes forment l'incontournable triptyque. Dix ans plus tard, elle repère le talent novateur de Michel Berger qu'elle propulse dans la lumière, en interprétant ses tubes de sa voix unique, rythmique et cristalline : Il jouait du piano debout, Résiste, Ella, elle l'a... 
Bien avant Michel Berger, la vie privée de la chanteuse a enlacé sa vie professionnelle. En témoignent ses amours passionnelles avec Claude François et Julien Clerc à qui elle inspira respectivement Comme d'habitude et Souffrir par toi n'est pas souffrir... 
De Sacré Charlemagne au Concours de l'Eurovision 1965, de Starmania, qui fit connaître Daniel Balavoine, à ses démêlés avec Véronique Sanson, cette biographie de l'artiste, riche en révélations et témoignages inédits, dessine le visage d'une muse qui sublima le talent des autres. Une femme-enfant qui usa de son charme irrésistible pour arriver à ses fins et dirigea sa carrière sans jamais faiblir, malgré les cruelles épreuves de son existence.


C'est ce mercredi 4 novembre 2015 que débute la comédie musicale « Résiste », créée par France Gall et Bruck Dawit, spectacle construit autour du répertoire de France Gall et Michel Berger.

Les Editions du Moment , qui comme son nom l'indique, publient souvent des livres en rapport avec l'actualité « du moment » vient de sortir un livre d'Alain Wodrascka, consacrée au parcours de France Gall, l'une des plus grandes chanteuses que le monde musical français ait connu.
Un livre sur France Gall, je ne pouvais pas passer à côté, moi qui ai grandit avec ses chansons et dont je chante régulièrement les chansons de son répertoire bergerien (pas plus tard qu'il y a quinze jours, j'interprétais « Résiste » lors d'une scène ouverte, et je sais qu'il y aura toujours une place pour les chansons de France et Michel dans ma vie). En un mot, vous l'aurez compris, je suis un admirateur de ce couple mythique de la chanson française.

Alors même si je connais une partie du parcours de France Gall, de par les différentes émissions qui lui ont été consacrée (comme ce « France Gall par France Gall » diffusée sur France 3 en 2001, qui m'a énormément ému), j'étais tout de même curieux d'en découvrir plus.
Après lecture, je peux dire que je n'ai pas été déçu par cette biographie. Elle m'a captivée comme un roman (je ne sais pas si c'est la marque de fabrique des Editions du Moment, ou si c'est parce que le sujet me passionne, mais j'avais eu la même sensation avec le livre sur Jackie Kennedy de Maud Guillaumin).
La vie artistique de France (même si l'auteur s'immisce parfois dans des anecdotes privées de l'artiste, c'est indéniablement sa vie artistique qui est mis en avant. Bien sûr, la vie privée est évoquée, mais comment faire autrement quand ces deux vies se mêlent, de part les amours de la belle France) peut être scindée en deux temps : celle des sixties, où l'on découvre cette jeune fille que l'on pousse dans la jungle du showbizz, un monde infernal où elle se laissera guider, jusqu'à parfois se brûler. Cette partie là fut ma préférée et aussi la plus intéressante car finalement inédite pour moi.Le 2e temps est sa période Berger, qui, parce que ces deux là me fascinent, m'est plus familière, donc moins d'anecdotes inédites , même s'il y en a.

C'est un livre plein de tendresse, mais qui ne fait pas dans la complaisance ou dans l'adoration suprême. Il montre le visage, parfois double de France (entre force et fragilité), mais surtout il décrit une femme volontaire, forte (plus qu'on le croit) et qui, même si elle s'est perdu dans sa première carrière, a toujours su mener sa barque. La « femme enfant » avait un tempérament fort et bien sur terre. J'ai été surpris d'apprendre que dès sa période sixties, France avait le swing en elle et savait jazzer. (pour exemple, dans les sixties, les 45 tours étaient composés de 4 titres. Pour ceux de France, la maison de disque lui laissait le « chant » libre pour choisir le 4e titre et son choix se portait sur une chanson (souvent composée par Alain Goraguer) aux consonances jazzy et qui sont souvent plus intéressantes que les premiers titres du 45 tours, parfois insipides). 



En fait, on apprend dans ce livre que l'un des soucis de France Gall dans les sixties est de ne pas avoir une identité et un parcours reconnaissables et souvent son style musical allait dans tous les sens passant des chansons de Gainsbourg (Poupée de cire, poupée de son, Laisse tomber les filles...) à des chansons enfantines (Sacré Charlemagne...) et des chansons plus jazzy ou rythmée (Le cœur qui jazze, Y'a du soleil à vendre; Jazz a gogo...) où l'on découvre une chanteuse qui sait swinguer et improviser. Ce mélange des genres a beaucoup nuit à sa carrière sixties.
C'est sa rencontre avec Berger qui va faire d'elle l'une des plus grandes chanteuses, sinon, la chanteuse des années 80.

L'une des surprises du livre a été de découvrir que France était à l'origine de deux des plus belles chansons de la chanson française (dont une qui deviendra l'un des titres les plus repris dans le monde) : « Comme d'habitude » que Claude François a écrit, d'après ses déclarations à lui, pour France après sa rupture avec elle (ils ont vécu une histoire passionnée qui dura cinq ans, et qui montre un portrait négatif de Claude François): sauf que France Gall a déclarée a propos de ce titre: "Claude m'a dit que cette chanson m'était adressée... peut être pour m'émouvoir. Mais je ne vois pas le rapport entre le texte et notre rupture. Parce que le monstre que décrit la chanson, ce n'était pas moi. (p.101) (bon, je connaissais l'histoire de cette chanson), et la 2e chanson est un titre de Julien Clerc, que celui ci a composée (le texte étant d'Etienne Roda Gil, l'un de ses paroliers attitré) après sa rupture avec France : « Souffrir par toi n'est pas souffrir ». (Et là ce fut une grande surprise pour moi, non pas d'apprendre que France et Julien avaient vécu une histoire d'amour, mais que cette chanson avait été écrite « pour elle ». (d'ailleurs, là aussi ce fut une histoire d'amour compliquée, de par la carrière naissante de Julien Clerc et le creux de la vague que connaissait France à ce moment là)

Grâce a des témoignages des proches de France (pas au niveau de l'intime, mais toujours du côté artistique), l'auteur dresse un portrait qui me semble juste de l'artiste : parfois, elle n'est pas montrée sous son meilleur jour, (on l'a dit économe, autoritaire, parfois blessante) mais l'auteur reste toutefois objectif...et puis, c'est aussi au lecteur de se faire sa propre opinion et de ne pas prendre au pied de la lettre tous les témoignages que l'auteur livrent dans le livre.

Je pourrais vous parler des heures de France Gall, tellement c'est une artiste que j'admire, mais il faut savoir terminer et surtout garder des surprises pour ceux qui seraient intéressé par cette biographie, bien écrite, toute en sobriété.

Au final, une biographie passionnante, qui se lit comme un roman et qui brosse un portrait tendre, touchant, sans complaisance parfois mais souvent juste, sur cette grande artiste qu'est France Gall. Une biographie que je conseille, aux fans de France Gall (même si vous connaissez son parcours, c'est agréable de la  retrouver . Par exemple, même si beaucoup de faits sur sa carrière « Berger » ne m'étaient pas inconnus, j'ai pris beaucoup de plaisir à les redécouvrir), mais aussi a ceux qui ont été bercée par la voix magnifique de France et qui voudraient en savoir plus.




Merci aux Editions du Moment  pour ces petits jours que j'ai passé en compagnie de France, la « négresse blonde » au swing envoûtant et qui possède en elle cet indéfinissable charme/cette petite flamme... (extrait d'Ella elle l'a ( Michel Berger) (1987)

Alain Wodrascka : Douce France, Editions du Moment, 312 pages, 2015



La Discothèque du 20e siècle #139

En 1921, Maurice Chevalier prenait la vie du bon côté avec ce précepte: "dans la vie, faut pas s'en faire".

Maurice Chevalier: Dans la vie, faut pas s'en faire (1921)



Dans les années qui ont suivi la Première guerre mondiale, Maurice Chevalier, qui avait eu le soutien de Mistinguett, s'est affirmé comme un génial meneur de revues. Symbole des "rugissantes années 20", il a connu en 1921 un formidable succès avec Dans la vie faut pas s'en faire, qui correspondait idéalement à l'ambiance euphorique du moment. Cette chanson a été écrite par Albert Willemetz, qui avait été le secrétaire de Clemenceau, et composée par Henri Christiné. Tous les deux ont signé un grand nombre d'opérettes, dont Phi-Phi, et une autre chanson emblématique du répertoire de Chevalier- Valentine. (Source: Fascicule L'encyclopédie de la chanson française n°28", Universal Collections)

Bonne écoute!