mercredi 22 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #244

En 1978, le groupe Toto s'offrait un nouveau tube.

Toto: Hold the line (1978)



Après Africa, voici le tube international qui fit connaître en 1978, ces six musiciens parmi les plus réputés de la côte Ouest des Etats Unis, parmi  lesquels les frères Steve et Jeff Porcaro, respectivement claviériste et batteur, le clavériste David Paich , le guitariste virtuose Steve Lukater et le chanteur Bobby "Toto"  Kimball dont le surnom, inspiré d'un personnage du Magicien d'Oz-en l'occurence le chien de Judy Garland!- donna son nom à la formation. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1978", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 19 novembre 2017

Une vie exemplaire

4e de couverture: Jeune cardiologue éminent, père de deux adorables petites filles, le docteur Jeremy Balint est un homme qui a réussi sa vie. D’autres que lui, apprenant que leur femme dévouée les trompe depuis des années avec un collègue, se laisseraient emporter par la rage.
Pas Jeremy Balint.
Jeremy Balint va prendre son temps, car Jeremy Balint est un sociopathe. Avec méthode et patience, il va organiser l’élimination de son rival.
Et ce n’est que le début.
De nombreux romans mettent en scène des psychopathes, mais jamais un écrivain n’était parvenu à nous plonger avec autant d’acuité dans les arcanes de leur esprit. Jeremy Balint ne nous cache rien. Ne nous épargne rien. Il ne voit tout simplement pas le mal comme nous.


Les tueurs en série fascinent depuis plusieurs décennies maintenant (de Jack L'éventreur, à Landru, en passant par Manson). 
Ils ont souvent été aussi des personnages principaux dans des romans ,films ou série (d'Hannibal Lecter, en passant par Dexter ou le Zodiac). 

Une vie exemplaire fait partie de cette catégorie là. Jacob M. Appel s'est mis dans la tête de son héros, Jérémy Balint, un médecin bien sous tous rapports, qui décide de tuer pour cacher son véritable dessein: supprimer l'amant de sa femme, en faisant passer cela pour l'acte d'un serial killer. Il devient alors l'Etrangleur à l'Emeraude et le lecteur va le suivre dans sa quête morbide, sans pouvoir rien y faire. 

Alors, l'idée est louable et aurait pu être captivante: à l'image de Dexter ou de Patrick Bateman (le "héros" d'American Psycho), suivre Jérémy Balint dans sa folie meurtrière aurait pu être fascinante. Sauf que pas du tout. Je n'ai pas été embarqué plus que ça dans ce roman, qui se lit bien et que j'ai eu tout de même envie de lire jusqu'au bout pour voir comment ce parcours allait se terminer, mais, je sais pas, il m'a manqué quelque chose pour totalement y adhérer. 

En fait, je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages: que ce soit Amanda, sa femme, Warren Sugarman, le collègue de Jérémy et accessoirement l"amant de sa femme, Amanda ou bien Jérémy, je n'ai rien ressenti. 
En fait, il manque le côté psychologique du personnage principal: sa pulsion meurtrière se réveille au moment où il apprend que sa femme Amanda, le trompe avec Sugarman. Il décide alors de le supprimer, mais pour éviter de se faire prendre, il met au point son plan machiavélique: supprimer des inconnus afin que les flics se lance sur la piste d'un tueur en série: "l'Etrangleur à L'Emeraude" (du fait qu'il attache un ruban vert sur ces victimes) pour ensuite supprimer son rival en orientant les soupçons sur le tueur en série (tueur en série qui n'est autre que lui. Je ne dévoile rien: on le sait puisque on suit Jérémy Balint dans sa folie). 
Sauf que je n'ai pas compris comment ses pulsions de meurtre sont arrivées: alors peut être que l'auteur a voulu démontrer que chacun était capable de tuer sur une pulsion et devenir un meurtrier en puissance, mais souvent ces choses là sont expliqué par le passé du futur tueur: comme pour Dexter, où l'on apprend qu'il tuait des animaux depuis tout jeune et que, son père, s'en rendant compte à fait en sorte qu'il contrôle ses pulsions meurtrières. Et c'est ainsi que Dexter élimine toujours des salauds ou des meurtriers qui n'ont pas été condamnés par la justice). Là, Jérémy tue pour tuer. Point. En tout cas, je l'ai ressenti comme cela. 

En plus, j'ai trouvé le personnage antipathique, imbu de lui même et arrogant. Rien pour me le rendre sympathique. 
De plus, le petit twist final me laisse carrément de marbre: cette fin ouverte ne me frustre pas du tout. Comme si je ne m'intéressais pas au devenir de ce personnage antipathique. 

Au final, un roman qui m'a laissé de marbre: il se lit rapidement, il est vrai, mais je n'ai rien ressenti durant ma lecture: ni empathie, ni fascination et ni frustration devant la fin. J'en ressors passablement déçu. 

Merci aux  Editions La Martinière pour cette découverte...qui a fait pschitt, en ce qui me concerne. 

Jacob M.Appel: Une vie exemplaire (The Mask of Sanity), Editions La Martinière, 286 pages, 2017


Slow Qui Tue #339: Mrs Jones

Le slow qui tue de la semaine adresse un mot à une certaine Mrs Jones.

Hélène Ségara: Mrs Jones



Bonne écoute!


vendredi 17 novembre 2017

Pure laine pur coton

4e de couverture: Une aventure colorée et trépidante de deux frères de nationalité française, arrivés au Québec à la fin de la décennie 1920. Ils y prendront racine, y trouveront épouses et y passeront leur vie. Une vie pleine de soubresauts intéressants et inattendus, qui apporteront le succès au premier et mériteront la pendaison au second. 

Pure Laine Pur Coton fait partie de ces grandes sagas qui vous racontent la vie de leurs personnages, et le pays où ils habitent, sur plusieurs générations. 
C'est généralement le genre de saga que j'aime lire et encore plus à cette période de l'année. Déjà, l'année dernière, cette saga m'avait fait de l'oeil, depuis ma bibliothèque, mais ce n'est que cette année que j'ai sauté le pas. 
En ouvrant ce livre, j'ai remarqué qu'il avait appartenu à ma grand-mère (cette dernière, prêtant beaucoup ses livres notait son nom sur la 2e de couverture) , qui l'avait donné à ma mère, qui me l'a donné par la suite. J'aime l'idée que les livres se transmettent de génération en génération. 

Comme je vous le disais (avant que je dérive de mon propos,comme souvent), ce genre de sagas m'attire et j'aime les lire. Celle ci n'a pas fait exception. Marthe Gagnon Thibaudeau sait mener son histoire jusqu'au bout, avec ce qu'il faut de rebondissements pour nous tenir en haleine. le petit plus ici, c'est la langue si particulière du québécois qui a chanté à mon oreille, des termes employé là bas, mais que l'auteur prend le soin d'expliquer, ce qui est fort agréable. 
J'ai été embarqué de suite dans cette histoire, qui se compose de trois parties bien distincte. 
La première, qui voit l'arrivée des deux frères Gagnon, Louis-Philippe et Jean-Baptiste, au Québec dans les années 20, en plein automne et qui vont vivre un hiver des plus rude, dans leur petite cabane construite de leurs mains. 
Cette première partie va se concentrer sur la chute de Louis-Philippe, le frère aîné, qui va faire un mauvais mariage et qui va provoquer le drame qui le conduira à la mort par pendaison (la mort de Louis Philippe n'est pas une révélation en soit puisqu'elle arrive très vite, dans les 30 premières pages), mais surtout sur l'ascension de Jean-Baptiste, qui, après le premier hiver, partira sur les Chantiers dans les bois, pour ramener de l'argent. Il va alors progressivement monter les échelons, apprendre l'anglais, qui prend de plus en plus d'importance, et devenir un homme riche. 
En parallèle, on suivra Imelda et Théodore, les parents de Marie-Reine, qui s'occupe de leur ferme familiale à Montréal (qui, dans les années 30, n'est pas encore la ville que nous connaissons). 
Cette partie est âpre et dure, mais elle nous captive par la découverte de ces terres étrangères (on se retrouve un peu comme Jean-Baptiste, qui découvre son nouveau pays). C'est passionnant, captivant, et l'aventure est quasiment à chaque page. 

La 2e partie se passera plusieurs années après le mariage de Jean-Baptiste: ses filles sont grandes et cette partie s'ouvre sur le retour d'Yvonne, l'aînée des filles de Jean-Baptiste, du couvent. L'histoire va alors prendre l'aspect d'une chronique familiale. On rentre dans le quotidien de la famille Gagnon, entre petites querelles, réunions de famille:fini l'aventure, et l'histoire prend alors le temps de s'égrener et de nous parler des partie de chasse, des naissances, des morts, et des petits chamboulements du quotidien. Le rythme devient plus lent, mais pas moins captivant pour autant, et cela est dû au style toujours chantant et charmant de l'auteure. Ce fut une véritable partie de plaisir à lire, car l'auteur n'en oublie pas pour autant de ménager quelques petites aventures et surtout à Yvonne, l'aînée, irascible et froide, qui va tomber amoureuse d'un "pasteur", un certain Mathias. 

Cette histoire d'amour entre Yvonne et Mathias, va être le catalyseur qui annoncera la 3e partie. Une partie riche en révélations (comme toute bonne saga doit en avoir) et qui fera le lien entre les 2 premières parties. C'est captivant jusqu'au bout et je ne me suis pas ennuyé une minute. Et ce, même si les révélations ne sont pas nouvelles dans ce genre d'histoires, elle m'ont quand même surprise. Ce qui veut bien dire que l'auteure à eu le don de me captiver. 

Au final, une saga familiale québécoise qui m'a plu de bout en bout, qui fait la part belle aux sentiments et à l'aventure, sans oublier de nous parler de la vie du Québec des années 20 jusqu'aux années 70-80. j'ai aimé partir à la découverte de la vie de Jean-Baptiste à travers les paysages merveilleux du Québec. 
L'auteure a donné une suite à ce livre, qui s'intitule "Le Mouton noir de la famille". Je ne sais pas encore si je le lirai (il n'est pas en ma possession) car je trouve que ce tome là se suffit à lui-même et à une conclusion qui me convient. 
Une saga québécoise que je vous encourage à découvrir. 

Livre que j'ai lu dans le cadre du challenge "Québec en Novembre" organisé par Karine et Yueyin 


Marthe Gagnon-Thibaudeau: Pure laine, pur coton, Succès du Livre, 524 pages, 1988



mercredi 15 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #243

En 1976, un générique de série allait raviver la nostalgie des happy days des sixties.

Pratt & MacClain: Happy Days (1976)


Pour être complet, il faudrait dire "Truett Pratt et Jerry Mclain avec le groupe Brother Love". Mais ce qui importe après tout, c'est qu'il nous chantent l'irrésistible générique de la série télé "Les jours heureux" avec Henry Winckler dans le rôle de Fonzie ("on se calme!") et le mignon Ron Howard, devenu depuis un réalisateur hollywoodien de tout premier plan (Appolo XIII, [Un homme d'exception]...etc) (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1976", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 12 novembre 2017

La Ville sans juifs (Belfond Vintage Saison 5, Volume 28)

4e de couverture: En 1922, Hugo Bettauer, journaliste, romancier, grand provocateur, imagine une étonnante satire politique. Alors que Vienne traverse une grave crise économique et sociale, les autorités arrivent à une conclusion imparable : pour sortir du marasme, il suffit de faire partir tous les habitants juifs.
Quatre-vingt-quinze ans plus tard, ce qui n'était à l'époque qu'une farce absurde et grinçante apparaît comme une terrifiante prophétie...
Sous-titrée au moment de sa parution « Roman d'après-demain », une véritable curiosité Vintage malheureusement toujours d'actualité.

De l'université à la rue Bellaria, une véritable muraille humaine cernait le splendide et serein bâtiment où siégeait le Parlement. En cette matinée de juin, tout Vienne semblait s'être donné rendez-vous, à dix heures, là où allait se jouer un événement historique d'une portée imprévisible. Bourgeois et ouvriers, dames et femmes du peuple, adolescents et vieillards, jeunes filles, petits enfants, malades dans leurs fauteuils roulants, surgissaient pêle-mêle, criaient, discutaillaient politique et suaient abondamment. À tout moment, un nouvel exalté se mettait à haranguer la foule et sans cesse on entendait retentir le même slogan :
« Dehors les Juifs ! »

Les Editions Belfond continuent de ressortir de l'oubli des romans indispensables. 
3 ans et demi après la republication du roman d'Irmgard Keun: Après Minuit, c'est au tour d'un roman d'Hugo Bettauer de ressortir de la malle aux trésors littéraires, avec un roman traitant de l'antisémitisme. 

Publié en 1922, ce pamphlet contre l'antisémitisme, imaginé comme une farce à l'époque, va se révéler être l'une des plus cruelle prophétie qui soit. 
L'auteur imagine que le Chancelier de la ville de Vienne, le Dr Schwertfeger, va promulguer une loi anti-juifs, qui consiste a mettre les juifs dehors afin que les chrétiens et les bons aryens reprennent l'économie en main. Pour lui, les Juifs sont bien supérieurs et font tourner la ville. En les chassant, il espère redonner du travail aux bons aryens, ainsi l'économie renaîtra.
Ainsi, progressivement, tous les juifs sont envoyés partout dans le monde, en France, en Espagne, en Allemagne, aux Etats Unis, via des trains de plus en plus nombreux, sous les harangues de la foule. La vie à Vienne reprend son cours, l'économie remonte, tout va pour le mieux, mais cela ne dure pas et les habitants de Vienne, en premier lieu les commerçants ,se rendent compte que ce sont les Juifs qui achetaient le plus et au prix for et ils regrettent leurs départs.
Heureusement grâce à un peintre juif, Léo Strakosch,qui, après être parti à Paris, revient à Vienne sous l'identité de Henry Dufresne, un richissime peintre français, va, par amour pour Lotte, faire bouger les choses et changer l'opinion des gens.

Alors, ce n'est pas pour le côté littéraire que ce livre à une importance: le style est simple et n'a pas une grande valeur littéraire, mais la force du livre, c'est son sujet: Hugo Bettauer a démontrer, par le procédé de la farce,ce que serait le monde sans les juifs, sauf qu'ils les montre comme les sauveurs de la ville, puisque ce sont eux qui font tourner l'économie.
Sauf qu'il ne savait pas, en écrivant ce livre, dans les années 20, ce qui allait se passer une décennie plus tard. Au regard de l'Histoire, quand on lit ce livre aujourd'hui, des images deviennent saisissante d'effroi (les trains,qui emmènent les juifs dans les autres villes d'Europe, font cruellement penser aux trains qui emmenaient les juifs à la mort dans les camps de concentration).Ou bien cette phrase terrible qui va faire démentir l'auteur, quelques années plus tard ("Croyez-vous que les Allemands sont aussi crétins que nous et vont flanquer leurs juifs dehors?"), comme le souligne Olivier Guez dans sa préface. (Préface que je vous conseille de lire après la lecture du roman car son auteur dévoile toute l'histoire du livre).
Sous couvert d'une histoire teinté d'humour, avec une histoire d'amour (celle de Léo, peintre juif et Lotte, fille d'un ministre autrichien) et un happy end, ce "roman d'après-demain", comme il fut qualifié en son temps, est un portrait saisissant de l'antisémitisme dans les années 20, mais qui, 95 ans après, fait écho à notre époque.

Au final, un roman, qui malgré un début un peu déconcertant pour moi,ne se lâche pas avant la fin. Un roman indispensable qui nous parle de l'antismétisme. Sauf que l'auteur,assassiné en 1925, par un militant nazi,  ne pouvait pas s'imaginer que sa farce allait rejoindre la plus horrible des réalités près de 20 ans plus tard.

Merci aux Editions Belfond pour cette découverte déconcertante.

Hugo Bettauer: La ville sans juifs, (Die Stadt ohne Juden), Belfond, (Collection Belfond [Vintage],187 pages,  1980 (pour l'édition originale), 1983 (pour la traduction française), 2017 (pour la présente édition)


Slow Qui Tue #338: I want to know what love is

Le slow qui tue de la semaine voudrait savoir ce qu'est l'amour.

Foreigner: I want to know what love is



Bonne écoute!


samedi 11 novembre 2017

Au revoir là-haut

4e de couverture: Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants. 
Abandonnés, condamnés à l'exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l'amertume et au découragement. Défiant la société, l'Etat et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d'envergue nationale, d'une audace inouïe et d'un cynisme absolu. 

En ce jour de commémoration de la première guerre mondiale, j'ai eu envie de lire un roman se passant à cette période dramatique. 
C'est ainsi que j"ai lu, Au revoir, là-haut, l'un des grands romans de Pierre Lemaitre. Mon choix s'est porté sur ce roman pour d'autres raisons: son adaptation ciné est sortie il y a quelques semaines, et la sortie prochaine d'un 2e tome (pour la rentrée de janvier 2018) m'a incité à le sortir de ma PAL.

Quel livre que ce roman. Dès les premières pages, j'ai été happé dans ce champ d'horreur: les premières pages nous embarquent tellement dans l'action qu'on ne peut plus le lâcher. Cela se ressent que l'auteur est un habitué du polar: son style est fluide, sans temps mort, au suspense insoutenable qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle.
Il sait aussi camper des personnages forts, puissants dans leur caractères et leur physionomie. J'ai beaucoup aimé Albert, un jeune homme calme, un peu paumé mais toujours prêt à rendre service (ce qu'il fait pour Eugène est très beau et sans arrière pensée), Eugène est lui un être complexe que j'ai eu du mal à cerné au départ, ne comprenant pas son refus de retrouver visage humain et goût à la vie. Son passé, que l'auteur éclaire au fil de la lecture, explique son geste et c'est ainsi que j'ai pu également l'apprécier et comprendre ses intentions.
Henry d'Aulnay Pradelle est l'archétype même du  salaud, arrogant, arriviste, qui ne pense qu'à sa carrière et aux honneurs, et que j'ai détesté dès sa première apparition. Son mariage avec Madeleine Péricourt, est simplement un mariage qui l'arrange pour faire fortune. L'amour n'ayant pas lieu d'être là dedans.
Les Péricourt pères et fille sont des petite bourgeois qui essayent tant bien que mal de combler le vide laissé par leur fils et frère Edouard, mort à la guerre. J'ai été souvent touché par le destin de ces deux personnages (la peine de M. Péricourt qui n'a pas su aimer son fils parce qu'il était trop différent et qui regrette d'être passé à côté, maintenant qu'il est mort, m'a beaucoup ému.

Tous ces personnages servent une intrigue menée au cordeau et sans temps mort qui va crescendo pour finir en apothéose. On sent que Pierre Lemaitre est un auteur qui vient du  polar: il sait ménager son suspense, ses effets et on se sent happé et pris au piège de cette intrigue menée tambour battant.

J'ai tout simplement adoré l'histoire, les personnages: l'auteur nous parle en plus de l'immédiate après-guerre en se focalisant sur les monuments aux morts érigés en mémoire des soldats morts et disparus (et sur lesquels certaines personnes vont se recueillir aujourd'hui): un point de vue des plus originale pour nous parler de la premières guerre mondiale et de ses conséquences.
Ayant peur de trop en dévoiler (même si c'est un roman contemporain, les intrigues s'apparentent à du polar, ce serait donc sacrilège que de la déflorer et d'ainsi gâcher la lecture), je ne vais pas trop vous en dire. Juste dire que le roman se tient jusqu'à son final qui m'a laissé pantois, car tout se rejoint. L'auteur donne même un point final à tous ces personnages dans un épilogue qui conclut le livre de fort belle manière.
Et justement, en lisant cet épilogue qui nous raconte le destin des personnages importants du livre comme Albert, Pradelle, M. Péricourt, Madeleine et d'autres, on s'aperçoit que l'auteur n'avait pas prévu de suite. Je suis donc encore plus curieux de savoir comment l'auteur va rebondir avec le 2e volet, à paraître à la rentrée de Janvier.

Au final, un roman passionnant, addictif, et bien mené,et qui vous prend aux tripes avec, dès le début une scène choc. Un roman que je vous encourage à lire, si ce n'est pas déjà fait. Pour ma part, j'ai bien envie de voir l'adaptation qu'en a faite Albert Dupontel, au cinéma...et je suis déjà partant et curieux de lire le 2e volet, qui s'intitulera "Couleur de l'incendie" et qui sortira le 3 janvier 2018, aux Editions Albin Michel.

Pierre Lemaitre: Au revoir,là-haut, Le Livre de poche, 620 pages, 2013


mercredi 8 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #242

En 1968, Brigitte Bardot connaissait un autre succès musical grâce à Serge Gainsbourg et à une moto.

Brigitte Bardot: Harley Davidson (1968)


Appelée à la rescousse pour sauver un "Show Bardot" en cours de tournage mais manquant cruellement de nouvelles chansons excitantes, Gainsbourg se rend en octobre 1967 chez Brigitte et lui joue au piano Harley Davidson. N'ayant aucune attirance particulière pour la moto, comme elle le raconte dans son autobiographie (Intiales B.B. Grasset, 1997), Bardot lui exprime ses doutes; il lui rétorque que ça ne l'empêche pas d'en parler à sa façon. Une fois B.B. convaincue, ils se retrouvent le 19 octobre 1967, au studio Hoche, pour l'enregistrement de la chanson sous la direction de Michel Colombier, aboutissant au standard que l'on sait! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1968", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 5 novembre 2017

Mort à Florence

4e de couverture: Novembre 1966. Giacomo, treize ans, disparaît à la sortie du collège. Faute d’indice, le commissaire Bordelli s’accroche à une mince piste qui le mènera parmi des nostalgiques du fascisme et de Mussolini. Plus que jamais
hanté par la guerre, il affiche une humeur aussi noire que le ciel qui surplombe alors Florence. Rien ne le soulage, ni ses amis, ni son jeune bras droit Piras, ni les plats succulents de Toto, ni même la jolie jeune femme brune dont il fait la connaissance.
Quelques jours plus tard, sous l’effet des pluies torrentielles, l’Arno déborde et déverse dans les rues des flots de boue qui paralysent la ville. C’est l’occasion de découvrir un portrait sombre et inédit de la cité toscane où se démène un Bordelli désabusé, mais bien décidé à découvrir la vérité. Cet opus a remporté en 2009 le prix Scerbanenco, la plus haute récompense du polar italien.


3e enquête du commissaire Bordelli, à paraître en France, ce Mort à Florence est un roman policier à l'ambiance italienne assurée, mais avec une pointe de sordide en ce qui concerne le meurtre. 

Honnêtement, je ne m'attendais pas à lire un roman policier comme celui ci, en ouvrant le livre. C'est vrai, c'est un polar, mais l'enquête m'a paru secondaire, dans le sens où il ne faut pas s'attendre à des révélations à toutes les pages. Les suspects du meurtre de ce petit garçon, Giacomo, sont vite connu et l'enquête n'avance pas des masses. 
On est alors dans un polar plus d'ambiance que dans l'action pure. 

Mort à Florence est un roman policier qui prend le temps d'installer son intrigue. Il se dégage d'ailleurs une certaine lenteur dans le roman, à l'instar du commissaire Bordelli dont on suit les pensées et les cheminements, tout au long de son enquête, qui piétine. 
Bizarrement, cette lenteur n'est pas gênante, au point même que je ne l'ai pas ressenti car les pages se tournaient vite...surtout au moment de l'inondation de la ville de Florence, qui a été le déclencheur pour moi, de ne pas lâcher ce roman avant d'avoir eu l'explication du meurtre. Explication qui se met en place doucement, mais où toutes les pièces s'imbriquent...sans pour autant que la solution soit facile à mettre en place. 

J'ai aimé l'ambiance de ce roman qui nous emporte dans la ville de Florence, en pleine inondation, qui eue réellement lieue en 1966, date de l'action du roman. Bordelli est un flic de la vieille école, en fin de carrière, qui a connu la guerre (encore très présente à son esprit et qui va aussi être liée à l'enquête qu'il mène). J'ai trouvé cette partie sur le fascisme et la guerre au temps de Mussolini très intéressante, car je connais très peu, voire pas du tout la 2nde guerre mondiale du point de vue italien. 

J'ai trouvé aussi très intéressant la manière dont la police est montrée et l'enquête menée: entre le commissaire divisionnaire, mettant la pression à Bordelli et ses collègues pour résoudre l'enquête de ce petit garçon, fils d'avocat, retrouvé mort dans les bois, la recherche d'indices sur le lieu du crime, les filatures des suspects et l'attente...toujours l'attente. J'ai trouvé cela très cohérent et réaliste. Je pense qu'une enquête de police se déroule plus comme cela dans la réalité. Ce fut très appréciable. 

Le crime est sordide, mais sa résolution l'est encore plus, car je l'ai trouvé injuste...mais elle ne manque pas de suspense, ce qui nous tient en haleine jusqu'à la fin. 
La vie du commissaire n'est pas des plus réjouissantes non plus, même si un rayon de soleil vient l'illuminer en la personne d'Eleonora, une jeune vendeuse que Brodelli rencontre lors de son enquête. 

La ville de Florence est très présente (c'est impressionnant le nombre de rues évoquées dans le livre) et elle est un des personnages du livre. J'aime bien quand l'auteur nous fait voyager dans la ville où se passe l'intrigue, en nous la faisant découvrir. 

Voilà un roman policier italien, qui prend le temps de mener son enquête et que je retiendrai plus pour l'ambiance qu'il installe que pour son intrigue policière, même si celle ci est en définitive bien menée et réserve son lot de surprises. Il se lit avec plaisir et on a envie de savoir comment va se conclure l'affaire de ce petit garçon Giacomo, retrouvé mort dans les bois. La littérature italienne m'a ravi, une fois encore. 

Merci aux Editions Philippe Rey  pour cette nouvelle découverte italienne.

Marco Vichi: Mort à Florence (Morte a Firenze), Philippe Rey/Noir, 399 pages, 2017



Slow Qui Tue #337:La Taille de ton amour

Le slow qui tue de la semaine voudrait savoir à quel point elle est aimée.

Jane Fostin: La Taille de ton amour



Bonne écoute!


mercredi 1 novembre 2017

Un été près du lac

4e de couverture: Plein de suspense et d'émotion, un drame familial à l'atmosphère digne de Daphné du Maurier, pour décrire le poids de la culpabilité, la jalousie entre soeurs et la folie de l'amour.
À la mort de sa grand-tante Lucy, Justine, trentenaire mère de deux fillettes, hérite d'un vieux chalet familial, niché sur les bords d'un lac du Minnesota. Pour la jeune femme, ce legs est un don du ciel, une chance unique de fuir San Diego et les accès de colère de son fiancé.
Mais, alors que Justine prend possession des lieux, elle est rapidement happée par l'ambiance étrange de cette bâtisse : ici, le temps s'est arrêté en 1935. Des objets, des photos, des vêtements, tout rappelle cette petite fille disparue à l'âge de six ans, Emily.
Et bientôt, Justine découvre le journal de sa grand-tante Lucy, ainsi que la terrible histoire d'une famille détruite par les drames...

Que s'est-il passé ce matin de l'été 1935 ? Que savait Lucy de la disparition de sa petite soeur ? Et si c'était à elle, Justine, de trouver la vérité pour libérer les siens d'un secret vieux de soixante ans ? 

Un été près du lac avait tout pour me plaire: un été dans une petite bourgade américaine, près d'un lac, les années 30, 40., des secrets de famille, des personnages de filles fortes et fragiles en même temps. Il était clairement fait pour moi! 

Malheureusement, malgré un début des plus palpitants qui augurait une belle lecture, je n'ai pas complètement adhéré à cette histoire. Bon, je pense que l'avoir lu une semaine où j'avais peu le temps de lire, pris entre le boulot et mes activités artistiques (j'ai passé le week-end dernier sur scène, dans une pièce de théâtre formidable,  où j'ai une petite participation), n'ont pas aidé à me plonger dans ce livre. 

Cependant, ces activités annexes ne sont pas les seules en cause. Je pense que la construction du roman n'a pas aidé à mon ressenti. En effet, le livre alterne deux points de vue de l'histoire (encore, je dirai car c'est devenu monnaie courante, ces dernières années), celui de Lucy, une vieille femme qui écrit dans un carnet ce qui s'est déroulé ce fameux été 1935, pour le donner à sa petite nièce Justine, afin qu'un secret qui l'étouffe depuis soixante ans, soit enfin libéré; et celui de Justine, dans le présent, qui décide de déménager avec ses deux filles et de quitter son petit ami Patrick,après un cambriolage, et surtout l'héritage qu'elle vient de recevoir de la part de sa grand tante Lucy qui vient de décéder, en lui laissant une petite fortune et la maison près du lac. 

C'est là où le bas blesse pour moi, car, autant j'ai apprécié les parties de Lucy, qui nous raconte donc son fameux été où elle était une jeune adolescente, avec ses deux soeurs Lilith et Emily, qui conduira à un drame, qui nous plonge dans l'ambiance de ces années là et où l'on fait la connaissance de plusieurs personnages comme les parents de Lucy, Les Miller (Mathhew et Abe en tête, qui vont être proches de Lucy et Lilith), les Llyod, une famille riche qui ont également une maison près du lac. Tout ça m'a plu, et j'en redemandais. Mais malheureusement pour moi, cela était coupé par les chapitres de Justine qui ne m'ont pas plus intéressé que ça. La faute à un début un peu étrange: la scène du cambriolage que j'ai trouvé brouillonne et incompréhensible, même si j'ai compris par la suite. Puis, surtout, cette partie du présent nous  en révèle trop sur le passé, et vient donc gâcher ce qu'est en train de raconter Lucy dans son carnet. Bien avant la 100e page, nous savons qu'un drame va se produire concernant l'une des trois soeurs. ce qui fait que l'intérêt de lire les parties de Lucy commençaient à s'émousser et je ne revenais plus au roman avec avidité. 

Pour ma part, je pense que l'alternance des histoires (celle de Lucy racontée à la 1ere personne et celle de Justine, à la 3e personne) fut une erreur. Alors, je sais bien que c'est pour garder un certain suspense (suspense que j'ai  deviné tout de même sachant dès le début qu'un drame interviendrait). Si l'histoire avait été écrit de manière chronologique en deux parties bien distinctes (en gardant pour un épilogue, les dernières révélations du drame): tout d'abord l'histoire de Lucy et ensuite celle de Justine, j'aurai plus adhéré à l'histoire car les révélations n'auraient pas été dévoilées dès le début, mais au fil de la lecture. 

En soit, cela aurait pu être un bon roman (et il l'est pour les chapitres concernant Lucy) si sa construction avait été tout autre. 

Au final, un roman pour lequel je n'ai eu qu'un petit intérêt, grâce aux parties de Lucy, mais qui a été gâché, par une semaine chargée, je l'avoue, et par la construction du roman inadéquat car il fait perdre de l'intérêt au fil de la lecture. C'est dommage car ce roman était fort prometteur. 

Merci aux Editions Belfond de m'avoir permis de prolonger l'été, même s'il n'a pas comblé toute mes attentes.

Heather Young: Un été près du lac, (The Lost Girls), Belfond, collection "Le Cercle", 380 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #241

En 1967, Johnny Hallyday adapte en français ce succès de Jimi Hendrix.

Johnny Hallyday: Hey Joe (1967)


En septembre 1966, Johnny repère à Londres dans un petit club enfumé, un guitariste noir américain absolument étonnant. Il l'invite à faire la première partie de son spectacle à l'Olympia en octobre. Son nom: Jimi Hendrix. A son répertoire figure une version fulgurante d'un classique de la chanson folk, Hey Joe. En décembre, le morceau figure en face A de son tout premier 45 tours, publié en Angleterre, et c'est un hit. En mars, Johnny en propose sa propre lecture. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1967", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 29 octobre 2017

Slow Qui Tue #336: All I have to do is dream

Le slow qui tue de la semaine n'a qu'une chose à faire pour réaliser tous ses désirs: seulement rêver.

The Everly Brothers: All I have to do is dream



Bonne écoute!


jeudi 26 octobre 2017

Le feu, la vie

4e de couverture: Du vieux palais voisin, Rocco a longtemps admiré le golfe en contrebas, les plages de sable pâle, la mer recommencée. Mais depuis qu'une insolite et séduisante famille mi-russe mi-française l'habite, c’est un autre spectacle qui l’attire : Ludmilla à son violon, Irina dansant parmi les herbes folles, Varvara l’imprévisible avec ses allures de bohème et ses rêves d’écrivain. Rocco sait que désormais son existence va changer ; déjà, son père, le tyrannique capitaine au long cours, ne réclame plus « Paix et silence », n’accuse plus ses fils d’être incapables de trouver le courage de vivre : à présent, il organise des repas sous la tonnelle, prend le voisin, Vadim, en aparté, lui explique le sud de l’Italie…
Il semble que tout soit touché par une sorte de grâce. Une grâce née du choc explosif de deux familles. Séduction et répulsion : les scènes se succèdent, cocasses ou douloureuses. Parents inquiets, filles excessives, adolescents fiévreux autour desquels gravitent des personnages insolites : une grand-mère russe dite « le vieux dragon », les « tantines » italiennes, jumelles infantiles, le « professeur » aux idées noires, et tout un village.
Un univers tchékhovien dans l’âpre Sud italien, mais surtout une merveilleuse exhortation à la vie, au feu de la vie.

Quelques jours ont passés après la fin de ma lecture du roman de Nathalie Bauer. Qu'en reste t'il? 
Ce que je retiens avant tout de ce joli roman, c'est l'ambiance chaude et fort agréable du livre. Nathalie Bauer a su retranscrire à merveille le Sud de l'Italie, sa torpeur, sa douceur, sa chaleur,sans oublier le côté violent et parfois sanglant de ce pays, à travers le crime organisé, qui est comme un fantôme qui plane au dessus de ce petit coin de paradis. 
L'histoire en elle même est simple et peu trépidante: on suit simplement deux familles voisines, sur plus de sept ans, à travers le regard de Rocco, le plus jeune des fils du capitaine de bateau, souvent parti en mer. Mais je pense que l'intérêt du livre est ailleurs que dans l'histoire. Elle est dans l'ambiance donc, où l'on navigue entre Italie et Russie (grâce à la deuxième famille, celle de Vadim, peintre franco russe, qui va insuffler un nouveau souffle à ce petit coin d'Italie). Mais l'intérêt est aussi dans le style rythmé et chantant de l'auteure,à tel point que je me laissais bercer par lui, étant emporté ailleurs. 
En revanche, j'ai trouvé que les personnages, pourtant bien dessinés et ayant une vie propre perdait de l'intérêt au fil de ma lecture, surtout que certains disparaissent provisoirement ou définitivement. Je ne ressentais pas grand chose devant leur destin, ce qui n'est jamais bon signe, ma foi. 
Au final, un roman agréable à lire, qui nous embarque pour l'Italie du Sud. L'histoire en elle même a peu retenu mon attention. C'est le style de l'auteure qui m'a charmé et fait aller au bout de ma lecture, un style plein de drame et aussi enivrant qu'un vin. 

Merci aux Editions Philippe Rey pour ce petit voyage en Italie.

Nathalie Bauer: Le feu, la vie, Philippe Rey, collection "Fugues", 286 pages, 2007


mercredi 25 octobre 2017

La Discothèque du 20e siècle #240

En 1964,  Louis Armstrong connait son premier succès public. Un succès qui deviendra, quelques années plus tard,  le titre d'une comédie musicale de Gene Kelly, avec Barbra Streisand dans le rôle titre et un certain...Louis Armstrong au casting.

Louis Armstrong: Hello Dolly (1964)



La carrière du trompettiste, chanteur et chef d'orchestre louis Armstrong, couvre plusieurs décennies, des années 20 à sa mort en 1971. Son importance dans l'histoire de la musique moderne est inversement proportionnelle au nombre de succès qu'il obtint de son vivant dans les hit-parades: un seul n°1, en 1964, à l'âge de 63 ans, avec la chanson de la comédie musicale Hello Dolly. Et un tube posthume en 1988, avec What a wonderful world remis au goût du jour grâce au film Good Morning Vietnam avec Robin Williams, puis réutilisé sans vergogne par les publicitaires en quête d'optimisme. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1964", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 22 octobre 2017

Slow Qui Tue #335: La complainte de la serveuse automate

Le slow qui tue de la semaine rêve d'une vie au soleil.

Fabienne Thibault: La Complainte de la serveuse automate



Bonne écoute!


mercredi 18 octobre 2017

Au pied!

4e de couverture: l’envers de la fortune 
Etudiante sans le sou, Mathilde vient de décrocher un job inespéré : assistante de la belle et fantasque Geneviève Arcand. En franchissant la grille du château où elle doit officier, elle découvre un monde de luxe et de raffinement, à mille lieux de son quotidien: son logis à elle est le sous-sol humide d’un pavillon, qu’elle partage avec Léa, sa colocataire fêtarde. Naviguant d’un milieu à l’autre, elle se flatte de partager l’intimité de sa patronne. Mais naïve et vulnérable, elle tombe peu à peu sous son emprise. Entre fascination et perversion, la relation qui lie les deux femmes ne laissera personne indemne.
Après un premier roman percutant (Sur la réserve) qui ne m'avait pas laissé insensible, Carole Mijeon revient avec un 2e roman complètement différent mais tout aussi percutant. 

A travers le portrait de Mathilde, jeune étudiante en besoin d'argent, qui décide d'accepter un job chez une ancienne mannequin, Carole Mijeon frappe encore là où ça fait mal en traitant deux sujets forts: la vie étudiante et ses difficultés financières et la perversion narcissique et l'emprise qu'elle peut avoir sur n'importe qui. 

On va suivre le combat qui semble perdu d'avance entre Mathilde, notre jeune étudiante naïve, et Geneviève Arcand, une bourgeoise de province qui va faire d'elle son souffre-douleur, en quelque sorte. Puis, c'est également le conflit intérieur de Mathilde qui nous sera montré. 

J'ai adoré ce livre de la première à la dernière page, n'en faisant qu'une bouchée. J'ai été happé et surpris par la plume de Carole Mijeon dès le prologue: j'avais imaginé une fin différente à ce prologue où l'on fait la connaissance de Mathilde qui suit un SDF en mettant un plan au point. Je m'imaginais déjà une situation, sauf que la fin du prologue m'a détrompé lourdement et je me suis demandé comment tout cela était arrivé (puisque le premier chapitre se déroule huit mois plus tôt, par l'entretien d'embauche de Mathilde par Geneviève). 

Les personnages sont parfois à baffer, et on aime en détester certains, comme Geneviève, (qui m'a rappelé certaines personnes que je connais), cette femme vindicative, qui assoit son pouvoir jusqu'à rabaisser cette pauvre Mathilde, qui m'a fait bien de la peine (même si j'avais envie de la bousculer parfois et lui dire qu'elle se faisait des illusions). C'est par le personnage de Geneviève que les pervers narcissiques sont évoqués: et cette bourgeoise en est un beau spécimen. Elle arrive tellement à ses fins qu'elle détruit totalement la personnalité de Mathilde, qui ne fait que sombrer, mois après mois, et on assiste à sa chute, totalement impuissant, et frustré (les scènes de l'annonce de la mort du chien Agio, pour lequel Mathilde s'était pris d'affection, ou la nuit dans le cagibi, sont des moments insoutenables que je n'oublierais pas de sitôt) en se demandant jusqu'où cette sorcière de Geneviève va aller. Surtout que Mathilde se retrouve seule puisque Myriam, la femme de ménage, va devenir sa rivale, quand Mathilde va passer d'assistante à femme de ménage. Une autre petite manoeuvre de Geneviève: diviser pour mieux régner. 

Ce roman parle aussi de la condition des étudiants, qui, pour payer leurs études, font des petits boulots qui leur prennent beaucoup de temps, et qui vivent dans un petit logement insalubre parfois (là Mathilde et sa colocataire Léa (fêtarde invétérée, tout le contraire de Mathilde) habite dans le sous-sol d'un pavillon près du garage.), à manger des aliments premier prix, parce qu'elle ne peut pas s'offrir autre chose par manque de moyen. 
C'est ainsi que le lecteur passe d'un monde riche (celui de la Rochère) à un monde pauvre (le sous-sol du pavillon) et le contraste entre les deux est saisissant. On peut comprendre que Mathilde se laisse parfois tenter par l'argent et ce monde de luxe. Mais il y a le côté sombre de cette faste lumière. 

Et tout cela nous est raconté dans un style fluide et des dialogues ciselés, qui sonnent vraiment bien à nos oreilles (tellement qu'on a l'impression d'entendre la conversation des personnages, et qu'on y croit) qu'on ne peut qu'être conquis, surtout que cela est fait avec une pointe d'humour, non négligeable. Puis le twist final nous laisse sur les fesses, tout de même. Il y a un certain petit suspense que Carole Mijeon sait entretenir jusqu'au bout. Non, vraiment, rien à redire sur ce livre, à part: lancez-vous et partez à sa découverte. Vous ne le regretterez pas! 

Au final, un 2e roman tout aussi plaisant et maîtrisé, qui m'a ravi. Voilà une auteure, Carole Mijeon que je vous encourage à découvrir: sa plume est belle et ses sujets originaux et percutants  ne laissent pas indifférents. 

Merci aux Editions Daphnis et Chloé pour leur confiance et pour la découverte de ce fabuleux roman. 

Carole Mijeon: Au pied!, Editions Daphnis & Chloé, 321 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #239

En 1962, Bruce Channel nous offre un morceau aux consonances soul.

Bruce Channel: Hey! Baby (1962)


Contrairement à ce qu'aurait pu laisser penser son nom, Channel n'est pas anglais, mais américain! Né en 1940 à Jacksonville, au Texas, il signe avec ce Hey! Baby aux consonances très soul un des grands tubes de l'hiver 1962 des deux côtés de l'Atlantique (n°1 aux USA n°2 en Angleterre), la France lui réservant également un très bon accueil. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1962)", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 16 octobre 2017

Les Princes de la prairie

4e de couverture: Ce roman commence à la fin de la Guerre de Sécession aux États-Unis en 1865.
L’ouvrage a pour trame les problèmes, les amours et la vie d’un officier nordiste, face au racisme, et aux séquelles de ladite guerre.
Le tout imbriqué dans celle d’un grand chef indien métis méconnu, leur amitié face aux colons, à leur mépris, et à un gouvernement lointain aux décisions des plus arbitraires à leur encontre, une fois dans leur réserve …

Ce qui ressort du roman d'André Guinet, "Les Princes de la prairie", c'est un peu de déception, je l'avoue. 
Ce n'est pas tant le fond qui me chagrine, mais la forme: en fait, en lisant ce livre, j'ai cru être en présence d'un livre pour jeunes adolescents, qui leur raconterait l'histoire de ces indiens chassés de leur territoire et parqué dans des réserves, après la Guerre de Sécession. Alors, c'est peut être le cas, puisque des dessins et photo illustrent les courts chapitres de ce roman. 
L'histoire en elle même raconte bien les étapes de cette conquête de l'Ouest et surtout de ces indiens que l'on a chassé de leur terre, mais cela est fait de manière succincte et dans un style très simple (voire peut être trop simple) qui ne m'a pas vraiment embarqué, surtout que les personnages sont a peine effleuré que ce soit John, Silver, ou Quanah ce  chef indien mulâtre. Puis, je n'ai pas vraiment appris des choses car je les connaissais déjà de par d'autres lectures ou par le cinéma. 
En fait, je pense clairement que ce livre ne s'adressait probablement pas à moi, mais plutôt à un jeune lectorat. Des jeunes lecteurs de 10-12 ans, s'intéressant aux indiens et à l'histoire américaine,pourront tout à fait y trouver leur compte et apprendre certaines choses qui leur donneront surement  envie d'aller plus loin avec d'autres lectures. 

Au final, un petit roman trop succinct pour moi, qui ne m'a pas permis d'embarquer dans ces contrées sauvages. C'est fort dommage car le sujet est des plus intéressants. 

Merci aux Editions Persée pour la découverte.

André Guinet: Les Princes de la prairie, Editions Persée, Collection "Les Archives du temps", 106 pages, 2017


dimanche 15 octobre 2017

Stone Junction

4e de couverture:  Depuis sa naissance, Daniel Pearse jouit de la protection et des services de l'AMO (Association des magiciens et outlaws), géniale et libertaire société secrète. 
Sous le parrainage du Grand Volta, ancien magicien aujourd'hui à la tête de l'organisation, le désormais jeune homme va être initié à mille savoir hors normes, de la méditation à la pêche à la mouche, du poker à l'art de la métamorphose, en passant par le crochetage express et l'invisibilité pure et simple. Mais dans quel but ? Celui de l'aider à retrouver (et à faire payer) l'assassin de sa mère... ou celui de dérober un mystérieux - et monstrueux - diamant détenu par le gouvernement, rien moins, peut-être, que la légendaire pierre philosophale ? 
À ces deux missions inextricablement liées s'ajoute en creux, la quête primordiale de Daniel : celle qui lui permettra de découvrir qui il est vraiment. Et peu importent les moyens qu'il lui faudra employer pour l'accomplir. 

Le troisième roman de Jim Dodge est un véritable OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) avec lequel je ne sais pas sur quel pied danser. 

J'arrête pas d'y penser depuis que j'ai tourné la dernière page: qu'ai je penser de ce livre? Difficile à dire et difficile de vous en parler. Ce roman n'est pas dénué de qualité (le style fluide de l'auteur fait qu'il se lit facilement et on tourne les pages rapidement (pour vous dire les 150 premières pages ont été lu en une petite journée, et pourtant, je travaillais, donc peu de temps pour lire), les personnages de Daniel et Annalee, sa mère, sont très attachants (ce sont essentiellement eux que nous suivons dans la première partie) et on a envie de les suivre dans leurs escapades. Puis, cette histoire avec l'AMO (Alliance des Magiciens et Outlaws) est des plus intriguantes et leurs membres (dont le lecteur fait la connaissance au fil du roman) fait qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde...oui, mais voilà qu'arrive la seconde partie, et là, patatras! 
Cette seconde partie est centrée sur l'apprentissage de Daniel dans plusieurs disciplines (au sein de l'AMO) dont l'ouverture des serrures de coffre fort, l'apprentissage du poker, celui du déguisement et d'autres disciplines pour faire de lui un voleur. Cette partie là a été la plus longue à lire pour moi (quatre jours pour atteindre la page 300). J'ai trouvé cette partie beaucoup plus lente, non pas qu'elle soit inintéressante (l'apprentissage du poker par exemple a été l'une de mes parties préférées). Mais j'ai ressenti un léger ralentissement, et j'ai trouvé cela un peu longuet. 
 La 3e partie relance la machine (la partie avec le diamant): le rythme était de nouveau haletant, même si certains éléments de l'histoire me laissait un peu perplexe. On suit toujours Daniel, Volta (celui qui est tout en haut de l'échelle de l'Alliance des Magiciens et outlaws), et d'autres membres de cette association, mais certains passages, comme ces extraits d'émissions de radio par un certains D.J. ou ces extraits de journaux intimes de Jennifer Rane, jeune femme enfermée dans un hôpital psychiatrique, me laissait un peu perdu (même si je me doutais bien qu'à un moment où à un autre tout serait lié. (Et c'est bien le cas). 
Non, ce qui m'a dérangé dans cette partie là, c'est le côté trop fantasmagorique qui s'invite dans cette partie avec cette histoire d'invisibilité. L'histoire devient alors fantastique et n'est plus ancré dans une réalité. Et c'est là où le risque est grand car soit le lecteur adhère a cet aspect fantastique (magique oserais je dire) du roman, et c'est parfait, soit il reste sur le bord de la route et patatras, tout s'effondre.
Pour ma part, je suis entre les deux: croire aux choses magiques ne me dérange pas, mais il y a certains aspects de cette magie que j'ai trouvé un peu artificiels et un peu facile (mais je ne peux  pas vous dire en quoi, ce serait vous spoiler...grrr), comme si l'auteur se disait: c'est de la magie, donc ça passe...sauf que les premières parties étaient ancrée dans une certaine "réalité" somme toute relative, car on est souvent dans l'ordre du conte, mais dans une Amérique qui existe tout de même. AHHHH! je me perds dans mes explications et je ne sais pas si je suis très clair! 
Voilà pourquoi, je suis dubitatif, car je ne sais pas dans quel genre ranger le bouquin. ce qui en fait clairement un OLNI, que j'ai trouvé bon et qui m'a plu dans l'ensemble (même si j'ai trouvé des lenteurs) mais qui n'est pas non plus le chef d'oeuvre que l'on dit un peu partout. D'ailleurs, je remercie ma libraire, qui l'ayant lu avant moi, a un peu refroidi mes attentes;et tant mieux car la déception n'est pas au rendez-vous, ne m'attendant pas à lire le livre grandiose auquel je m'attendais. C'est un bon livre avec lequel on passe un bon moment, pour peu que l'on adhère au côté fantastique de l'histoire. 

Au final, un roman d'apprentissage, aux accents Marktwainien dans sa première partie (il m'a beaucoup fait penser à Tom Sawyer et Huckleberry Finn) qui part un peu dans tous les sens par la suite. Pour ma part, je suis encore à me demander ce que ce livre m'a fait ressentir, surtout devant cette fin très "What?" qui me pose encore question. 

Merci aux Editions Super 8 pour cette étrange découverte.

Jim Dodge: Stone Junction, (Stone Junction), Super 8 Editions, 707 pages, 2008 pour la première édition en France, 2017 pour la présente édition.


Slow Qui Tue #334: San Francisco

Le slow qui tue de la semaine vous emmène à San Francisco.

Scott McKenzie: San Francisco



Bonne écoute!