mercredi 26 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #214

En 1984, Cookie Dingler faisait de cette hymne à la femme des années 80, un succès.

Cookie Dingler: Femme libérée (1984)



Le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) avait fait parlé de lui dès le début des années 70, en publiant leur fameux "menstruel" (sic) polémique, Le torchon brûle: 15 ans après, un pétulant groupe strasbourgeois signe cette mélodie et ce refrain impeccables qui ont marqué la conscience collective bien au delà de l'été 1984! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 24 avril 2017

Leopard Hall

4e de couverture: Anna Emerson, secrétaire de vingt-cinq ans, s'apprête à quitter Melbourne pour retourner sur sa terre natale du Congo : Karl, son père qu'elle n'a pas revu depuis dix-huit ans, est malade. Sur le lit de mort du vieil homme, Anna fait un serment : veiller sur Leopard Hall, sa villa remplie d'oeuvres d'art pillées aux Africains. Mais tout est remis en question lorsqu'elle découvre que Karl n'est pas son père biologique.
Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle rien dit ? En quête d'indices sur son passé, Anna se lance sur les pistes aux côtés d'Eliza, mystérieuse photographe américaine. Mais dans ce pays fraîchement indépendant, livré aux rebelles simbas, les tensions sont vives, parfois sanglantes, et les deux femmes voient leurs chemins se séparer brutalement...

D'un palace colonial abandonné sur les bords du lac Tanganyika à un hôpital de mission dans la jungle, Anna finira-t-elle par trouver les réponses qu'elle cherche ? Et si c'était à Leopard Hall, ce lieu auquel elle tente d'échapper, que le destin lui avait donné rendez-vous ?


Leopard Hall est une saga comme je les aime: une saga qui me fait voyager (ici, au Congo), me fait rêver, et si en plus elle m'apprend des choses, c'est un bonus non négligeable. 
Il y a quelque temps, j'avais lu une saga (Le pays du Soleil Rouge) qui aurait pu rassembler tout ça, sauf que j'en suis sorti insatisfait. 
Ici, ce n'est pas du tout le cas: j'ai adoré ce livre. Tout d'abord pour son côté exotique (les paysages du Congo nous sont dévoilés avec maestria (je dois dire que Katherine Scholes réussit ses descriptions, à tel point qu'on s'y voit); mais aussi son côté historique: ici l'indépendance du Congo qui mena à la guerre Civile, dans les années 60, et tout ça à travers deux personnages forts et attachants: Anna et Dan. 
Anna, cette jeune australienne, qui apprend que son père, qu'elle n'a pas revu depuis près de vingt ans, est mourant et qu'il lui demande de revenir au Congo pour la voir une dernière fois. D'abord réticente, elle finit par arriver à Albertville, et va en découvrir plus sur son passé, et sur ce père qu'elle a peu connu. 
Dan, ensuite, ce militaire d'une cinquantaine d'années, organisateur de Safari pour riches européens, qui décide d'abandonner tout ça, pour s'engager comme mercenaire, pour combattre les Simbas (les rebelles qui se battent contre le nouveau gouvernement Congolais). 
Nous allons alors suivre ces deux personnages dans des périples plus dangereux les uns que les autres, dans un pays ravagé par la guerre. D'ailleurs, plus on avance, et plus Dan prend de l'importance, parfois au détriment d'Anna (mais ce n'était pas pour me déplaire). 
Bien sûr, Anna et Dan, sont entouré de personnages enthousiasmant, comme Eliza, une femme riche, qui va accueillir Anna chez elle, et qui va se retrouver pris dans les conflits, mais aussi tous les mercenaires qui sont sous les ordres de Dan, (et dont les noms m'échappent), qui nous embarquent dans cette croisade sanglante. 

L'originalité de cette saga, c'est que Katherine Scholes évite la sempiternelle histoire d'amour qu'on peut parfois trouver dans ce genre d'histoire, et heureusement, car dans ce contexte, elle aurait été je pense, malvenue. Car Katherine Scholes ne nous épargne pas: c'est un texte dur, violent, par moments (les massacres des Simbas nous sont décrit dans des scènes parfois insoutenables), âpre, et qui vous prend aux tripes. On est fasciné, par les paysages, mais parfois aussi révolté et au bord de l'angoisse pour tous ces personnages qui vivent devant nos yeux, devant la violence des combats et de la vie au Congo.  
De plus, nous apprenons beaucoup de choses sur ce conflit Congolais, sur la lèpre, qui sévissait et qui sévit peut être encore aujourd'hui, sur les enjeux de chacun. 
J'ai trouvé aussi que le récit était bien amené et que les situations n'étaient pas factices, ou faciles: elles le sont peut être, mais je trouve que Katherine Scholes s'en est  bien sorti car cela ne s'est pas trop vu. En revanche, je me suis tout de même demandé ce qui reliait les deux histoires (car Anna et Dan ne font pas le même parcours dans ce pays en guerre) et, l'auteur nous donne l'explication, même si je l'avais un peu deviné avant de l'avoir. 

Au final, une saga magnifique qui vous transporte dans un pays superbe, malgré les atrocités qu'il a connu. Une histoire forte, prenante, et qui ne vous lâche pas, avec un style âpre, dur, et qui ne nous épargne rien (il faut avoir le coeur bien accroché, et si vous êtes sensible, lancez vous tout de même, en sautant les passages trop durs, car cette saga vaut vraiment le coup. Une saga qui me fait voyager, tout en apprenant des choses sur l'histoire du pays visité, avec des personnages forts, c'est tout ce que je demande, et avec Leopard Hall, tout cela était au rendez-vous. J'en sors donc ravi et vous le recommande chaudement. 

Merci aux Editions belfond pour ce voyage aux pays des Léopards, et pour la découverte de cette nouvelle collection qu'est "Le Cercle". 

Katherine Scholes: Leopard Hall, (Congo Down), Belfond (Collection "Le Cercle"), 636 pages, 2017


dimanche 23 avril 2017

Slow Qui Tue #318: Love me for a reason

Le slow qui tue de la semaine demande de lui donner une raison de l'aimer.

Boyzone: Love me for a reason


Bonne écoute!


mercredi 19 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #213

En 1981, le groupe Visage, groupe de style New Wave, investit les Charts avec son titre Fade to grey.

Visage: Fade To Grey (1981)




Steve Strange  est un pilier des boites de nuit: les soirées qu'il organise sont réputées dans le tout-Londres qui danse et qui pétille. Son seul titre de gloire: a fait de la figuration dans le clip Ashes to Ashes de David Bowie. Jusqu'au jour où, épaulé par ses amis rockers (parmi lesquels d'ex-membres du groupe Magazine et un certain Midge Ure, futur chanteur d'Ultravox), il se lance dans la bataille: dès le second 45 tours, c'est le triomphe: Fade to grey colle parfaitement à la mode néo-romantique qui baigne ce début des années 80. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1981", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 17 avril 2017

Un monde sans moi

4e de couverture:  "Pendant vingt ans, j'ai cherché à toucher du doigt l'héroïsme sur moult champs de bataille ; et je ne savais pas que l'héroïsme dormait chaque nuit à mes côtés lorsque la guerre me donnait congé. " 

Au crépuscule de sa vie, un homme emprisonné dans le silence se raconte enfin. Dans sa traversée du siècle et de la guerre, sa boussole fut son amour d'enfance, Marie. Par sa lucidité, son humour et sa mélancolie, Michel révèle, touche après touche, une histoire empreinte d'humanité, une flèche qui va droit au coeur.


Parfois, il y a des romans qui viennent à vous, par le plus grand des hasards. Des romans sur lesquels vous ne vous seriez pas penché. Des "romans surprises" qui viennent vers vous, et qui vous touchent le coeur. 

C'est ce qui m'est arrivé avec Un monde sans moi. J'ai eu la surprise de le recevoir dans ma BAL, grâce à Eric Poupet (que je remercie encore infinimment) qui a su, d'instinct que ce roman allait m'interpeller. 

Un monde sans moi est l'un des romans les plus beaux que j'ai pu lire sur la guerre (l'un des thèmes de ce livre puisque le héros, Michel, s'engage dans l'armée et se retrouve mêlé dans le conflit franco-indochinois). Ce qui retient l'attention dans ce livre,c'est la plume de l'auteur, poétique, belle et émouvante. Franck Lucas a su trouver les mots justes pour nous parler de la guerre, avec poésie, nous relatant les combats,  surtout l'attente et le silence qui intervient juste avant, mais sans occulter la cruauté et la noirceur de la guerre. Nous sommes au plus près et on s'attache à tous ces hommes, morts, ou survivants. 

Franck Lucas alterne,en courts chapitres, les souvenirs de guerres et les souvenirs d'enfance, d'adolescence et de jeune adulte revenu du conflit, dont se souvient Michel, En fait, c'est la voix d'un vieil homme , perdu dans le silence et qui avant de mourir, décide de coucher sur papier ce qu'il a vécu. Et c'est puissant. 

J'ai aimé ce roman que j'ai lu dans un souffle, happé par les souvenirs de Michel: la mort de son père, les vacances chez sa tante, son amour d'enfant pour Marie, qui ne s'éteindra jamais, son engagement dans l'armée, son départ pour l'Indochine (qui n'est pas beaucoup traité en littérature), vers laquelle l'auteur nous emmène, en nous décrivant ces paysages magnifiques, son retour à la vie civile. Je me suis attaché à Michel, et j'ai été souvent pris par l'émotion (en particulier quand il énumère ses camarades de chambrée à la caserne qui ne reviendront pas forcément tous  d'Indochine). 

Un monde sans moi, c'est beau comme du Verlaine, avec cette nostalgie qui vous prend au coeur (car les souvenirs de vacances d'été de Michel, ses premiers émois amoureux, sont universels et parlent à tous). C'est puissant comme du Apollinaire, qui vous fait vibrer l'âme (ce morceau de musique que Michel joue dans cette maison alors qu'ils sont en pleine mission, comme si la musique suspendait le temps pour un instant) et qui ne vous épargne rien des conflits, avec des mots si beaux, pour panser les maux. Un monde sans moi, c'est tout ça et tellement  plus. 

Au final, un roman vibrant sur le destin d'un homme, qui a vécu les atrocités du siècle dernier, et qui, au soir de sa vie, décide de se raconter, dans une langue poétique et déchirante. Franck Lucas, a su concilier le personnel (en racontant l'histoire de son héros tellement humain) pour l'amener vers l'universel...car Michel, c'est  vous, moi: un homme (dans le sens humain) tout simplement, pris dans le tourbillon violent du XXè siècle. 

Merci à Eric et aux Editions Erick Bonnier pour cette merveilleuse découverte. 

Franck Lucas, Un monde sans moi, Editions Erick Bonnier, 140 pages, 2017




dimanche 16 avril 2017

Slow Qui Tue #317: Alexis m'attend

Le slow qui tue de la semaine à mis de l'amour sous sa veste, en attendant.

Philippe Lafontaine: Alexis m'attend




Bonne écoute!




samedi 15 avril 2017

Le syndrome de Croyde

4e de couverture: Directrice générale de la célèbre maison de parfums Destut, volontaire, carriériste, brillante, Agnès Quincey est en voie d'être élue business woman de l'année quand elle se retrouve trois jours de suite témoin de chutes mortelles de voyageur dans le métro parisien. Accidents ? Suicides ? Meurtres ? Comment se fait-il qu'Agnès ait été présente à chaque fois ? À croire que c'est elle qu'on cherche à tuer ou qu'on essaie de rendre folle. Et si tous ces morts étaient les victimes de cet étrange Syndrome de Croyde, découvert récemment et qui remet en cause tout ce que l'on croyait savoir jusqu'à ce jour en matière de criminologie ? 
De Paris à Étretat, un thriller psychologique haletant où les personnages naviguent entre folie et manipulation. 


Sorti en 2013, Le syndrome de Croyde, ce thriller psychologique, va connaitre un 2e volet, qui sort dans quelques jours, en librairie. 
Il était donc grand temps que je le sorte de ma PAL, où il végétait depuis près de deux ans. (Je voulais le lire bien avant, mais à chaque fois de nouvelles sorties de "Daphnis et Chloé" lui passaient devant)

Maintenant que je l'ai lu, je me demande pourquoi j'ai attendu aussi longtemps, car j'ai beaucoup aimé. Je trouve que l'auteur a un sens du suspense maîtrisé, de bout en bout et qu'il distille les surprises tout au long de la lecture. 
L'originalité de ce roman est dans son titre: Marc Welinski s'est amusé à créer une pathologie psychologique (le fameux syndrome de Croyde, qui à ma connaissance n'existe pas dans la réalité) pour servir son histoire. Il nous l'explique même dans ses moindres détails, avec interview du scientifique qui s'occupe de cette pathologie, le professeur Romestaing, et le passé de cette pathologie remontant au XIXe siècle, et même au delà, il me semble. 
Alors, il ne suffit pas de créer une pathologie, pour y croire, il faut que celel ci soit crédible, et, pour ma part, cette théorie se tient. Donc chapeau, pour cela, à l'auteur. 

En ce qui concerne le roman, celui ci se découpe en deux parties bien distinctes, qui sont les deux points de vue du couple de l'histoire: tout d'abord Dany, mari attentionné, mais qui, à plus de 50 ans, est au chômage et qui s'ennuie un peu, alors que sa femme, Agnès est une  femme d'affaires avisée, travaillant pour la maison de parfums Destut, et qui a des chances d'être élue business woman de l'année. 
Tout cela va partir en éclat quand Agnès va être témoin du "suicide" d'un SDF, dans le métro, une première fois. Sauf que ce ne sera pas la dernière. Et Dany, le mari attentionné, va alors mener sa petite enquête pour savoir ce qui s'est réellement passé. Sa femme est t'elle la victime ou la coupable dans l'affaire? 
L'auteur va ainsi nous dévoiler le passé d'Agnès et le doute va également s'insinuer dans la tête de Dany et du lecteur. 
Puis, les pièces du puzzle mise en place, c'est à Agnès de devenir la narratrice de cette histoire dans une deuxième partie moins trépidante que la première (au début du moins) mais tout aussi nébuleuse. 

C'est un artifice qui pourrait sembler  facile, le changement de point de vue, ainsi, l'auteur peut battre les cartes comme il l'entend pour que le lecteur se laisse surprendre, mais il faut que cela soit bien amené, et là ,c'est le cas, à tel point que je me suis démené tout du long  à avoir le fin de de cette histoire...de fous. 
En revanche, la "technique" du point de vue différent, en passant de Dany à Agnès, fait qu'il y a un sentiment de longueurs au début de la 2e partie, qui s'estompe au fil des pages. Mais je pense que ces longueurs s'explique par le fait que l'auteur part dans une autre direction et qu'il doit donner de nouvelles cartes de compréhension au lecteur...comme une 2e mise en route. 
Malgré ces petites longueurs, qui s'estompent vite (je ne les ai clairement ressenti que durant une dizaine de pages), le roman reprend un rythme de croisière haletant, qui ne nous lâche plus jusqu'à la fin et qui distille  son nouveau lot de surprises. 

Au final, un thriller psychologique de belle tenue qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout et surpris jusqu'à l'explication finale, avec la belle originalité de ce syndrome inventé de toute pièce. Je suis ravi d'avoir enfin pris le temps de le lire et j'ai hâte de retrouver le syndrome de Croyde dans un 2e volet, qui je pense, va concerner d'autres personnages, laissant Dany et Agnès à leur petite vie redevenue tranquille. 

Marc Welinski: Le Syndrome de Croyde, Editions Daphnis et Chloé, 513 pages, 2013


mercredi 12 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #212

En 1980, le groupe Lipps Inc faisait danser les foules avec ce titre so Funky.

Lipps Inc: Funkytown (1980)





Prononcez "Lyp-synch", qui en français, se traduit par..."playback" (chanter sur une bande enregistrée). Un nom ironique quand on songe que ce "groupe" n'est en fait que le projet éminemment funky d'un producteur originaire de Minneapolis (tout comme Prince, qui pour l'heure, rôde dans l'ombre), nommé Steven Greenberg. Quant à la voix, c'est celle de "Miss Black Minnesota 1976", Mademoiselle Cynthia Johnson! N°1 durant 4 semaines aux U.S.A quand même... (Source: Fascicule "la Discothèque du 20e siècle: 1980", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 10 avril 2017

Novembre (Belfond Vintage Saison 5, Volume 25)

4e de couverture: Novembre. À présent je revois d'un seul coup nos vies durant les années passées. Cet automne est à la fois une fin et un commencement, et les jours naguère brouillés par ce qui était trop proche et trop familier sont clairs, étrangers à mes yeux.

Ce roman sur la Grande Dépression (écrit justement à cette période) est une petite pépite que Belfond a ressorti de l'ombre pour le proposer dans sa collection Belfond Vintage

J'ai été de suite happé par ce roman réaliste et tragique, même si les premières pages n'ont pas été si simple à lire pour moi (par rapport au style travaillé et poétique, un peu "classique", dans le bon sens du terme), ne sachant pas trop où je m'embarquais. 
J'ai été très surpris par la prose poétique de l'auteur, qui pourtant dépeint un monde dur et cruel pour ces paysans, qui essayent de survivre de leurs terres et de leurs récoltes...mais la dure loi de la nature avec ses sécheresses et ses coups du sort, vont peu à peu tout bouleverser, dans la famille Haldmarne, jusqu'au drame. 

Toute cette histoire nous est racontée par la voix de Margot, la cadette de la famille (la fille du milieu, parfois la plus mauvaise place), qui va revenir sur les événements qui ont amené à ce fameux mois de novembre: celui juste après la sécheresse qui dura presque neuf mois (puisque les dernières pluies dataient de février). En fait, c'est un roman à rebours, qui reviens dans un long flashback sur ce qui s'est passé. Nous allons alors partir à la découverte de cette famille qui essaye de survivre plutôt mal que bien, aux éléments néfastes de la nature et de la vie. Alors, même si l'auteur nous présentera d'autres familles de fermiers comme les Hartman et les Ramsey (famille noire qui a du mal à payer son loyer tous les mois et qui risque l'expulsion à tout moment), c'est surtout le portrait des trois soeurs Haldmarne, bien différentes, qui est l'élément central: Kerrin, la soeur aînée qui n'a apparemment pas toute sa tête et qui n'en fait qu'à sa tête,  Merle, la petite dernière, douce et gentille, tout le contraire de Kerrin. Et Margot, la narratrice , qui n'arrive pas à trouver sa place et qui se dévalorise souvent. La relation des trois soeurs n'est pas toujours au beau fixe, mais rien ne vient la perturber...jusqu'à l'arrivée de Grant Koven, jeune trentenaire, qui vient travailler à la ferme pour aider leur père. Chacune des soeurs va alors ressentir des sentiments pour ce dernier. 

Cela fait très shakespearien et c'est un peu le cas, mais ce roman est bien plus que ça: il parle sans détour de la Grande Dépression qui frappa les Etats Unis après la crise de 29, avec une telle poésie et une musicalité dans le style qu'on ne peut rien faire pour s'en détacher: la plume est belle, l'histoire est touchante et vibrante, mais surtout, elle décrit et elle montre la vie simple, et difficile  de ces gens de bien qui essayent de survivre dans un monde en crise. C'est un livre qui décrit son époque de manière magistrale (et je comprend parfaitement qu'il ait reçu le Prix Pulitzer, un an après sa sortie, en 1935), mais qui peut faire encore écho aujourd'hui dans certaines parties du monde. J'ai d'ailleurs été troublé d'apprendre que l'auteur, Joséphine Johnson n'avait que 24 ans quand elle écrivit ce livre. Il y a une telle maturité dans ce livre. 
Alors, bien sûr, quand on pense Grande Dépression, famille de fermiers essayant de survivre, dans ce monde, on pense indirectement à Steinbeck, et encore une fois, il y a des "Raisins de la colère" dans ce livre...mais peut être avec une plume plus poétique. 

Au final, un roman vibrant de tragédie, de poésie, sur la Grande Dépression et ses ravages, qui ressort de l'oubli, grâce à un éditeur qui prend soin de remettre en lumière les grands romans du siècle passé. Un livre qu'on ne lâche pas avant la fin, tellement la plume magnifique de l'auteure nous envoûte. Encore une belle découverte que Belfond nous propose pour démarrer la 5e saison de sa collection Belfond Vintage *. Un roman que je vous encourage très fortement à (re)découvrir. 

Merci aux Editions Belfond pour cette nouvelle découverte sortie de votre malle aux merveilles littéraires. 

Joséphine Johnson: Novembre, (Now in November), Belfond (Collection Belfond [Vintage]), 1934 (pour l'édition américaine), 1938 (pour la première édition et traduction française), 2017 (pour la présente édition)

*Comme chaque année, la collection Belfond [Vintage] a démarrée  sa saison en janvier avec un premier titre (le 24e) , celui ci étant "Johnny Porter et le secret du Mammouth congelé"  de Lionel Davidson. Cependant, le roman de Davidson, qui s'apparente au genre policier, inaugure une "collection compagnon" à Belfond [Vintage], qui se nomme Belfond [Vintage Noir].Voilà pourquoi, plus haut, j'ose dire que "Novembre" est le premier titre de l'année 2017 de la collection Belfond [Vintage] "classique".  



dimanche 9 avril 2017

Slow Qui Tue #316: Born to make you happy

Le slow qui tue de la semaine est né pour le rendre heureux.

Britney Spears: Born to make you happy



Bonne écoute!


samedi 8 avril 2017

L'imprévu

4e de couverture: En quelques heures, votre existence peut basculer.
Dans une paisible banlieue de New York, Richard et Kristin Chapman mènent avec leur fille Melissa une existence tranquille. Ce sont des gens bien, en sécurité dans un environnement aisé où ni le danger ni l'imprévu n'ont leur place. Un soir, ils acceptent de prêter leur maison à Philip, le frère de Richard, qui veut y enterrer sa vie de garçon. Richard reste pour veiller en cas de débordements tandis que Kristin emmène leur fillette chez sa mère à Manhattan. Mais, au beau milieu de la nuit, elle reçoit un appel de Richard. Quelque chose est arrivé.

Et si un simple petit imprévu, arrivé lors d'un enterrement de vie de garçon, faisait basculer votre petite vie bien rangée,dans l'horreur,  en la faisant littéralement exploser? 
C'est à cette question que va tenter de répondre ce thriller psychologique de toute beauté. Dès la premières page, nébuleuse à souhait pour nous dévoiler lentement  ce qui est survenu lors de cette fête, chez ce couple rangé d'une banlieue chic new yorkaise, qui ont une vie paisible, j'ai été happé et j'ai eu beaucoup de difficulté à lâcher ce roman addictif. 
Chris Bohjalian va alors nous raconter les conséquences de ce "petit imprévu" sur la famille Chapman, en alternant les points de vue: ceux de Richard, le mari attentionné, banquier d'affaires qui a eu le malheur de prêter leur maison à son irresponsable de frère Philip pour son enterrement de vie de garçon, et qui fera tout pour recoller les morceaux dans sa famille, de Kristin, la femme de Richard, qui va tomber de haut en apprenant ce qui s'est passé dans sa maison; de Melissa, la petite fille du couple (que j'ai trouvé fort courageuse et attachante, à qui l'auteur à su donner une personnalité forte et bien construite) qui va se poser des questions sur son papa; sans oublier le frère de Richard, Philip, que j'ai trouvé abject d'immaturité et quelques autres. 
Tout ce petit monde va nous être dévoilé progressivement et on va peu, ou prou s'attacher aux personnages (en bien ou en mal d'ailleurs). L'auteur va également consacrer des chapitres écrit à la première personne, sur un personnage, dont je ne dévoilerai rien pour ne pas donner trop de clef (nous sommes tout de même dans un thriller, même si celui ci est plus dans la psychologie que dans l'action pure (même s'il y en a): seulement que celui ci va nous dévoiler son passé ainsi que les conséquences de cette soirée qui a mal tournée. J'ai été très étonné par ces parties, détachées du reste de l'histoire, puisqu'elle raconte des choses passées ( des choses sordides, qui m'ont fait froid dans le dos, et qui m'ont écœuré, jusqu'à en être ulcéré), mais j'ai progressivement compris pourquoi l'auteur mettait autant ce personnage en lumière. Pour moi, c'est le personnage central du roman (et c'est frustrant de ne pas pouvoir vous en parler plus). 
En tout cas, un roman qu'on ne lâche pas une seule seconde (c'est bien simple, à chaque fin de chapitre, je me disais "aller, encore un petit", et c'est comme ça que je me suis avalé le dernier tiers du roman ce samedi matin, voulant avoir le fin mot de l'histoire) et qui vous maintient dans une tension permanente jusqu'au climax final qui m'a laissé complètement pantois et vidé. La fin m'a complètement désarmé et laissé hagard et le coeur au bord des yeux,complètement estomaqué. Je ne m'attendais pas du tout à ça. 

Au final, un thriller psychologique,qui nous parle des conséquences d'une soirée qui tourne au cauchemar, sur une famille de la middle class américaine, alternant les points de vue de tous les protagonistes, des parents, du frère et même de la petite fille de 9 ans du couple, Melissa. Mais ce roman va beaucoup plus loin, en nous parlant de la traite des femmes blanches, (ces filles souvent des pays de l'Est qui servent d'esclaves sexuelles, sous la coupe de malfrats sans scrupules et dont l'auteur nous décrit la dure réalité sans mâcher ses mots). Un roman que je n'oublierai pas de sitôt et que je vous recommande chaudement. En tout cas, je suis ravi d'avoir voulu découvrir plus avant  le genre du polar/thriller, cette année,car, ce sont souvent de belles claques de lectures.

Merci aux Editions du Cherche Midi pour cette découverte palpitante.

Chris Bohjalian: L'imprévu: (The Guest Room, Editions du Cherche Midi, 378 pages, 2017


jeudi 6 avril 2017

La femme tombée du ciel

4e de couverture: La femme tombée du ciel se déroule à la suite d’une catastrophe écologique provoquée par la multinationale Domidion qui élimine toute forme de vie dans l’océan près de Samaritan Bay, et fait des victimes parmi les autochtones de la réserve voisine. On va suivre deux hommes, responsables de cette catastrophe, qui vont chercher leur rédemption, chacun à sa manière :
Le chercheur Gabriel Quinn, scientifique génial qui a mis au point le défoliant mortel, va s’installer dans la réserve polluée, d’où est originaire sa propre mère, dans l’intention de se suicider. Il y rencontre des survivants qui vont lui redonner goût à la vie.
Dorian Asher, le PDG de Domidion, narcissique et attachant à la fois, tente d’oublier un nouveau scandale écologique qui s’annonce en fuyant dans de luxueux hôtels, savourant sa solitude et avec pour unique obsession le choix de sa nouvelle montre…
Gabriel et Dorian ne se reverront pas mais, liés par le désastre, ils connaîtront des sorts inattendus.

Venant de ma part, il est très rare que je n'arrive pas avoir un avis concret en refermant un livre, ou au moins une petite idée de ce que j'en ai pensé. 
Comme on dit, il faut bien une première à tout: en refermant ce livre, hier soir, je ne savais pas quoi penser de ce roman (cet esprit a été le mien tout au long de ma lecture): je n'ai pas détesté ce livre (sinon, je ne serai pas aller au bout des 512 pages du roman), mais il ne m'a pas transcendé non plus. Enfin, disons, qu'à chaque fois que je reprenais le livre, j'étais heureux de ma lecture et je passais de bons moments en compagnie des personnages, mais je n'étais pourtant pas pressé d'y retourner.En fait, c'est un livre que je prenais le temps de lire, le soir, avant de me coucher. 

Les thèmes abordés par l'auteur me sont chères: le retour à la nature, le combat contre une catastrophe écologique (et le message qui se cache derrière), le retour au passé,, mais  aussi aux traditions: tout cela me parle. Et tout cela est traité de manière poétique et humoristique par l'auteur (il ne faut pas oublier qu'il y a toujours de l'humour dans la tragédie). 
Ce qui a retenu mon attention dans ce roman, ce sont les personnages: ils sont au nombre de 5 principaux (Crisp, vieil homme qui veuille sur la petite communauté de Samaritan Bay, Gabriel, le scientifique à l'origine de la catastrophe qui a pollué les rives de Samaraitan Bay, et qui veut se suicider, Mara, indienne, qui vit près de la réserve, Sonny, jeune homme, qui passe son temps a récupérer des objets abandonnés sur les plages et qui a un projet en tête, sans oublier Dorian, qui bien qu'éloigné des 4 autres, puisqu'il vit à Toronto, est très important: c'est le président de Domidion, la société à l'origine de la catastrophe écologique, et qui a le projet de s'acheter une nouvelle montre (humour ironique s'il en est). 
Ces cinq personnages sont la force de ce roman: Thomas King les alterne d'un chapitre à l'autre, en nous les présentant toujours plus en profondeur, en nous racontant leur passé, leurs failles et leur force. Ces personnages ont tous quelque chose de charmant et même, Dorian, qui pourrait être un salaud fini, qui ne pense qu'à sa gueule (il est un peu comme ça parfois), je n'ai pas pu m'empêcher de l'apprécier et d'aimer sa compagnie. 
Celui qui m'a le plus étonné et intrigué, c'est Sonny: je me suis demandé tout au long du roman quel âge, il pouvait avoir: si c'était un enfant, ou si c'était un adulte simple d'esprit (pourtant, il n'en manque pas, d'esprit). Il m'a fasciné de bout en bout et même à la fin, je n'ai pas pu percer son mystère. 
L'auteur donne du rythme à son roman avec des chapitres courts, bien dialogué, et qui alterne les personnages. Il nous parle des traditions amérindiennes (puisqu'on apprend que Gabriel vient d'une famille indienne, tout comme Mara) et de la nature qui reprendra toujours ses droits, quel que soit les catastrophes que provoquera l'homme. C'est un roman plein d'espoir qui, malgré son étrangeté et son mystère, nous emporte vers le meilleur. 

Au final, un roman qui, je pense, m'a quand même plu (mais je doute jusqu'à quel point...en  fait, c'est peut être un livre que j'aimerai à rebours, qui risque de revenir à ma mémoire au moment où je m'y attendrai le moins), avec des thèmes forts comme le retour aux sources, les traditions ancestrales, l'écologie, et le retour à la nature, dans une langue rythmée, poétique et drôle. Un roman atypique qui ne laisse pas si indifférent que ça...un roman à découvrir pour vous faire votre propre opinion. 

Merci aux Editions  Philippe Rey pour cette découverte atypique.

Thomas King: La femme tombée du ciel, (The Back of the Turtle), Philippe Rey, 512 pages, 2017


mercredi 5 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #211

En 1979, William Sheller continue son petit bonhomme de chemin sur la route des hits parades avec un nouveau succès.

William Sheller: Fier et fou de vous (1979)




Après une belle brochettes de rengaines à succès, telles que Rock'n'dollars, Le carnet à spirales, Photos souvenirs et Dans un vieux rock'n'roll, revoici le grand William sur un mode  plus romantique, qui annonce le chanteur discret et sophistiqué des années 80 et 90, celui qui choisira, pour s'éloigner de son public teenager des débuts, de se faire accompagner sur scène par un quatuor à cordes... (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1979", Polygram Direct)

Bonne écoute!




dimanche 2 avril 2017

Slow Qui Tue #315: Je voudrais la connaitre

Le slow qui tue dee la semaine voudrait connaitre la maîtresse de celui qu'elle aime.

Patricia Kaas: je voudrais la connaitre


Bonne écoute!


mercredi 29 mars 2017

La Discothèque du 20e siècle #210

En 1978, ce groupe mythique de la période disco nous chantait que le Freak, c'est Chic!

Chic: le Freak (1978)





La disco n'a pas généré que des artistes-kleenex, jetables après usage. Barry White, Kool & the Gang, Earth Wind & Fire nous ont prouvé le contraire. Tout comme Chic, le groupe de Bernard Edwards et Nile Rodgers (respectivement bassiste et guitariste) qui va enchaîner les succès à un rythme aussi irrésistible que ce Freak qui les rendit célèbres et qui précéda les non moins fameux I want your love, Good Times, My Forbidden Lover et autre my Feet keep dancing (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1978", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 27 mars 2017

Stabat Murder

4e de couverture: Comment Mia, Matthis, Sacha et Valentin, quatre jeunes pianistes, étudiants au Conservatoire national de musique de Paris, ont-ils pu disparaître sans laisser de trace, à un mois d’un concours international ? Ont-ils, sous la pression, décidé ensemble de tout plaquer ? Impossible, d’après les familles interrogées sans relâche par Clara Di Lazio. S’agit-il d’un enlèvement ? La commissaire, réputée coriace, a l’intuition terrible que dans cette enquête, chaque minute compte…

Voilà un thriller adolescent trépidant et qui tient en haleine jusqu'à la dernière page. 

Sylvie Allouche a su, dès les premières pages, me happer pour ne plus me  lâcher. Un début de roman des plus nébuleux et angoissant qui pose les bases d'un thriller psychologique de toute beauté. 

Nous nous trouvons dans le monde de la musique et plus particulièrement de futurs grands pianistes, qui disparaissent quelques semaines avant un concours important. L'auteur va alors nous raconter comment on en est arrivé là, avec multiples flash-backs et de multiples révélations sur la vie intime de ces quatre jeunes pianistes.

Nous sommes vraiment en présence d'un roman addictif qu'on ne peut pas lâcher une seule minute, au point d'en oublier de manger, tellement on a envie de savoir dans quel endroit se trouve enfermé Mia, Matthis, Valentin et Sacha. D'ailleurs, le début du roman m'a fait penser au début du film "Cube" (où des hommes et des femmes se réveillent dans un cube, sans savoir comment ils sont arrivés là. (D'ailleurs, Sylvie Allouche a aussi nommé le lieu de séquestration des quatre painistes "Le Cube". Une référence?), sauf qu'ici, l'auteure nous décrit en quelques mots la vie de ses quatre héros, dès les premières pages. 

J'ai aimé entrer dans l'univers très particulier du Conservatoire, de voir ces jeunes si impliqué dans leur musique, jusqu'à en oublier d'avoir une vie sociale. Ce fut très bien retranscrit par l'auteur, qui s'est d'ailleurs renseigné sur ces musiciens, futurs concertistes, au CNSM (Conservatoire  National Supérieur de Musique) de Paris. 
Pourtant, les deux personnages qui ont su me marquer ne font pas parti des 4 héros: c'est Elise, jeune violoncelliste, amoureuse transie de Matthis, mais qui le cache bien derrière une carapace de fille forte et délurée, qui va tout faire pour retrouver son amoureux et ses amis, qui m'a le plus étonné. 
Puis, il y a la commissaire Clara Di Lazzio, qui est un personnage fabuleux, charismatique, mais qui derrière son image de femme flic, forte en gueule et pugnace, cache une blessure profonde (la disparition de son frère, Vincent, 17 ans plus tôt, jamais retrouvé, et qui reste comme une blessure ouverte). Son équipe n'est pas en reste non plus, entre les jeunes bleus, Louise et Lucas, aux caractères bien différents, Nathan, vieux flic consciencieux,sans oublier Clément, autre flic,toujours là pour épauler Clara. (Je ne serai pas contre d'ailleurs de les retrouver dans un autre roman...si Sylvie Allouche à l'idée de retrouver cette équipe de flics). 

Alors, j'avais deviné le fin mot de l'histoire, mais cela ne m'a pas empêché de prendre plaisir à ma lecture, car l'enquête est bien menée, et les personnages bien dessinés, avec des ressorts psychologiques, bien utilisé. Et la fin m'a bouleversée, (avec une phrase finale, qui sonne tellement vraie). 

Au final, un thriller psychologique prenant, qui vous happe dès la première page pour ne plus vous lâcher, avec des personnages, bien dessinés et sympathiques, pour lesquels on a de l'empathie.Une enquête bien menée qui réserve quelques surprises (même si j'ai deviné le fin mot de l'histoire, j'avais tellement de l'empathie pour les personnages que j'ai voulu savoir s'ils allaient s'en sortir). L'univers du conservatoire et des musiciens est finement bien montré et analysé. Une bonne surprise que ce thriller qui ravira les ados, (et les plus grands, bien sûr), sans temps mort et que j'ai beaucoup aimé. Je recommande vivement. 

Merci aux Editions Syros  qui m'a encore une fois agréablement surpris avec ce roman. 

Sylvie Allouche: Stabat Murder, Editions Syros, 301 pages, 2017


dimanche 26 mars 2017

Le pays du soleil rouge

4e de couverture: Angleterre, 1941. Accusée d’avoir agressé le père d’un de ses élèves, Lara Penrose, une jeune enseignante, choisit pour éviter la prison de partir enseigner en Australie. Quand elle arrive à Shady Camp, bourgade reculée au nord de l’île continent, c’est le choc. D’abord, il n’y a pas d’école. Et puis la région est infestée de crocodiles. Mais Rick va régler le problème. Dès leur première rencontre, Lara est séduite par cet homme, éconduisant le Dr Jerry qui lui faisait jusque-là une cour assidue… 
Des paysages exotiques et envoûtants, une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur et sa place dans la société… Sont ici réunis tous les ingrédients qui ont contribué au succès des sagas de Tamara McKinley, Sarah Lark ou Colleen McCullough.

Habituellement, ce genre de saga est tout à fait ce que j'aime: de l'aventure, de l'amour, de l'exotisme, dans une période historique qui m'est chère. Alors, il y a tout ça dans ce livre. 
Sauf que je n'ai pas adhéré du tout à ce roman. J'ai su, dès le départ qu'il y avait un problème. Les soucis de Lara Penrose, institutrice anglaise, accusée d'avoir frappé le père d'un de ses élèves (alors qu'elle est parfaitement innocente)  et condamnée à la prison, pour ça (!!!) et qui se voit contraint à l'exil en Australie...j'ai trouvé ça too much. C'est ça, tout simplement exagéré et trop gros pour y croire. (je pense que l'auteur aurait dû trouver autre chose ou un délit plus grave pour faire partir son héroïne vers les Territoires du Nord Australien).
Puis l'héroïne m'a exaspéré avec son comportement de bourgeoise anglaise qui découvre les territoires marécageux du Nord Australiens en s'évanouissant au moindre bruit, et ouvrant de grands yeux devant le comportement des "bouseux australiens" (le comportement de Lara envers eux m'a fait penser à cette expression là). 

Alors, oui, la vie de Lara dans la petite communauté de Shady Camp est très sympathique et ses habitants sont tous chalereux (l'un des points qui m'a plu dans ce roman),que ce soit Betty, Colin, Monty, même Rick, le chasseur de crocodiles, qui viendra aider Lara à se débarrasser de ces gros mammifères), sauf que leurs comportements son parfois exagéré (on y revient encore). Et on évite pas le sempiternel triangle amoureux entre Lara et ses deux prétendants Rick, le chasseur de crocos, et Jerry, le médecin de la région, avec ses rebondissements too much, auxquels, je n'ai pas cru. 

L'autre soucis, qui fait que je n'ai pas pu adhérer, c'est que j'ai souvent eu l'impression que l'auteur s'était trompé d'époque: en effet, j'avais toujours la sensation que l'action se passait au XIXe siècle, plutôt que durant la Seconde Guerre mondiale (alors celle ci se rappelle à nous durant une attaque à Darwin,mais l'impression du XIXe revenait toujours ), j'étais toujours étonné que le roman se déroule durant le 2e conflit mondial, car, devant le comportement de Lara, c'est comme si la petite communauté de Shady Camp en était resté au XIXe siècle. 

Alors, c'est vrai que cela se lit bien, mais j'ai trouvé l'écriture pas adapté à notre époque, avec des termes mal choisi (comme souvent répété le terme "garçon" pour parler d'hommes murs, marié,avec plusieurs enfants), ou  vieillots, qui font très XIXe (je n'ai pas de termes précis en têtes). Enfin, cela m'a fait tiquer quelquefois et m'a agacé, durant ma lecture. 
En fait, je l'ai lu rapidement pour pouvoir passer à autre chose. 

Au final, une saga qui avait tout pour me plaire sur le papier, mais qui a fait pshitt, par une écriture semblant datée et maladroite, et des intrigues parfois trop exagérés auxquelles, je n'ai pas cru (comme si l'auteur devait faire du rocambolesques pour avoir de l'action et des révélations). Alors cela plaira probablement aux amoureux de sagas (car l'exotisme est tout de même là et les aventures de Lara sont nombreuses pour passer d'agréables moments de lectures et d'évasion), avides d'évasion, d'amour et d'exotisme, qui y trouveront leur bonheur. Pour ma part, cela ne l'a pas fait et j'en suis le premier chagriné. Dommage pour moi. 

Merci tout de même, aux Editions de L'Archipel pour ce voyage en terre Australe. 

Elizabeth Haran: Le pays du soleil rouge, (Flight of the Jabiru), Editions de l'Archipel, 453 pages, 2017


Slow Qui Tue #314: Right Here

Le slow qui tue de la semaine se dit que l'amour sera ici même:

SWV: Right Here



Bonne écoute!


vendredi 24 mars 2017

Swoosh

4e de couverture: Elle disparaît comme les chats, il est aussi encombrant qu’un piano de concert.
Elle dépense une énergie folle à ne pas sembler bizarre, il est inconscient de l’intérêt qu’il suscite.
Ils n’ont pas beaucoup plus de vingt ans.
Au début des années 90, à New York, ils veulent un présent qui ne ressemble pas au passé.


Quelquefois, nous sommes attirés par une 4e de couverture qui nous donne envie et une idée sur le genre de roman qu'on va lire. 
Sauf qu'en lisant le roman, ce n'est pas du tout ce  à quoi on s'attendait et on en sort déconcerté, voir un peu déçu. 

C'est un peu ce qui m'est arrivé avec ce roman. Je m'étais fait une idée du roman que me promettait le résumé, puis, en l'ouvrant, j'ai vu la dédicace de l'auteur (et du traducteur) à Quentin Tarantino...et là, mon idée du roman à quelque peu évolué, et je me suis senti un peu perdu car je ne suis pas très familier du cinéma de Tanratino, qui n'est pas trop ma came, mais bon, je suis partant pour un voyage, pas forcément fait pour moi. 

Alors ce roman n'est pas mauvais, loin de là: avec son écriture très cinématographique (d'ailleurs, les chapitres sont écrit comme des Scènes, et les différents paragraphes se découpent en séquences "Intérieur Nuit, ou Extérieur Jour". Avec, en prime, des  titres de chansons en début de chaque scène pour se mettre dans l'ambiance, comme lors d'une séance ciné), il nous plonge dans un New York des années 90, qui passe  des quartiers de Harlem aux quartiers huppés de Manhattan, raconté par une jeune femme (Sadie), qui fait des études d'économies le jour, et vend de la drogue, la nuit. Sadie vit en coloc avec Ike, un grand noir bodybuildé, qui fait des concours de gonflettes (style Mister Univers). Un jour, ils apprennent la mort d'un des frères de Ike, Lafayette, mort d'overdose...sauf que les deux jeunes gens ont des doutes sur les réelles raisons de sa mort. 

L'histoire va alors partir à cent à l'heure, dans les milieux de la drogue, des gangs, mais également des galeries artistiques de New York, montrant ainsi plusieurs pans de la société new-yorkaise de l'époque. 
Cela aurait pu me plaire, en effet, , mais j'ai trouvé, que le roman était trop trash pour moi, entre sexe, scènes parfois gore, comme la scène du sexe coupé à la machette... j'ai souvent eu des palpitations...pourtant, j'ai continué, comme hypnotisé par l'écriture de Lloyd Hefner. Son écriture syncopés, avec de nombreux dialogues et des onomatopées introduites en milieu du roman, font de ce roman pulp, un objet très surprenant.Et, je voulais savoir la fin, curieux que je suis.  
Puis, c'est un roman, peut être trop ancré dans son époque (il a été écrit en 1993), qu'il peut paraître daté en 2017...mais ce n'est que mon ressenti. 
Je voulais saluer le travail de Frédéric Roux qui a su rendre dans sa traduction,  avec maestria l'écriture et l'univers de Llyod Heffner. 

Au final, un roman pulp aux qualités indéniables dans son écriture et l'univers qu'il décrit, mais que j'ai trouvé trop trash pour moi et qui, aussi perdait de son intensité, vers le milieu, quand il décrit le monde de l'art, faisant ressentir quelques longueurs. Un roman pas fait pour moi, mais que je conseillerai tout de même aux amateurs du cinéma de Quentin Tarantino. En somme, à vous de vous faire votre propre idée. 

Merci aux Editions Tohubohu pour cette surprenante découverte. 

Lloyd Hefner: Swoosh (Girl Stream), Editions Tohubohu, 352 pages, 2017


jeudi 23 mars 2017

Un été à quatre mains

4e de couverture: Franz Schubert, compositeur déjà reconnu mais désargenté, a été invité comme maître de musique de deux jeunes filles de la haute aristocratie viennoise, dans leur somptueuse résidence d’été en Hongrie. Franz reconnaît bientôt en l’une des deux comtesses, Caroline, la plus jeune et la plus talentueuse, son âme sœur. Cet amour, cependant, va se briser sur les conventions et les interdits de caste. Cette passion fut-elle partagée ? Certains gestes, même les plus ténus, ne sont-ils pas, parfois, des aveux ? Un été à quatre mains explore les invisibles mouvements du cœur, et le mystère d’une histoire entre deux êtres qui rêvent d’un monde où ils trouveraient enfin leur place.

En ce mois de mars 2017,  les Edtions Ateliers Henry Dougier lancent une nouvelle collection "Littérature". Une collection présentée comme ceci: 

"Un auteur, habité par un personnage, un objet, un évènement, un lieu, le met en scène à un moment charnière de son histoire, proche ou lointaine. Un roman, un récit nous plonge dans une époque, un pays et nous entraîne dans un voyage jubilatoire. Trois à six titres par an seront publiés dans cette nouvelle collection."

Le premier titre de cette  collection est ce petit roman de Gaelle Josse, que l'auteur consacre à Franz Schubert, musicien qui l'a accompagnée (et l'accompagne encore) depuis sa plus tendre enfance. 
Elle revient dans ce petit roman à cet été 1824, où Franz Schubert vécu un amour pour la jeune comtesse Caroline Esterhazy, amour qui fut peut être réciproque, mais ça, on ne le sait pas. En revanche, il joua un rôle dans la musique de Schubert (il composa plusieurs musique à quatre mains lors de cet été là). 

J'ai beaucoup apprécié ce petit livre, lu en à peine deux heures. Dès les premières pages de l'histoire, je me suis senti projeté dans cette maison d'été à Zseliz, en Hongrie, en compagnie de Franz Schubert. 
Voilà un roman à la plume délicate, très introspectif et contemplatif. Je me suis laissé embarquer par les pensées et les sentiments contradictoires de Schubert. Je me suis aussi beaucoup retrouvé en lui, dans sa timidité, son côté un peu gauche, et qui ne se sent bien que quand il est au piano. 
On se laisse prendre à rêver et on voyage vers cet été qui chamboula la vie de ces deux jeunes gens (Schubert à seulement 27 ans et Caroline 19 ans). 
Au fil de la lecture, on ressent un changement d'attitude chez le comte et la comtesse, les parents de Caroline, comme s'ils avaient remarqué le rapprochement entre les deux jeunes gens.

Je vous avoue tout de même que j'ai ressenti une certaine torpeur à un moment (comme si la chaleur ressenti par Franz cet été là,  venait vers moi) et j'ai laissé mon esprit vagabonder lors de ma lecture...mais j'y revenais à chaque fois, ravi. 

J'ai trouvé appréciable que Gaëlle Josse nous parle de son inspiration et de son choix pour ce roman, dans un petit "Avant Lire" fort instructif.
 Alors, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé durant ces cinq mois en Hongrie: Gaëlle Josse a simplement laissé faire son imagination pour nous embarquer dans ce petit moment de grâce et de délicatesse...comme un morceau de Schubert.



Merci aux Editions Atelier Henry Dougier pour la découverte de cette nouvelle collection qui commence fort bien avec ce titre. 

Gaëlle Josse: Un été à quatre mains, Ateliers Henry Dougier, 87 pages, 2017