dimanche 17 septembre 2017

Slow Qui Tue #330: Suddenly

Le slow qui tue de la semaine a été soudainement envoûté par quelque chose contre laquelle elle ne peut rien.

Soraya: Suddenly


Bonne écoute!



samedi 16 septembre 2017

Rentrée Littéraire #7: Hillbilly Elégie

4e de couverture: Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter.
Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

J.D. Vance, avocat, raconte dans ce roman autobiographique, son parcours initiatique, et nous montre une population à laquelle on ne pense pas souvent: celle des "Hillbillies" (que l'on pourrait traduire par "péquenots", (même si je trouve ce terme péjoratif), ces blancs pauvres, et plus particulièrement ceux des Appalaches, issus de la classe ouvrière. 
Entre histoire personnelle et constat politique, J.D. Vance défend cette population, qui a voté pour Trump aux dernières élections et démontre comment elle en est arrivé là. C'est également un très bel hommage que J.D. rend à sa famille, et surtout à ses grand-parents, qu'il surnommaient affectueusement Mamaw et Papaw. 
Il revient sur leur histoire, leur installation dans le Kentucky puis l'Ohio. Les enfants qu'ils ont eu (dont la mère de J.D. qui fut une femme un peu perdue et qui accumula les hommes et sombra dans la drogue). Au fil du texte, on se rend compte que si Mamaw n'avait pas été là pour prendre soin de J.D. et Lindsay (la soeur de ce dernier) ces deux là auraient peut être mal tourné. C'est elle qui leur a insufflé l'effort du travail et de croire en ses capacités. C'est grâce à elle que J.D. peut vivre son rêve américain et devenir l'homme qu'il est devenu: un avocat respectable, avec une belle petite famille, loin de ces Hillbillies qu'il a pourtant côtoyé et qu'il ne renie en aucune façon. Et ce joli livre touchant en est la preuve. 
Je m'aperçois qu'il m'est un peu difficile de trouver les mots pour parler de ce livre: le parcours de J.D. et son amour pour ses grands-parents m'a beaucoup touché. Dans sa plume on ressent tout l'amour et le respect qu'il a pour eux, et même pour sa mère,qu'il ne juge en rien, car beaucoup de pauvres blancs de cette région des Appalaches avaient la même vie qu'elle. J.D. s'en est sorti grâce à son entourage combatif et ayant le respect de l'effort,et tout ça grâce à  sa grand-mère, ce sacré personnage, qui n'hésitait pas parfois à sortir son fusil pour défendre les siens. 
Plus on avance dans le parcours de J.D., plus je me suis senti un peu en dehors du livre: le parcours universitaire et ses premiers pas d'avocats sont intéressants à découvrir mais moins fort que les passages de son enfance et son adolescence. Mais cela n'enlève rien à la beauté de ce bel hommage. 

Au final, un roman autobiographique touchant qui donne un visage à cette population blanche et pauvre des Etats Unis qui a peu à peu perdu ses illusions. C'est également un beau parcours initiatique qui démontre tout de même qu'à force de volonté et avec l'aide d'un entourage qui le soutien, on peut réaliser ses rêves et s'en sortir. Un roman plein d'espoir que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions Globe pour cette touchante découverte.

J.D. Vance: Hillbilly Elégie, (Hillbilly Elegy), Editions Globe, 288 pages, 2017



mercredi 13 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #234

En 1996, ce rap servant de BO a un film avec Michelle Pfeiffer, allait déferler sur les ondes.

Coolio: Gangsta's paradise (1995)


Le second album [de Coolio] Gangsta's Paradise, fait mieux [que son premier], en particulier grâce à la chanson qui lui donne son titre, le plus gros hit rap de 1996 qui n'est rien d'autre qu'une réinterprétation du Pastime Paradise de Stevie Wonder, et qui fit un triomphe en France durant l'hiver 96, puisqu'il resta plus de 10 semaines en tête des ventes de singles. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1996", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 10 septembre 2017

Slow Qui Tue #329: Je n'aurai pas le temps

Le slow qui tue de la semaine court après le temps, toujours trop court.

Michel Fugain: Je n'aurai pas le temps



Bonne écoute!


jeudi 7 septembre 2017

Rentrée Littérraire #6: Jusqu'à la bête

4e de couverture: Erwan est ouvrier dans un abattoir près d'Angers. Il travaille aux frigos de ressuage, dans un froid mordant, au rythme des carcasses qui s'entrechoquent sur les rails. Une vie à la chaîne parmi tant d'autres, vouées à alimenter la grande distribution en barquettes et brochettes. Répétition des tâches, des gestes et des discussions, cadence qui ne cesse d'accélérer... Pour échapper à son quotidien, Erwan songe à sa jeunesse, passée dans un lotissement en périphérie de la ville, à son histoire d'amour avec Laëtitia, saisonnière à l'abattoir, mais aussi à ses angoisses, ravivées par ses souvenirs. Et qui le conduiront à commettre l'irréparable.
Jusqu'à la bête est le récit d'un basculement, mais également un roman engagé faisant résonner des voix qu'on entend peu en littérature.

Le 2e roman de Timothée Demeillers, Jusqu'à la bête, est une véritable claque qu'on se prend en pleine figure. 

C'est toujours enthousiasmant de découvrir un nouvel auteur, qui va nous embarquer dans son univers. On se demande si la découverte sera une belle surprise. 
L'univers qu'explore Timothée dans son roman, est des plus glauque et on s'y sent un peu mal à l'aise, tellement il est ancré dans notre réalité et tellement on se reconnait dans le personnage d'Erwann. 
On suit donc  Erwann, un trentenaire, ouvrier dans un abattoir, qui, au début de roman se trouve en prison, sans que le lecteur ne sache pourquoi (cela sera dévoilé à la fn du livre)i. Dans sa cellule, il déroule le fil de ses pensées, et celui de sa vie: son boulot à l'abattoir, si mécanique, si répétitif, tellement peu emballant, et qu'il n'arrive pas à se sortir de la tête, entre le sang des bêtes, les bruits (ces fameux clacs qui font défiler les carcasses des bêtes), les mauvaises blagues des collègues, puis son histoire d'amour avec Laetitia,cette jeune étudiante, intérimaire à l'abattoir durant un été, en 2006, puis son adolescence pas toute rose, dans la banlieue de Rennes, avec son jeune frère Jonathan, qui a réussi  sa vie mieux que lui,apparemment, avec un travail , une femme (Audrey) et deux petites filles, qui sont un peu la bouée de sauvetage d'Erwann, quand il part en vacances avec eux, pour oublier le boulot et l'usine. 

Ce roman, c'est simplement l'histoire d'un naufrage, une vie qui bascule dans l'horreur la plus totale...mais aussi la plus banale...celle qui fera un article dans la rubrique "faits divers" du journal local et qui pourrait arriver à tous...et même à nous. 
En lisant Jusqu'à la bête, j'ai souvent été troublé de constater à quel point la vie d'Erwann, pouvait ressembler à la nôtre. Les histoires et les pensées qu'il raconte sur la vie à l'abattoir, a fait écho à mon propre travail. Et je me suis souvent demandé, lors de ma lecture,  ce qui avait fait que je n'avais pas (encore) péter les plombs, comme c'est le cas d'Erwann. 

Comment Timothée Demeillers a pu transformer une histoire si réelle et surtout si banale en un roman percutant et fort qui fait réfléchir? Tout simplement grâce à un style vif et nerveux, qui claque au visage du lecteur et qui rend le texte vivant. Il assène cette vérité crue, et cette banalité du quotidien pour en faire ressortir toute la tristesse abyssale qu'elle renferme. C'est pas joyeux, certes, mais c'est tellement vrai, que cela fait un peu peur par certains côtés. 
En tout cas, j'en ressors complètement hypnotisé, et un peu groggy. 

Au final, un roman noir percutant, d'un réalisme glaçant de banalité, sur un homme désabusé et hanté par son boulot, qui va le faire sombrer jusqu'au point de non retour. Un roman au style vif et saccadé, fait de phrases courtes, comme des coups de poing que le lecteur se prend en plein visage. La découverte d'un auteur à suivre, c'est certain, et que je serai curieux de retrouver (probablement avec son premier roman). Une belle découverte de cette rentrée littéraire. 

Merci aux Editions Apshalte pour la découverte de l'univers de Timothée Demeillers. 

Timothée Demeillers: Jusqu'à la bête, Editions Asphalte, 149 pages, 2017


mercredi 6 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #233

En 1991, Crystal Waters se lance dans la chanson en lançant un la-da-dee-la-da-da entêtant.

Crystal Waters: Gypsy Woman (1991)



On pourrait imaginer qu'il s'agit d'un pseudonyme: son nom ne signifie-t-il pas littéralement "les eaux de cristal"? Eh bien pas du tout: nièce de la chanteuse de jazz Ethel Waters (une star des années 20 et 30 qui fut une idole de Billie Hollyday), Crystal est ingénieur diplômée en informatique lorsqu'elle se lance dans la chanson soul le temps d'une chanson dont les "la-da-dee-la-da-da" font le tour de la planète. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1991", Polygram Direct)

Bonne écoute!


mardi 5 septembre 2017

Rentrée Littéraire #5: Les Terres dévastées

4e de couverture: Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit: un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes: Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu «sans voix, sans âme et sans nom».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

Sans espoir et un amer goût de violence dans la bouche. Voilà comment pourrait être perçu le dernier roman d'Emiliano Monge. 
J'ai voulu découvrir ce livre pour sortir de ma zone de confort (la littérature américaine) pour trouver quelques chose de différent. Je crois que j'ai été servi avec ce roman mexicain. Il est bon parfois d'aller prendre des chemins de traverse qui nous font aller très loin. ici, c'est dans la violence la plus brute que l'auteur nous embarque et je dois dire que je n'étais pas préparé à ça. 
Emiliano Monge est en plein dans l'actualité avec ces migrants qui traversent la frontière mexicaine pour un monde meilleur...sauf que la jungle (ces fameuses terres dévastées) dans laquelle ils se trouvent va être un véritable enfer. Raconter l'histoire des migrants par le prisme de leur ravisseurs (car ces migrants sans noms, et sans visages vont se faire piéger par leurs passeurs, qui vont les donner à des trafiquants pour qu'ils les vendent) est une formidable idée, qui peut être à double tranchant pour le lecteur, qui se sent déstabilisé. 
En donnant un visage aux ravisseurs (Epitafio et Estela, ce couple, qui tout au long du livre va tenter de communiquer sans trop y parvenir), l'auteur m'a fait ressentir un sentiment étrange: une sorte de malaise: comment pouvais je avoir de la compassion pour ces ravisseurs et non pas pour ces pauvres gens? Tout simplement grâce à l'auteur qui leur à donner une âme, alors que la "masse de migrants" n'ont plus aucune identité et ne sont que marchandise. (C'est horrible de dire ça, mais c'est ce que j'ai ressenti envers ces gens, à qui l'auteur laisse pourtant,  parfois la parole). Seul l'un d'entre eux, Mausoléo (c'est Epitafio, qui la renommé comme cela) ce "géant" auquel Epitafio donne une chance à droit à la parole et à un nom: cette chanson, il  va la saisir et essayer de jouer double jeu avec les deux ravisseurs, Epitafio et Sepelio, afin de pouvoir s'en sortir. Il y a également une histoire de vengeance dans ce roman, sauf que sur ce coup, je n'ai pas totalement adhéré car je n'ai pas compris le ressentiment de Sepelio pour Epitafio. Peut être suis je passé à côté. Dommage, car cela créait une tension indispensable pour les enjeux de l'histoire. 
C'est un texte difficile à lire, de par la violence qui se dégage de la situation (on est dans une véritable jungle qui pue la mort à chaque pas), mais aussi de l'écriture crue de l'auteur. Pourtant, parfois, il y a des moments de lyrisme,qui m'ont charmé. Mais ils sont toujours contrebalancé par la violence verbale et physique qui émane de tout le livre. On oscille à chaque fois, entre enfer et paradis, espoir et désillusion et ce yoyo sentimental n'est pas de tout repos pour le lecteur. 
Il y a une sorte de fascination pour les personnages, pour la plupart malveillants, du livre,qui s'est formé dans mon esprit et qui m'a fait continuer ma lecture: j'ai eu envie de savoir comment tout cela allait se terminer. Ayant maintenant la réponse à cette question, je garde un goût amer dans la bouche: c'est un roman affreusement  pessimiste: la jungle m'a peu à peu englouti et je pense ne pas sortir indemne de cette lecture.
Au final, un roman percutant qui vous happe dès le départ, malgré une confusion, qui vous laisse sur le carreau, les 50 premières pages (comme si vous étiez vous même l'un des migrants du livre) et qui vous englouti dans un monde de violence, de haine et de désillusion, qui vous laisse l'esprit poisseux. Un roman dans lequel on ressort quelque peu sonné. Cette première découverte de la littérature mexicaine fut une véritable claque, qui m'a laissé KO. Un roman et une plume dévastatrice (celle d'Emiliano Monge) à découvrir ma fois, , en prenant garde toutefois, car vous risquez de prendre des coups et de ne pas en sortir indemne. 

Merci aux Editions Philippe Rey pour cette percutante découverte.

Emiliano Monge: Les Terres dévastées, (Las Tierras arrasadas), Philippe Rey, 347 pages, 2017


dimanche 3 septembre 2017

Slow Qui Tue #328: Everyday now

Le slow qui tue de la semaine se demande chaque jour maintenant, pourquoi elle l'a laissé partir.

Texas: Everyday now




Bonne écoute!


mercredi 30 août 2017

Rentrée Littéraire #4: Sissi, impératrice malgré elle

4e de couverture: 1853. Au Palais des Habsbourg, à Vienne, l'empereur François-Joseph Ier peut s'enorgueillir de la puissance de son empire, dont le pouvoir s'étend de l'Autriche à la Russie, en passant par l'Allemagne et la Hongrie. A la tête de la famille la plus puissante d'Europe, François-Joseph est riche, jeune, et prêt à se marier. Elisabeth, qu'on surnomme Sissi, duchesse de Bavière, n'a que quinze ans quand elle est introduite à la cour des Habsbourg en compagnie de sa soeur aînée, promise à l'empereur. 
Mais ce dernier, attiré par la beauté saisissante de Sissi, son charme rafraîchissant et son esprit vif, décide que c'est elle, en réalité, qu'il veut épouser... Sissi doit d'abord faire face à un dilemme avant d'être brusquement mise sur le devant de la scène royale. Mais la jeune fille n'a aucune idée des épreuves qui l'attendent.

Dans l'inconscient collectif, Sissi est un personnage mythique incarnée à l'écran par Romy Schneider dans trois films. 
Seulement, il ne faut pas oublier qu'avant d'être un personnage de films, Elizabeth de Bavière, devenue impératrice d'Autriche est avant tout un personnage historique, qui est bien loin de ce que montrait les bluetttes cinématographiques. 

Dans ce premier volet, qui retrace la vie de Sissi, Allison Pataki s'éloigne des films pour se concentrer sur la véritable Sissi, et tout ce que je peux dire, c'est qu'elle réussit amplement à donner du souffle à son roman et à son personnage. C'est captivant. 
En lisant ce livre, on se rend compte que Sissi n'a pas eu la vie si facile que ça: à cause d'un coup de foudre pour son cousin Franz, elle va se retrouver propulsée au rang d'impératrice, titre qui aurait dû échoir à sa soeur Hélène. Sauf que la jeune fille de 15 ans, n'est pas prête pour jouer ce rôle, et sa belle-mère, l'archiduchesse Sophie va lui en faire voir de toutes les couleurs. 
On est bien loin du glamour des films et j'ai été souvent peiné de voir la vie de Sissi à la cour de Vienne. J'ai souvent fulminé devant son combat avec Sophie, dans lequel elle est si souvent perdante. 
Sissi est un personnage flamboyant, fougueux, qui se laisse emporter par l'amour (comme toutes les ados de 15 ans), mais son côté rebelle n'a pas sa place à la cour et ses accès de colère et de rébellion sont souvent compris comme des caprices d'enfant gâtée. Mais surtout, Sissi se rend bien compte qu'elle ne peut pas compter sur le soutien de son mari Franz, (le véritable fils à sa môman, qui dit amen à tout ce que dit cette dernière). J'ai souvent eu un sentiment de frustration vis à vis de ça. Le portrait que fait Allison Pataki de l'empereur est bien loin de l'image romantique que j'avais gardé de Franz, mais elle est plus proche de la vérité historique, il me semble. 

Encore une fois, la construction du roman est fait de flashbacks (je rencontre ce procédé assez souvent dans mes lectures,ces derniers temps) , puisque le roman débute en juin 1867, en Hongrie, pour revenir dans le premier chapitre en juillet 1853,  à Possenhofen, lors de la discussion de la duchesse Ludovica, avec ses filles Elizabeth et Hélène, à propos des fiançailles de cette dernière avec son cousin Franz. 
Le récit va ainsi se dérouler sur une quinzaine d'années, pour montrer le coup de foudre de Sissi pour Franz, son mariage, sa vie à la cour de Vienne, son combat avec Sophie, sa solitude et sa dépression, dû au fait que ses enfants soient élevés par sa belle-mère Sophie et qu'elle ne les voit quasiment pas. 
Sauf que Sissi va se prendre de passion pour la Hongrie, pays représenté par un certain Andrassy. Elle va prendre alors une décision qui va changer son destin. 

Au final, un roman historique de très belle facture, qui donne à voir un personnage important de l'histoire d'Autriche, bien loin de l'image guimauve des films. Le style de l'auteur est fluide, et cette histoire d'amour déçu nous ouvre les portes de la cour de Vienne, avec ses intrigues politiques, ses coups bas et autres joyeusetés. C'est captivant de bout en bout et la fin nous augure un nouveau départ pour Sissi dans un 2e tome, que je prendrai plaisir à lire. En tout cas, si vous voulez en savoir plus sur la vraie Sissi, n'hésitez pas à vous plonger dans ce très bon roman d'Allison Pataki. 

Merci aux Editions de l'Archipel pour la découverte. 

Allison Pataki: Sissi, impératrice malgré elle, (The Accidental Empress), L'Archipel, 519 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #232

En 1990, le groupe C+C Music Factory allait nous faire transpirer sur les pistes de danse.

C+C Music Factory: Gonna Make you sweet (1990)





"Nous allons vous faire transpirer", sous titré Everybody dance now, est le premier n°1 des ventes (catégories pop et rythm'n'blues) aux USA pour ce duo formé par les sorciers de la dance Robert Clivilles et David Cole (d'où le C+C), épaulé pour l'occasion par la chanteuse Freedom Williams. Clivilles décèdera prématurément au milieu de la décennie, peu après la sortie de l'album Anything Goes! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1990", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 27 août 2017

So Jazz #18 (Saison 2): Stan Getz


Stan Getz

Né le 2 février 1927 à Philadelphie (Pennsylvanie), Stanley Gayetzsky, plus connu sous le nom de Stan Getz, est un musicien de jazz, connu pour être l'un des plus grands joueurs de saxophone ténor.On le surnommait "The Sound (le son) en raison de de sa sonorité ample, pure et riche. 

A 15 ans, Il fait ses débuts au saxophone ténor, chez Dick Rogers. Avant d'être engagé par Stan Kenton, en 1944, il effectue des stages chez Jack Teagarden, Dale Jones et Bob Chester. Puis il joue dans les orchestres de Jimmy Dorsey, Benny Goodman, Randy Brooks,  et Herbie Fields. Installé en Californie, , il s'associe avec Butch Jones, dirige un trio et est engagé par Woody Hermann pendant deux ans (1947-1949). 

De 1955 à 1957, il enregistre abondamment avec le label Verve de Norman Granz avec Lionel Hampton, Gerry Mulligan, Lou Levy. En 1958, il participe à la bande originale du film, Les tricheurs

En 1962, il découvre le Brésil et la bossa nova. Il enregistre à New York en 1963, le fameux album Getz/Gilberto avec le "père" de la Bossa Nova, Joao Gilberto.  et la participation de la femme de celui-ci Astrud, notamment dans une version du standard de Tom Jobim et Vinicius de Moraes, "A garota de Ipanema qui deviendra en anglais The Girl from Ipanema. Ce sera la version la plus connue et la plus jouée à la radio. 
Il est l'un des bénéficiaires de cette vogue de la bossa et un découvreur de talents, parmi lesquels,  les pianistes Chick Corea, Joanne Brackeen, et Andy Laverne. 

Stan Getz est à la Bossa Nova ce que Benny Goodman est au jazz, 

Stan Getz décède en 1991, à l'âge de 64 ans. 

Je connais le nom de Stan Getz depuis mon adolescence, mais je me suis penché sur sa musique que depuis quelques années. J'ai alors découvert un artiste virtuose, qui m'a fait découvrir la Bossa Nova (qui pendant longtemps ne se résumait pour moi qu'à la chanson de Chico Buarque, qu'une boisson gazeuse avait choisi pour illustrer son spot de pub), ce rythme doux et lancinant qui nous invite à la danse et qui sera toujours associé dans mon esprit,  à l'été. 

Pour "So Jazz", j'ai choisi le morceau le plus fameux (avec the girl from Ipanema) de Stan Getz, qui je l'espère, va vous donner envie de bouger. 


Desafinado

Bonne écoute! 

C'est avec Stan Getz que se clôt ce 2e été "So Jazz". J'espère que vous avez apprécié la (re)découverte de tous ces artistes. 
Dès dimanche prochain, retour des "Slow Qui Tue" qui entamera sa 9e saison. 


mercredi 23 août 2017

La Discothèque du 20e siècle #231

En 1988, Félix Gray débarque dans le monde de la variété (et dans le Top 50) avec son plus gros succès en solo: "la Gitane".

Félix Gray: la Gitane (1988)



Amoureux des chansons et des mélodies bien faites, Félix Gray s'est fait connaître avant même son association heureuse avec Didier Barbelivien. Ainsi, La Gitane, chanson dont il a écrit les paroles et la musique, a atteint une fort enviable 3e place au Top 50 en 1987. Depuis lors, le parcours de ce chanteur au charme certain est apprécié de tous. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°13", Universal Collections)

Bonne écoute!


lundi 21 août 2017

Rentrée Littéraire #3: Le sympathisant

4e de couverture: À la fois fresque épique, reconstitution historique et oeuvre politique, un premier roman à l'ampleur exceptionnelle, qui nous mène du Saigon de 1975 en plein chaos au Los Angeles des années 1980. Saisissant de réalisme et souvent profondément drôle, porté par une prose électrique, un véritable chef-d'oeuvre psychologique. La révélation littéraire de l'année.
Je suis un espion, une taupe, un agent secret, un homme au visage double.

Ainsi commence l'hallucinante confession de cet homme qui ne dit jamais son nom. Un homme sans racines, bâtard né en Indochine coloniale d'un père français et d'une mère vietnamienne, élevé à Saigon mais parti faire ses études aux États-Unis. Un capitaine au service d'un général de l'armée du Sud Vietnam, un aide de camp précieux et réputé d'une loyauté à toute épreuve.
Et, en secret, un agent double au service des communistes. Un homme déchiré, en lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Un homme en exil dans un petit Vietnam reconstitué sous le soleil de L.A., qui transmet des informations brûlantes dans des lettres codées à ses camarades restés au pays. Un homme seul, que même l'amour d'une femme ne saurait détourner de son idéal politique...

SYMPATHISANT n. m. : personne qui approuve les idées et les actions d'un parti sans y adhérer.

Le premier roman de Viet Thanh Nguyen est un livre coup de poing qui va complètement vous surprendre. 

Dès les premières phrases, j'ai senti que ce roman n'allait pas être si simple à lire et qu'il allait me falloir du temps pour en faire la lecture et pour digérer ce que j'étais en train de découvrir. 
Le lecteur assiste à la confession d'un vietnamien qui a fuit son pays après la chute de Saïgon aux mains des communistes pour les Etats Unis . Le narrateur de cette histoire (qui n'aura jamais de nom) est un capitaine au service d'un général. On apprend par la suite qu'il est un bâtard né d'une vietnamienne et d'un prêtre français qui ne l'a jamais reconnu. Dès sa naissance, il se retrouve donc pris entre deux feux, deux cultures, et cela continue puisque travaillant pour un général qui combat les communistes qui ont envahi son pays, le narrateur est également une taupe au service des communistes à qui il donne des renseignements.
Ce roman aborde donc plusieurs thèmes: la double culture de par la naissance (ici franco-vietnamienne), le conflit entre l'Occident et l'Orient, la Guerre Froide également, qui sévit entre les Etats Unis et la Russie, et dont le Vietnam est un enjeu (le roman débute bien après la guerre du Vietnam que les américains ont perdu) comme beaucoup de pays d'Orient. Il parle également d'espionnage et de comment une taupe fait pour rester en vie et ne pas se faire démasquer. Ce roman évoque aussi la torture qui nous donnera des moments de lecture très difficiles à supporter émotionnellement. 

Ce roman est très intéressant de par les thèmes qu'il aborde et dont je parle plus haut, mais il n'est pas facile à aborder et il faut s'accrocher pour pouvoir y entrer. Le style de l'auteur est un style exigeant, qui ,même s'il nous embarque dès les premières pages, nous perd aussi avec une forme très inhabituelle pour un lecteur comme moi. En fait, l'auteur a décidé d'inclure les dialogues dans la narration. Déjà que celle ci se fait à la première personne du singulier puisque c'est le narrateur qui se confesse, si en plus, les dialogues ne sont pas lisible de suite (comme c'est le cas dans la plupart des romans par des tirets et des retours à la ligne), la lecture devient difficile et on est vite perdu, ne sachant plus qui parle. Enfin, les premiers temps. Après une centaine de pages, l'esprit à vite fait de faire le raisonnement et s'habitue avec ce genre de narration. 
Tout cela pour dire que nous sommes face à un roman foisonnant, et exigeant, mais qui a un intérêt historique important. Il nous parle du Vietnam et des conséquences des guerres que ce pays vécu après 1945 (entre le conflit ifranco-indochinois et la guerre entre les vietcongs et les américains), mais aussi de l'intégration des vietnamiens aux Etats Unis, avec l'arrivée du général, et de ses soldats fuyant leur pays avec femmes et enfants, et se recréant un petit Vietnam à Los Angeles. Et de bien d'autres choses encore que je vous laisse découvrir. 

Un retournement de situation arrive vers les cinquante dernières pages et nous laisse pantois et angoissé devant la situation du narrateur. C'est impressionnant et admirable, même si cette partie là est un peu insoutenable. 

Au final, un roman exigeant (que Clément Baude à très bien traduit malgré un style complexe) dans lequel il vous sera peut être difficile d'entrer. Mais si vous y arrivez, vous vous trouverez en face d'une histoire forte et bouleversante de vérité: un témoignage sur le Vietnam après le conflit americano-vietnamien qui ne peut pas vous laisser indifférent.

Merci à Diane et aux Editions Belfond  pour cette découverte.

Viet Thanh Nguyen: Le sympathisant, (The Sympathizer), Belfond, 487 pages, 2017




dimanche 20 août 2017

So Jazz #17(Saison 2): Miles Davis


Miles Davis

Né le 26 mai 1926 à Alton (Illinois), Miles Davis est un trompettiste et compositeur de jazz. 

Miles Davis a commencé à jouer de la trompette à 13 ans. Il fut un des grands artistes à avoir contribué à l'évolution du jazz et à s'entourer de nouveaux talents. Beaucoup de grands noms du jazz des années 40 à 80 travaillent avec lui. 

Les différentes formations de Miles sont comme des laboratoires où se révèlent de nombreux talents et ouvrent plusieurs portes de la musique moderne. Parmi ces talents, on peut nommer Sonny Rollins, Julian "Cannonball" Aderley, Bill Evans et John Coltrane dans les années 50. Dans les décennies suivantes, ses sidemens, se nomment Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea. .
C'est dans ces années là qu'il se dirige vers le jazz fusion, dont il reste l'un des pionniers.

Miles Davis est un des rares jazzmen et l'un des artistes noirs à être connu et accepté par l'Amérique moyenne. Comme Louis Armstrong, Miles Davis est ce phénomène curieux: une superstar du jazz. A la différence de Louis, qui avait recherché l'intégration  à la culture grand public dominé par la population blanche, le parcours musical de Miles Davis s'accompagne d'une prise de position  en faveur de la cause noire et de sa lutte contre le racisme. 

En 1959 sort le fameux album Kind Of Blue (son chef d'oeuvre) un album improvisé autour de trames qu'il a composées. 
En France, c'est l'enregistrement de la musique du film Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle, avec la regrettée Jeanne Moreau, qui le rend célèbre. 

Son dernier album Doo bop, publié après sa mort, laisse même éclater des influences rap. Comme quoi Miles était toujours à l'écoute de la musique de son temps et son évolution. 

Il est mort le 28 septembre 1991. 

Ma découverte de Miles Davis date de 2011 avec l'achat du fameux album "Kind Of Blue. J'ai alors découvert une autre facette de la trompette (j'avais découvert Chet Baker quelques années plus tôt). Sa façon de jouer de la musique m'a complètement envoûte. Elle était chaude et sensuelle, mais surtout, elle était maîtrisée et j'ai été encore plus admiratif quand j'appris ensuite que l'album était de l'improvisation totale. 

Pour "So Jazz", j'ai choisi le morceau qui donna le titre de cet album car je trouve que c'est une superbe porte d'entrée dans l'univers du grand Miles. 


Kind of blue

Bonne écoute! 


vendredi 18 août 2017

Rentrée Littéraire #2: La Muette

4e de couverture: Il existe, à quelques kilomètres de Paris, un lieu méconnu, même si des événements majeurs s’y sont déroulés : la cité de la Muette. À l’origine, elle devait être un fleuron de l’architecture française. Dessinée par deux grands architectes, elle représentait une réponse au Bauhaus allemand, et une révolution du logement populaire. Mais le chantier a été interrompu avant-guerre et, de 1941 à 1944, la Muette est devenue le camp de Drancy, administré par les gendarmes et les nazis. Depuis ces bâtiments, soixante-sept mille Juifs furent déportés.

Le destin de cette cité, qui concentre ce qu’on ne veut pas voir à la fois dans l’histoire et dans la société françaises, ne s’arrête pas là : après la Libération, elle a été aménagée pour y créer des logements sociaux. Les anciennes chambrées des détenus, cloisonnées à la va-vite pour faire des studios et des deux-pièces, sont encore habitées de nos jours.

Dans ce roman choral, l’auteur nous invite à suivre le parcours de deux personnages attachants, Elsa, détenue en 1943, et Nour, un jeune Beur d’aujourd’hui. Ils n’ont pas la même langue, pas le même rapport au désir ni à la mort, mais leurs histoires s’entremêlent et se répondent. Si bien qu’au croisement de leurs monologues, on croit entendre les voix de la Muette.

Alexandre Lacroix nous livre un roman à deux voix pour nous parler de l'histoire d'une cité: celle de La Muette. 

Ce roman m'a intrigué par son procédé: avoir  un double visage d'une cité de la banlieue parisienne. C'est tout d'abord le parcours d'Elsa qui m'intéressait puisqu'on va la suivre dans ce camp de Drancy où elle fut en attente de déportation, en 1943. J'ai toujours été intéressé par cette période de l'histoire et revenir sur ce camp de transit dont j'entends parler depuis des années,comme une ombre planant sur cette partie sombre de notre histoire, sans vraiment savoir ce qui s'y était passé, fut des plus bouleversants.
Elsa va alors nous prendre par la main et raconter son quotidien terne et morbide dans ce camp de Drancy. J'ai été souvent au bord du malaise devant son récit, où la dure réalité de cette partie de l'histoire nous happe et nous bouleverse. Elsa nous raconte son histoire sans fioriture, en n'omettant pas la crasse, la peur provoqué par les SS qui se trouvaient là, mais aussi par la petite lueur d'espoir qu'elle gardait tout de même comme le passage où elle raconte à l'historien qui la contacté, les heures d'école qu'elle donnait en cachette aux enfants du camp. Elle nous raconte son amitié avec Louise, une jeune femme qui partageait sa couverture, mais également les dénonciations, les tortures...sans fard et sans rien omettre, même le plus difficile. 

Devant ce récit poignant, celui de Nour, jeune homme d'aujourd'hui, vivant dans la Cité de la Muette (qui abrita le camp de Drancy durant la guerre) parait bien pâlot et plus cru, sans charme et empli d'un peu de vulgarité. C'est un jeune mec désabusé par la vie, qui essaye de se trouver une place dans cette cité morne et sans vie, et qui réussit à s'y trouver bien grâce à ses amis Jamie et Samantha.
Quand son histoire commence, Nour est chez les flics pour être interrogé. Progressivement il déroule son histoire à l'inspecteur qui l'interroge et on va comprendre comment il en est arrivé là. Il va nous raconter les plans galère, la drogue, même s'il n'en consomme pas, ses virées parisiennes, son histoire de cul avec Samantha, la copine de son pote Jamie, tout ça dans une langue d'un jeune de cité, qui résonne à notre oreille, comme le témoignage d'une jeunesse désoeuvré. . 

L'histoire de ces deux jeunes gens (à peu près du même âge, mais à des époques différentes) que l'auteur a décidé d'alterner d'un chapitre à l'autre, m'a beaucoup plu car elle permet d'avancer dans le roman en évitant d'entrer dans le malaise. En effet, l'histoire d'Elsa était tellement dure que le parcours désabusé de Nour, faisait comme une sorte de respiration, même si ce qu'il racontait n'était pas très joyeux non plus.
La force du roman, c'est l'écriture d'Alexandre Lacroix. Il a complètement réussi à faire entendre deux voix bien distinctes au lecteur, ce qui fait qu'on entendait à notre oreille, la voix d'Elsa, puis celle de Nour, ce qui les rend plus proche de nous et lui donne une certaine réalité. 
Voici deux parcours que l'on croit bien différents au premier abord, mais qui se rejoignent par bien des aspects (comme la désillusion,le désœuvrement), et qui nous montre l'évolution de cette cité. Ce qui m'a le plus frappé, en définitive, c'est que le présent de Nour fait écho aux souvenirs d'Elsa, comme quand Nour parle de ce que Bernard, cet homme qui ne vit que pour boire, lui montre ce qu'il a trouvé dans sa cave: le dessin d'une femme avec une date: août 1943 (comme si cette femme dessinée était le portrait d'Elsa ou Louise et que ces dernières avaient vécues à cet endroit là et avaient laissé une trace). Ce fut sacrément troublant. 

Au final, un roman bouleversant et intriguant qui nous fait entendre la voix d'une cité, à travers le temps, celle de la Muette, comme pour garder une trace de ce qui se passe dans les banlieues. Ce n'est pas misérabiliste, ni cliché. C'est simplement la vie. La vie de deux êtres que tout oppose en apparence: un jeune beur et une vieille dame,qui, de par leur histoire, nous démontre que leur vie est tellement proche et pas si différente, par certains aspects. 
Avec ce livre, l'auteur a voulu "donner des voix à la Muette". Il a fortement réussi car les voix d'Elsa et de Nour résonnent en nous, bien longtemps après avoir tourné la dernière page. 

Merci aux Editions Don Quichotte pour cette découverte déconcertante.

Alexandre Lacroix: La Muette, Don Quichotte, 205 pages, 2017


jeudi 17 août 2017

Rentrée littéraire #1: "L'embaumeur" ou l'odieuse confession de Victor Renard

4e de couverture: " Pute borgnesse ! "
Victor Renard n'eut jamais de chance avec les femmes. À commencer par sa mère, l'épouvantable Pâqueline, qui lui reprochait d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau de son cordon ombilical. Puis ce fut Angélique, la prostituée, qui se moquait des déclarations enflammées de Victor et de sa difformité, comme de sa " demi-molle ".
Victor échappe pourtant à sa condition misérable : il devient embaumeur. Avec les cadavres, au moins, le voilà reconnu. Et en ces temps troublés, quelle meilleure situation ? Les morts, après la Révolution, ne manquent pas dans Paris...
Mais le sort le rattrape et l'épingle, comme le papillon sur l'étaloir. Face à ses juges et à la menace de la guillotine, Victor révèle tout : ses penchants amoureux, les pratiques millénaires de la médecine des morts, le commerce des organes et les secrets de sa fortune.
Où l'on découvrira que certains tableaux de nos musées sont peints avec le sang des rois de France...


Première belle surprise de la rentrée littéraire  que le nouveau roman d'Isabelle Duqesnoy! Que dis je une surprise. Une petite merveille! 

Isabelle Duqesnoy nous offre dans ce roman qu'elle a mis dix ans à écrire, la confession d'un personnage hors norme: Victor Renard. Celui ci ressemble beaucoup aux personnages dickensiens comme Oliver Twist ou David Copperfield. Un garçon malmené par la vie, né dans une famille qui le déteste et à qui il le rend bien.
La force de ce roman est la construction du récit: le livre commence par Victor qui se retrouve devant ses juges et qui leur livre la confession de sa vie, pas si brillante, et qui l'a mené devant ce tribunal. Ainsi, l'auteure laisse planer une question qui ne trouvera sa réponse que dans les dernières pages du livre, maintenant ainsi un suspense et toutes les suppositions que le lecteur as: qu'à fait Victor Renard de si répréhensible pour être condamné à la guillotine?

Comme une pelote de laine que l'on déroule, Victor Renard va nous raconter sa vie: de sa naissance dans cette famille pauvre (son père joue de la musique lors des messes et sa mère fait de la couture) qui vit la mort de son jumeau, par sa faute puisque c'est son cordon ombilical qui l'a étouffé dans le ventre de leur mère, jusqu'à son apprentissage du métier d'embaumeur qui fit sa gloire jusqu'au procès qui ouvre le livre. 

J'ai beaucoup aimé ce roman: il allie roman d'aventures (même si celles ci ne se déroule que dans les rues de Paris, pas besoin d'aller loin pour vivre d'innombrables choses), roman historique (on se retrouve plongé dans le Paris d'après la révolution, dans cette fin du XVIIIe siècle qui vit tant de bouleversements), mais aussi roman d'apprentissage (la découverte d'un métier "Embaumeur" que Victor apprend auprès du bon M. Joulia et qui va changer sa vie) avec tous les codes du roman à suspense. 

En lisant ce livre, j'ai appris beaucoup de choses sur le métier d'embaumeur, avec force détails, il est vrai parfois pas très réjouissant à lire et qui nous fait faire la grimace...mais surtout, j'ai appris que certains peintres se servaient des coeurs momifiés pour certaines de leurs peintures, et parfois des coeurs de rois. . 

Les personnages du livressont truculents à commencer par Victor Renard, qui malgré sa difformité et sa condition va découvrir un métier qui changera sa vie et le fera monter dans l'échelle sociale: ce narrateur à une gouaille bienvenue qui donne du rythme et un côté bravache à son récit, surtout quand il houspille son auditoire, qui l'écoute lors de sa confession devant les juges. J'ai aimé suivre ce personnage qui se bat contre l'adversité et contre sa mère, La Paqueline, cet être abject qui l'a toujours détesté: la haine qui transpire en elle envers son fils est abominable et m'a fait la détester. Deux autres personnages féminins vont traverser ce roman: Angélique et Judith. Angélique, que Victor rencontre alors qu'il travaille à la Pâtisserie (aujourd'hui, on dirait la Boucherie) de son oncle et de qui il tombe amoureux: une jeune prostituée qui va demander à Victor d'être son chevalier servant. C'est ainsi qu'il va se trouver à travailler chez M. Joulia  l'embaumeur, pour pouvoir subvenir aux besoins matériel de cette jeune prostituée. Puis il y a Judith, la soeur de son ami Franz, qu'il épousera pour sa dot car il a un besoin d'argent urgent. Judith est une femme douce et fragile, un peu idiote, qui aime Victor, et qui fera tout pour se faire aimer de lui. 
Victor va ainsi balancer entre ces deux femmes. Chacune montrera progressivement son vrai visage. 

Voilà ce que j'ai aimé dans ce roman: les surprises se trouvent à chaque page, et ce, jusqu'à la fin du roman. L'auteure sait ménager son suspense jusqu'à une fin qui m'a laissé pantois, car je ne m'y attendais pas. 

Au final, un roman d'une grande intensité, sur un métier peu vu en littérature, dans une période trouble de l'histoire (l'après révolution) avec un personnage truculent et sympathique qui se retrouve sur le banc des accusés pour un crime qu'il a bien commis (mais le lecteur ne sait pas lequel et sera surpris quand il apprendra la nature de ce crime) et qui nous livre sa vie dans une confession mémorable. Un roman admirable, avec une écriture ciselée au cordeau qui vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher avant la fin. Probablement, un roman qui va faire du bruit en cette rentrée littéraire...en tout cas je l'espère car il le mérite amplement. 
Je vous le conseille vivement. 

Merci aux Editions de la Martinière pour cette superbe découverte. 

Isabelle Duquesnoy: L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard", Editions de la Martinière, 526 pages, 2017


mercredi 16 août 2017

La Discothèque du 20e siècle #230

En 1984, des fantômes allait nous faire frissonner au cinéma et danser sur les pistes de danses.

Ray Parker Jr: Ghostbusters (1984)




N°1 mondial tiré de la bande originale du film homonyme (SOS fantômes, en français), cette chanson va jouer un vilain tour à Ray Parker, vétéran du funk américain, ex-guitariste de Stevie Wonder et de Barry White... On s'aperçoit en effet qu'elle est largement pompée sur un titre de Huey Lewis très grosse star du rock yankee des années 80! La question sera réglée à l'amiable et aujourd'hui, on se souvient surtout d'un tube idéal pour mettre le feu aux pistes de danse. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 13 août 2017

So Jazz #16 (Saison 2): Fred Chauvin


Fred Chauvin

Né le 7 octobre 1965, Fred Chauvin est un auteur compositeur et interprète de swing et de  jazz manouche. 
Fred Chauvin fait swinguer les mots pour mieux raconter la vie... la nôtre en particulier. Il allie parfaitement le jazz qui fait souffler un vent de liberté, le swing, qui nous fait avoir la bougeotte,et des paroles qui sonnent juste et  qui nous embarque vers un voyage fabuleux dans le temps. 
Un peu d'humour, beaucoup de tendresse, un brin de dérision, des moments d'émotions, qui nous fait ouvrir notre boite à souvenirs...En  se racontant dans ses chansons, Fred parle aussi de nous. En partant de l'intime, il touche à l'universel, car ses moments de vie parfois personnels (comme ses souvenirs de vacances), frappe aussi à la porte de notre mémoire et on se dit: "j'ai aussi vécu des moments comme ceux ci, moi aussi". 

J'ai découvert Fred Chauvin, il y a un an en entendant ses "souvenirs de vacances". De suite, j'ai été enthousiasmé par sa musique, par ses textes magnifiques  qui me parlaient beaucoup et par sa voix chaude et grave. Il se dégage un certain charme dans sa voix apaisante, qui rassure. Il nous embarque de suite dans son univers en nous prenant par la main, et on le suit sans crainte, car on sait que nous sommes en bonne compagnie. 
J'espère que comme moi vous serez charmé par cet artiste talentueux et bienveillant. 

Pour "So Jazz", j'ai choisi le morceau avec lequel je l'ai découvert et qui illustre bien cette période estivale qui va lentement vers sa fin. J'espère que vous en garderez de bons souvenirs. 


Souvenirs de vacances


Pour découvrir l'univers de Fred Chauvin, il suffit d'ouvrir cette porte (avec un petit clic):Fred Chauvin 
Bonne écoute! 



samedi 12 août 2017

Noir Sanctuaire

4e de couverture: Après une mauvaise rencontre dans les marais d’Exmouth, Massachusetts, l’agent spécial du FBI Aloysius Pendergast est porté disparu…
Bouleversée par la perte de son protecteur, Constance Greene se retire dans les souterrains du manoir de Pendergast, au 891 Riverside Drive, à New York, où une bien mauvaise surprise l’attend…
Diogène, le frère cadet d’Aloysius, que tout le monde croyait mort, fait sa réapparition et réussit à convaincre la jeune femme de le suivre sur une île mystérieuse.
Croyant à un enlèvement, Proctor, l’indéfectible majordome de Pendergast, s’est lancé à leur poursuite, mais il semble toujours avoir un coup de retard sur Diogène.




Suite directe de Mortel Sabbat , ce Noir Sanctuaire commençait sur les chapeaux de roues. 
En effet, l'action reprend là où le tome précédent se terminait. Pour être précis, il reprend même l'épilogue du tome précédent. On est donc plongé dans l'action et on se surprend, comme pour "Mortel Sabbat" à tourner les pages très vite en lisant la course poursuite entre Proctor, le majordome de Pendergast (Pendergast qui a disparu à la fin de "Mortel Sabbat") et un ancien ennemi de Pendergast qui refait surface, et qui a enlevé Constance, la femme qui partage la demeure de Pendergast à New York. Les auteurs nous entraîne alors dans un périple, qui nous mène jusqu'en Afrique, où Proctor va être bien malmené.
Seulement voilà, après un démarrage en grande pompe, le roman m'a ensuite perdu, car nous nous retrouvons dans les appartements souterrains de la demeure de Riverside Drive, à New York où Constance à élue domicile après la disparition de son tuteur...et où elle vit recluse. On va alors suivre la retraite de Constance...sauf que celle ci a été enlevée au début du livre. Kesaco? Un retour en arrière dans la narration ou le présent et il y a une duperie sur la personne enlevée plus tôt, pour tromper Proctor? Je vous le laisse le découvrir.
Mais pour moi, je me sentais un peu perdu. Et là, je vais mettre un bandeau Spoilers pour ne pas vous gâcher la lecture éventuelle du livre.

Risque de Spoilers sur les tomes précédents.

C'est bien là, le problème avec ce livre, c'est qu'en faisant intervenir un personnage du passé de Pendergast, (en clair son frère Diogène, son Nemesis, que l'on croyait mortdans un tome précédent,  et qui revient à la vie, comme on le voit parfois dans certaines séries dont Sherlock Holmes avec Moriarty), les auteurs vont rappeler certains faits du passé de Diogène et de Constance, mais aussi de Pendergast dans le livre,  passé commun que je n'ai pas lu. C'est ainsi que je me suis senti perdu, ayant commencé la découverte des enquêtes de Pendergast avec le tome précédent. Ainsi,  mon intérêt pour le roman s'est émoussé et j'ai mis du temps à le lire. De plus,la lenteur de cette partie là ne m'a pas aidée.
Bon, la partie où l'on apprend que Pendergast a été repêché alors qu'on le croyait mort noyé (ben oui, on se doutait bien que sa prétendue mort dans le tome précédent, n'était qu'un artifice de suspense. Etant le personnage principal des romans, il ne pouvait pas rester mort bien longtemps), m'a quand même captivé mais ma lecture a toujours été  un peu gâché par le jeu de "séduction" entre Diogène et Constance sur l'île d'Halcyon par rapport à ce passé qui me faisait défaut. Ce qui est dommageable.

Fin des Spoilers

Le rythme de lecture s'est ensuite accéléré sur les 100 dernières pages qui m'ont de nouveau happé et captivée. On va de surprise en surprise, le style des auteurs est fluide et rapide et la fin nous donne des moments de rebondissements bienvenue et nous laisse sur un suspens en ce qui concerne la relation Pendergast/Constance qui donnerait presque envie de les retrouver.

Au final, un roman dont la lecture fut en demi teinte: il a su me captiver sur les 100 premières pages et les 100 dernières, mais il m'a perdu et lassé au milieu, à cause du passé des personnages qui m'était totalement inconnu, du fait de n'avoir pas lu les tomes précédents de la série. Un roman à réserver aux fans des enquêtes de Pendergast car il s'adresse clairement à eux. . Pour les néophytes de la série, eh bien laissez celui ci de côté pour le moment et commencer par le début des enquêtes...car, tout de même, les écrits de Preston & Child sont bien sympathiques à lire.

Merci aux Editions de l'Archipel  pour la découverte de Pendergast et de la plume de ses auteurs.

Noir Sanctuaire, (The Obsidian Chamber), L'Archipel, 432 pages, 2017