vendredi 18 août 2017

Rentrée Littéraire #2: La Muette

4e de couverture: Il existe, à quelques kilomètres de Paris, un lieu méconnu, même si des événements majeurs s’y sont déroulés : la cité de la Muette. À l’origine, elle devait être un fleuron de l’architecture française. Dessinée par deux grands architectes, elle représentait une réponse au Bauhaus allemand, et une révolution du logement populaire. Mais le chantier a été interrompu avant-guerre et, de 1941 à 1944, la Muette est devenue le camp de Drancy, administré par les gendarmes et les nazis. Depuis ces bâtiments, soixante-sept mille Juifs furent déportés.

Le destin de cette cité, qui concentre ce qu’on ne veut pas voir à la fois dans l’histoire et dans la société françaises, ne s’arrête pas là : après la Libération, elle a été aménagée pour y créer des logements sociaux. Les anciennes chambrées des détenus, cloisonnées à la va-vite pour faire des studios et des deux-pièces, sont encore habitées de nos jours.

Dans ce roman choral, l’auteur nous invite à suivre le parcours de deux personnages attachants, Elsa, détenue en 1943, et Nour, un jeune Beur d’aujourd’hui. Ils n’ont pas la même langue, pas le même rapport au désir ni à la mort, mais leurs histoires s’entremêlent et se répondent. Si bien qu’au croisement de leurs monologues, on croit entendre les voix de la Muette.

Alexandre Lacroix nous livre un roman à deux voix pour nous parler de l'histoire d'une cité: celle de La Muette. 

Ce roman m'a intrigué par son procédé: avoir  un double visage d'une cité de la banlieue parisienne. C'est tout d'abord le parcours d'Elsa qui m'intéressait puisqu'on va la suivre dans ce camp de Drancy où elle fut en attente de déportation, en 1943. J'ai toujours été intéressé par cette période de l'histoire et revenir sur ce camp de transit dont j'entends parler depuis des années,comme une ombre planant sur cette partie sombre de notre histoire, sans vraiment savoir ce qui s'y était passé, fut des plus bouleversants.
Elsa va alors nous prendre par la main et raconter son quotidien terne et morbide dans ce camp de Drancy. J'ai été souvent au bord du malaise devant son récit, où la dure réalité de cette partie de l'histoire nous happe et nous bouleverse. Elsa nous raconte son histoire sans fioriture, en n'omettant pas la crasse, la peur provoqué par les SS qui se trouvaient là, mais aussi par la petite lueur d'espoir qu'elle gardait tout de même comme le passage où elle raconte à l'historien qui la contacté, les heures d'école qu'elle donnait en cachette aux enfants du camp. Elle nous raconte son amitié avec Louise, une jeune femme qui partageait sa couverture, mais également les dénonciations, les tortures...sans fard et sans rien omettre, même le plus difficile. 

Devant ce récit poignant, celui de Nour, jeune homme d'aujourd'hui, vivant dans la Cité de la Muette (qui abrita le camp de Drancy durant la guerre) parait bien pâlot et plus cru, sans charme et empli d'un peu de vulgarité. C'est un jeune mec désabusé par la vie, qui essaye de se trouver une place dans cette cité morne et sans vie, et qui réussit à s'y trouver bien grâce à ses amis Jamie et Samantha.
Quand son histoire commence, Nour est chez les flics pour être interrogé. Progressivement il déroule son histoire à l'inspecteur qui l'interroge et on va comprendre comment il en est arrivé là. Il va nous raconter les plans galère, la drogue, même s'il n'en consomme pas, ses virées parisiennes, son histoire de cul avec Samantha, la copine de son pote Jamie, tout ça dans une langue d'un jeune de cité, qui résonne à notre oreille, comme le témoignage d'une jeunesse désoeuvré. . 

L'histoire de ces deux jeunes gens (à peu près du même âge, mais à des époques différentes) que l'auteur a décidé d'alterner d'un chapitre à l'autre, m'a beaucoup plu car elle permet d'avancer dans le roman en évitant d'entrer dans le malaise. En effet, l'histoire d'Elsa était tellement dure que le parcours désabusé de Nour, faisait comme une sorte de respiration, même si ce qu'il racontait n'était pas très joyeux non plus.
La force du roman, c'est l'écriture d'Alexandre Lacroix. Il a complètement réussi à faire entendre deux voix bien distinctes au lecteur, ce qui fait qu'on entendait à notre oreille, la voix d'Elsa, puis celle de Nour, ce qui les rend plus proche de nous et lui donne une certaine réalité. 
Voici deux parcours que l'on croit bien différents au premier abord, mais qui se rejoignent par bien des aspects (comme la désillusion,le désœuvrement), et qui nous montre l'évolution de cette cité. Ce qui m'a le plus frappé, en définitive, c'est que le présent de Nour fait écho aux souvenirs d'Elsa, comme quand Nour parle de ce que Bernard, cet homme qui ne vit que pour boire, lui montre ce qu'il a trouvé dans sa cave: le dessin d'une femme avec une date: août 1943 (comme si cette femme dessinée était le portrait d'Elsa ou Louise et que ces dernières avaient vécues à cet endroit là et avaient laissé une trace). Ce fut sacrément troublant. 

Au final, un roman bouleversant et intriguant qui nous fait entendre la voix d'une cité, à travers le temps, celle de la Muette, comme pour garder une trace de ce qui se passe dans les banlieues. Ce n'est pas misérabiliste, ni cliché. C'est simplement la vie. La vie de deux êtres que tout oppose en apparence: un jeune beur et une vieille dame,qui, de par leur histoire, nous démontre que leur vie est tellement proche et pas si différente, par certains aspects. 
Avec ce livre, l'auteur a voulu "donner des voix à la Muette". Il a fortement réussi car les voix d'Elsa et de Nour résonnent en nous, bien longtemps après avoir tourné la dernière page. 

Merci aux Editions Don Quichotte pour cette découverte déconcertante.

Alexandre Lacroix: La Muette, Don Quichotte, 205 pages, 2017


jeudi 17 août 2017

Rentrée littéraire #1: "L'embaumeur" ou l'odieuse confession de Victor Renard

4e de couverture: " Pute borgnesse ! "
Victor Renard n'eut jamais de chance avec les femmes. À commencer par sa mère, l'épouvantable Pâqueline, qui lui reprochait d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau de son cordon ombilical. Puis ce fut Angélique, la prostituée, qui se moquait des déclarations enflammées de Victor et de sa difformité, comme de sa " demi-molle ".
Victor échappe pourtant à sa condition misérable : il devient embaumeur. Avec les cadavres, au moins, le voilà reconnu. Et en ces temps troublés, quelle meilleure situation ? Les morts, après la Révolution, ne manquent pas dans Paris...
Mais le sort le rattrape et l'épingle, comme le papillon sur l'étaloir. Face à ses juges et à la menace de la guillotine, Victor révèle tout : ses penchants amoureux, les pratiques millénaires de la médecine des morts, le commerce des organes et les secrets de sa fortune.
Où l'on découvrira que certains tableaux de nos musées sont peints avec le sang des rois de France...


Première belle surprise de la rentrée littéraire  que le nouveau roman d'Isabelle Duqesnoy! Que dis je une surprise. Une petite merveille! 

Isabelle Duqesnoy nous offre dans ce roman qu'elle a mis dix ans à écrire, la confession d'un personnage hors norme: Victor Renard. Celui ci ressemble beaucoup aux personnages dickensiens comme Oliver Twist ou David Copperfield. Un garçon malmené par la vie, né dans une famille qui le déteste et à qui il le rend bien.
La force de ce roman est la construction du récit: le livre commence par Victor qui se retrouve devant ses juges et qui leur livre la confession de sa vie, pas si brillante, et qui l'a mené devant ce tribunal. Ainsi, l'auteure laisse planer une question qui ne trouvera sa réponse que dans les dernières pages du livre, maintenant ainsi un suspense et toutes les suppositions que le lecteur as: qu'à fait Victor Renard de si répréhensible pour être condamné à la guillotine?

Comme une pelote de laine que l'on déroule, Victor Renard va nous raconter sa vie: de sa naissance dans cette famille pauvre (son père joue de la musique lors des messes et sa mère fait de la couture) qui vit la mort de son jumeau, par sa faute puisque c'est son cordon ombilical qui l'a étouffé dans le ventre de leur mère, jusqu'à son apprentissage du métier d'embaumeur qui fit sa gloire jusqu'au procès qui ouvre le livre. 

J'ai beaucoup aimé ce roman: il allie roman d'aventures (même si celles ci ne se déroule que dans les rues de Paris, pas besoin d'aller loin pour vivre d'innombrables choses), roman historique (on se retrouve plongé dans le Paris d'après la révolution, dans cette fin du XVIIIe siècle qui vit tant de bouleversements), mais aussi roman d'apprentissage (la découverte d'un métier "Embaumeur" que Victor apprend auprès du bon M. Joulia et qui va changer sa vie) avec tous les codes du roman à suspense. 

En lisant ce livre, j'ai appris beaucoup de choses sur le métier d'embaumeur, avec force détails, il est vrai parfois pas très réjouissant à lire et qui nous fait faire la grimace...mais surtout, j'ai appris que certains peintres se servaient des coeurs momifiés pour certaines de leurs peintures, et parfois des coeurs de rois. . 

Les personnages du livressont truculents à commencer par Victor Renard, qui malgré sa difformité et sa condition va découvrir un métier qui changera sa vie et le fera monter dans l'échelle sociale: ce narrateur à une gouaille bienvenue qui donne du rythme et un côté bravache à son récit, surtout quand il houspille son auditoire, qui l'écoute lors de sa confession devant les juges. J'ai aimé suivre ce personnage qui se bat contre l'adversité et contre sa mère, La Paqueline, cet être abject qui l'a toujours détesté: la haine qui transpire en elle envers son fils est abominable et m'a fait la détester. Deux autres personnages féminins vont traverser ce roman: Angélique et Judith. Angélique, que Victor rencontre alors qu'il travaille à la Pâtisserie (aujourd'hui, on dirait la Boucherie) de son oncle et de qui il tombe amoureux: une jeune prostituée qui va demander à Victor d'être son chevalier servant. C'est ainsi qu'il va se trouver à travailler chez M. Joulia  l'embaumeur, pour pouvoir subvenir aux besoins matériel de cette jeune prostituée. Puis il y a Judith, la soeur de son ami Franz, qu'il épousera pour sa dot car il a un besoin d'argent urgent. Judith est une femme douce et fragile, un peu idiote, qui aime Victor, et qui fera tout pour se faire aimer de lui. 
Victor va ainsi balancer entre ces deux femmes. Chacune montrera progressivement son vrai visage. 

Voilà ce que j'ai aimé dans ce roman: les surprises se trouvent à chaque page, et ce, jusqu'à la fin du roman. L'auteure sait ménager son suspense jusqu'à une fin qui m'a laissé pantois, car je ne m'y attendais pas. 

Au final, un roman d'une grande intensité, sur un métier peu vu en littérature, dans une période trouble de l'histoire (l'après révolution) avec un personnage truculent et sympathique qui se retrouve sur le banc des accusés pour un crime qu'il a bien commis (mais le lecteur ne sait pas lequel et sera surpris quand il apprendra la nature de ce crime) et qui nous livre sa vie dans une confession mémorable. Un roman admirable, avec une écriture ciselée au cordeau qui vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher avant la fin. Probablement, un roman qui va faire du bruit en cette rentrée littéraire...en tout cas je l'espère car il le mérite amplement. 
Je vous le conseille vivement. 

Merci aux Editions de la Martinière pour cette superbe découverte. 

Isabelle Duquesnoy: L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard", Editions de la Martinière, 526 pages, 2017


mercredi 16 août 2017

La Discothèque du 20e siècle #230

En 1984, des fantômes allait nous faire frissonner au cinéma et danser sur les pistes de danses.

Ray Parker Jr: Ghostbusters (1984)




N°1 mondial tiré de la bande originale du film homonyme (SOS fantômes, en français), cette chanson va jouer un vilain tour à Ray Parker, vétéran du funk américain, ex-guitariste de Stevie Wonder et de Barry White... On s'aperçoit en effet qu'elle est largement pompée sur un titre de Huey Lewis très grosse star du rock yankee des années 80! La question sera réglée à l'amiable et aujourd'hui, on se souvient surtout d'un tube idéal pour mettre le feu aux pistes de danse. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 13 août 2017

So Jazz #16 (Saison 2): Fred Chauvin


Fred Chauvin

Né le 7 octobre 1965, Fred Chauvin est un auteur compositeur et interprète de swing et de  jazz manouche. 
Fred Chauvin fait swinguer les mots pour mieux raconter la vie... la nôtre en particulier. Il allie parfaitement le jazz qui fait souffler un vent de liberté, le swing, qui nous fait avoir la bougeotte,et des paroles qui sonnent juste et  qui nous embarque vers un voyage fabuleux dans le temps. 
Un peu d'humour, beaucoup de tendresse, un brin de dérision, des moments d'émotions, qui nous fait ouvrir notre boite à souvenirs...En  se racontant dans ses chansons, Fred parle aussi de nous. En partant de l'intime, il touche à l'universel, car ses moments de vie parfois personnels (comme ses souvenirs de vacances), frappe aussi à la porte de notre mémoire et on se dit: "j'ai aussi vécu des moments comme ceux ci, moi aussi". 

J'ai découvert Fred Chauvin, il y a un an en entendant ses "souvenirs de vacances". De suite, j'ai été enthousiasmé par sa musique, par ses textes magnifiques  qui me parlaient beaucoup et par sa voix chaude et grave. Il se dégage un certain charme dans sa voix apaisante, qui rassure. Il nous embarque de suite dans son univers en nous prenant par la main, et on le suit sans crainte, car on sait que nous sommes en bonne compagnie. 
J'espère que comme moi vous serez charmé par cet artiste talentueux et bienveillant. 

Pour "So Jazz", j'ai choisi le morceau avec lequel je l'ai découvert et qui illustre bien cette période estivale qui va lentement vers sa fin. J'espère que vous en garderez de bons souvenirs. 


Souvenirs de vacances


Pour découvrir l'univers de Fred Chauvin, il suffit d'ouvrir cette porte (avec un petit clic):Fred Chauvin 
Bonne écoute! 



samedi 12 août 2017

Noir Sanctuaire

4e de couverture: Après une mauvaise rencontre dans les marais d’Exmouth, Massachusetts, l’agent spécial du FBI Aloysius Pendergast est porté disparu…
Bouleversée par la perte de son protecteur, Constance Greene se retire dans les souterrains du manoir de Pendergast, au 891 Riverside Drive, à New York, où une bien mauvaise surprise l’attend…
Diogène, le frère cadet d’Aloysius, que tout le monde croyait mort, fait sa réapparition et réussit à convaincre la jeune femme de le suivre sur une île mystérieuse.
Croyant à un enlèvement, Proctor, l’indéfectible majordome de Pendergast, s’est lancé à leur poursuite, mais il semble toujours avoir un coup de retard sur Diogène.




Suite directe de Mortel Sabbat , ce Noir Sanctuaire commençait sur les chapeaux de roues. 
En effet, l'action reprend là où le tome précédent se terminait. Pour être précis, il reprend même l'épilogue du tome précédent. On est donc plongé dans l'action et on se surprend, comme pour "Mortel Sabbat" à tourner les pages très vite en lisant la course poursuite entre Proctor, le majordome de Pendergast (Pendergast qui a disparu à la fin de "Mortel Sabbat") et un ancien ennemi de Pendergast qui refait surface, et qui a enlevé Constance, la femme qui partage la demeure de Pendergast à New York. Les auteurs nous entraîne alors dans un périple, qui nous mène jusqu'en Afrique, où Proctor va être bien malmené.
Seulement voilà, après un démarrage en grande pompe, le roman m'a ensuite perdu, car nous nous retrouvons dans les appartements souterrains de la demeure de Riverside Drive, à New York où Constance à élue domicile après la disparition de son tuteur...et où elle vit recluse. On va alors suivre la retraite de Constance...sauf que celle ci a été enlevée au début du livre. Kesaco? Un retour en arrière dans la narration ou le présent et il y a une duperie sur la personne enlevée plus tôt, pour tromper Proctor? Je vous le laisse le découvrir.
Mais pour moi, je me sentais un peu perdu. Et là, je vais mettre un bandeau Spoilers pour ne pas vous gâcher la lecture éventuelle du livre.

Risque de Spoilers sur les tomes précédents.

C'est bien là, le problème avec ce livre, c'est qu'en faisant intervenir un personnage du passé de Pendergast, (en clair son frère Diogène, son Nemesis, que l'on croyait mortdans un tome précédent,  et qui revient à la vie, comme on le voit parfois dans certaines séries dont Sherlock Holmes avec Moriarty), les auteurs vont rappeler certains faits du passé de Diogène et de Constance, mais aussi de Pendergast dans le livre,  passé commun que je n'ai pas lu. C'est ainsi que je me suis senti perdu, ayant commencé la découverte des enquêtes de Pendergast avec le tome précédent. Ainsi,  mon intérêt pour le roman s'est émoussé et j'ai mis du temps à le lire. De plus,la lenteur de cette partie là ne m'a pas aidée.
Bon, la partie où l'on apprend que Pendergast a été repêché alors qu'on le croyait mort noyé (ben oui, on se doutait bien que sa prétendue mort dans le tome précédent, n'était qu'un artifice de suspense. Etant le personnage principal des romans, il ne pouvait pas rester mort bien longtemps), m'a quand même captivé mais ma lecture a toujours été  un peu gâché par le jeu de "séduction" entre Diogène et Constance sur l'île d'Halcyon par rapport à ce passé qui me faisait défaut. Ce qui est dommageable.

Fin des Spoilers

Le rythme de lecture s'est ensuite accéléré sur les 100 dernières pages qui m'ont de nouveau happé et captivée. On va de surprise en surprise, le style des auteurs est fluide et rapide et la fin nous donne des moments de rebondissements bienvenue et nous laisse sur un suspens en ce qui concerne la relation Pendergast/Constance qui donnerait presque envie de les retrouver.

Au final, un roman dont la lecture fut en demi teinte: il a su me captiver sur les 100 premières pages et les 100 dernières, mais il m'a perdu et lassé au milieu, à cause du passé des personnages qui m'était totalement inconnu, du fait de n'avoir pas lu les tomes précédents de la série. Un roman à réserver aux fans des enquêtes de Pendergast car il s'adresse clairement à eux. . Pour les néophytes de la série, eh bien laissez celui ci de côté pour le moment et commencer par le début des enquêtes...car, tout de même, les écrits de Preston & Child sont bien sympathiques à lire.

Merci aux Editions de l'Archipel  pour la découverte de Pendergast et de la plume de ses auteurs.

Noir Sanctuaire, (The Obsidian Chamber), L'Archipel, 432 pages, 2017


mercredi 9 août 2017

La Discothèque du 20e siècle #229

En 1984, Cindy Lauper faisait entendre une revendication à propos des filles.

Cindy Lauper: Girls just want to have fun (1984)





C'est en 1979 que l'on avait entendu pour la première fois la voix inimitable de Cindy-la-rigolote, lorsqu'elle avait publié un premier album avec son groupe Blue Angel; Après la séparation de celui ci, Cindy vit de petits boulots: elle est notamment vendeuse de fringues dans le célèbre magasin New Yorkais Screaming Mimi! A 30 ans, fin 1983; elle publie l'album qui va faire d'elle une star, She's so unusual dont cinq 45 tours tubesques seront tirés en 1984-85: après Girls just want to have fun, on se souvient entre autre de Time after time et de She bop! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 6 août 2017

So Jazz #15 (Saison 2): Bill Evans


Bill Evans

Né le 16 août 1929 à Plainfield (New Jersey), Bill Evans est un pianiste de jazz. 

Ses parents mélomanes, lui font étudier le piano et, en deuxième instrument, le violon, qu'il abandonnera au bout de deux ans. 
Adolescent, il commence à s'intéresser au jazz et plus particulièrement à Bud Powell, Nat King Cole, Lenny Tristano. Il commence à jouer dans des orchestres amateurs locaux. Il poursuit ses études au Southern Louisiana College dont il sort primé en 1950. Il passe esuite trois ans dans l'armée comme flûtiste (qu'il a également appris quand il était plus jeune) en garnison à Fort Sheridan. Il gardera un souvenir amer de ses années. 

En 1955, il est remarqué par le compositeur George Russel avec qui il enregistre l'album The Jazz Workshop
En septembre 1956, il enregistre  sous le label Riverside l'album New Jazz Conceptions, en trio avec Teddy Kotick à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Il démontre dans cet album une technique d'harmonisation novatrice. 
Entre février et novembre 1958, aux côtés de John Coltrane et Cannonbal Aderley, il fait partie du sextet de Miles Davis. En 1959, le célèbre trompettiste le rappelle pour l'enregistrement du fameux album Kind Of Blue
La même année, il forme un trio régulier avec le contrebassiste Scott LaFaro et le batteur Paul Motian. Ils rompent avec la tradition de l'accompagnateur et se livrent à une véritable ilmprovisation à trois. C'est cet "interplay" qui fait l'originalité de ce trio. Ils enregistrent quatre albums dont le fameux Portrait in Jazz et le miythique Waltz for Debby

Bill Evans meurt le 15 septembre 1980 à New York. 

J'ai découvert Bill Evans grâce à ma chef de choeur Florence Grimal  et j'ai de suite aimé l'univers de ce grand pianiste. J'aime sa virtuosité, mais surtout sa capacité à improviser avec les autres musiciens. On sent, une telle communication entre eux que cela en devient magique et donne des morceaux formidables.

Le morceau choisi pour "So Jazz" est une reprise d'une musique de Michel Legrand, qui donna naissance à l'une de mes chansons préférées de tous les temps, "La chanson de Maxence" du film "Les Demoiselles de Rochefort".


You must believe in Spring

Bonne écoute! 



jeudi 3 août 2017

Ça a commencé comme ça

4e de couverture: De sa plume fine, drôle et toujours juste, Angéla Morelli brosse le portrait d’une femme qui, à trop penser aux autres, s’est perdue elle-même. Le bonheur est-il un choix ? Réponse dans ce roman léger, émouvant et garanti « feel good ». 

Ça a commencé quand Flore a fait brûler sa confiture de groseilles . Ou alors, quand son père l’a appelée à l’aide, coincé entre les branches du vieux pommier. En fait, non,  ça a vraiment commencé quand ses amis l’ont inscrite au concours de confitures. Oui, c’est à partir de ce moment-là que la vie de Flore a pris un tournant inattendu. 
Car la jeune mère célibataire presque trentenaire a dû faire face à un obstacle de choix : confectionner une confiture aux figues… sans figues. Et, malgré la mobilisation de tout le village pour la soutenir dans sa quête, impossible de trouver les fameux fruits au beau milieu de cette canicule qui frappe le Sud-Ouest de la France. Impossible ? Non, pas tout à fait. Car il y a bien quelqu’un qui en a, des figues : Corto, le beau jardinier mystérieux que tous les habitants du village considèrent avec méfiance. Et pour cause : il est tatoué et dégage une aura de mystère et de danger. 
Alors, oui, ça a commencé comme ça, avec un concours de confitures, une pénurie de figues et Corto

Une lecture détente pour l'été, ça vous tente? Ne cherchez pas plus loin. Ce roman là vous tend les bras. 

Après des lectures pas folichonnes qui m'ont laissé un petit goût amer, une lecture précédente passionnante, mais un peu dense (et dont je vous parlerai lors de sa sortie puisqu'il fait partie des nouveautés de la rentrée littéraire), j'avais besoin d'une lecture détente qui me fasse du bien. Et j'ai repensé à ce que j'avais dis à Angéla lors de notre rencontre au salon du livre: "ce livre sent bon l'été. Je le lirai donc pendant mes vacances". 
Voici donc lecture faite et je peux vous dire que ce petit roman est un petit délice que l'on déguste jusqu'à la dernière ligne et qui vous met du baume au coeur; C'est tout bonnement un livre-doudou dans lequel on se sent merveilleusement bien. 

La plume d'Angéla est toujours aussi fine et très drôle. Elle réussit amplement à donner vie à ses personnages. J'ai aimé tous les personnages de ce roman,(oui, oui , même Benoit le gendarme jaloux et Gautier, l'ex de Flore) à commencer par Flore, l'héroïne attachante de "Ça a commencé comme ça" jeune fille généreuse qui ne pense pas à  elle, mais plus aux autres. Je me suis retrouvé dans certains de ces goûts et dans son caractère. Sans oublier Fanny, la bonne copine, qui est toujours là pour aider. 

Alors, c'est vrai, dans les romans d'Angéla, pas de rebondissements à chaque page, pas de retournements de situation qui nous fasse faire "ouah!", pas de secrets rocambolesques...et alors...on s'en fout. Ce n'est pas les rebondissements à toutes les pages, tellement nombreux que cela en devient invraisemblables et ridicules qui font un bon roman. Non, ce qui prime dans les romans d'Angéla, ce sont les personnages vrais auxquels on s'attache et des histoires réelles auxquelles on croit mais qui nous font rêver. Flore, cela pourrait être une de vos copines, ou votre voisine...bref, une nana simple et ordinaire. Le portrait de Corto est certes trop idéal pour être vrai mais assez vraisemblable (il y a certains "Corto" dans la vie réelle mesdames,oui oui, ils sont pas nombreux mais ils existent) pour qu'on y croit. Voila ce que sont les romans d'Angéla: des histoires simples et vraies qui nous font rêver et qui nous font dire, en refermant le livre: ce qui arrive à Flore pourrait très bien m'arriver dans la vraie vie. 
Angela nous vend du rêve qui se transforme en réalité. C'est tout simplement merveilleux. 

Puis ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que derrière la légèreté de ce roman  se cache une gravité qui m'a beaucoup ému. La perte qu'à connue Flore étant petite m'a beaucoup touché et j'en ai eu le coeur chaviré. Quand un roman vous fait rire aux éclats (les fous rires provoqué par Fanny quand elle parle de ses rencontres avec les hommes ont été mémorables) et monter les larmes aux yeux, on touche au sublime. 

Au final, un roman-doudou idéal pour les vacances, et que l'on croque avec plaisir (ce roman donne très faim avec ces croissants, ces confitures et autres friandises dont Flore a le secret et dont elle nous abreuve au long du roman) en se disant: "et si c'était vrai et que cela m'arrivait lors de mon prochain été?". 

P.S; Merci Angéla pour ces jolis moments de bonheur délicieux. Merci pour toutes les références et les listes qui clôt certains chapitres (un autre point commun que j'ai avec Flore, les listes). Tes romans font du bien et donne le sourire. Et merci pour cette phrase qui m'a fait tant plaisir,  tiré de la liste "Les choses que j'aime même si personne ne comprend pourquoi: TOUTES les chansons de Michel Sardou" (p. 91) (Comme je la comprend Flore, quand elle écrit ça!) 

Et ça, c'est cadeau, car rien de mieux pour terminer un billet (et une soirée) qu'une chanson de Michel. (l'une de mes préférées)



Angéla Morelli: Ça a commencé comme ça, Harlequin, 357 pages, 2016



 

mercredi 2 août 2017

Michel Berger, celui qui chante #56

Les enfants chantent toujours (1990)

Enfants de Tambacounda 
de la Rossina 
ou d'ailleurs 
Enfants comme déposés là 
Sous tous les grands froids 
Sous les grandes chaleurs
Comme étonnés perdus volés
Par l'absurdité du danger
D'une vie qu'ils n'ont pas demandée

Ils chantent malgré nous
Ils chantent malgré tous ceux qui acceptent tout
Qui acceptent de vivre sans amour
Mais si les hommes se taisent
Les enfants chantent toujours

Enfants de Léninakan,
de Kalimatan
ou d'ailleurs
Elevés en dehors du temps
Elevés dans le sang et la ferveur
Comme étonnés dans leurs regards
Par l'absurdité du hasard
Qui les oublie, là, quelque part

Ils chantent malgré nous
Ils chantent malgré tous ceux qui acceptent tout
Qui acceptent de vivre sans amour
Mais si les hommes se taisent
Les enfants chantent toujours...
Qui acceptent tout
Qui acceptent de vivre sans amour
Mais si les hommes se taisent
Les enfants chantent toujours...




Les enfants ont toujours tenus une place importante dans la vie de Michel, tout comme le sort du monde dans lequel on vit. Lors de ces voyages à travers le monde, il a toujours été interpellé par la misère et le sort réservé aux populations, et surtout aux enfants. Il s'est battu toute sa vie, dans des missions humanitaires pour rendre ce monde meilleur. 
"Les enfants chantent toujours", issue de l'album "Ça ne  tient pas debout" est le reflet de tout  ça. Cette chanson montre également toute l'humanité qui se dégageait de Michel. 

En ce 2 août 2017, qui marque les 25 ans de sa disparition, je voulais avoir une pensée pour cet immense chanteur qui chantait dans ce très beau texte que même si l'homme allait vers sa perdition, les enfants étaient peut être l'espoir de l'humanité. 



mardi 1 août 2017

La Discothèque du 20e siècle #228

En 1980, Alain Bashung connaissait enfin son premier succès et tout ça grâce à une certaine Gaby.

Alain Bashung: Gaby, oh Gaby (1980)






Le chanteur Alain Bashung démarre véritablement sa carrière, après des années de galère en 1980, avec ce titre suivi de très près par son nom moins fameux Vertige de l'amour. Vendu a 1.250 0000 d'exemplaires, Gaby oh Gaby est un des tous gros succès de cette année là et figure sur l'album Roulette Russe, qui ne contient que des classiques tels que je fume pour oublier que tu bois, Toujours sur la ligne blanche ou encore Pas question que j'perde le feeling. Dans le landerneau du rock français, déjà secoué par Téléphone, Bijou et Taxi Girl, plus rien ne sera jamais pareil, cette fois nous avons trouvé -enfin!- un grand maître. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1980", Polygram Direct)

Bonne écoute!