vendredi 24 mars 2017

Swoosh

4e de couverture: Elle disparaît comme les chats, il est aussi encombrant qu’un piano de concert.
Elle dépense une énergie folle à ne pas sembler bizarre, il est inconscient de l’intérêt qu’il suscite.
Ils n’ont pas beaucoup plus de vingt ans.
Au début des années 90, à New York, ils veulent un présent qui ne ressemble pas au passé.


Quelquefois, nous sommes attirés par une 4e de couverture qui nous donne envie et une idée sur le genre de roman qu'on va lire. 
Sauf qu'en lisant le roman, ce n'est pas du tout ce  à quoi on s'attendait et on en sort déconcerté, voir un peu déçu. 

C'est un peu ce qui m'est arrivé avec ce roman. Je m'étais fait une idée du roman que me promettait le résumé, puis, en l'ouvrant, j'ai vu la dédicace de l'auteur (et du traducteur) à Quentin Tarantino...et là, mon idée du roman à quelque peu évolué, et je me suis senti un peu perdu car je ne suis pas très familier du cinéma de Tanratino, qui n'est pas trop ma came, mais bon, je suis partant pour un voyage, pas forcément fait pour moi. 

Alors ce roman n'est pas mauvais, loin de là: avec son écriture très cinématographique (d'ailleurs, les chapitres sont écrit comme des Scènes, et les différents paragraphes se découpent en séquences "Intérieur Nuit, ou Extérieur Jour". Avec, en prime, des  titres de chansons en début de chaque scène pour se mettre dans l'ambiance, comme lors d'une séance ciné), il nous plonge dans un New York des années 90, qui passe  des quartiers de Harlem aux quartiers huppés de Manhattan, raconté par une jeune femme (Sadie), qui fait des études d'économies le jour, et vend de la drogue, la nuit. Sadie vit en coloc avec Ike, un grand noir bodybuildé, qui fait des concours de gonflettes (style Mister Univers). Un jour, ils apprennent la mort d'un des frères de Ike, Lafayette, mort d'overdose...sauf que les deux jeunes gens ont des doutes sur les réelles raisons de sa mort. 

L'histoire va alors partir à cent à l'heure, dans les milieux de la drogue, des gangs, mais également des galeries artistiques de New York, montrant ainsi plusieurs pans de la société new-yorkaise de l'époque. 
Cela aurait pu me plaire, en effet, , mais j'ai trouvé, que le roman était trop trash pour moi, entre sexe, scènes parfois gore, comme la scène du sexe coupé à la machette... j'ai souvent eu des palpitations...pourtant, j'ai continué, comme hypnotisé par l'écriture de Lloyd Hefner. Son écriture syncopés, avec de nombreux dialogues et des onomatopées introduites en milieu du roman, font de ce roman pulp, un objet très surprenant.Et, je voulais savoir la fin, curieux que je suis.  
Puis, c'est un roman, peut être trop ancré dans son époque (il a été écrit en 1993), qu'il peut paraître daté en 2017...mais ce n'est que mon ressenti. 
Je voulais saluer le travail de Frédéric Roux qui a su rendre dans sa traduction,  avec maestria l'écriture et l'univers de Llyod Heffner. 

Au final, un roman pulp aux qualités indéniables dans son écriture et l'univers qu'il décrit, mais que j'ai trouvé trop trash pour moi et qui, aussi perdait de son intensité, vers le milieu, quand il décrit le monde de l'art, faisant ressentir quelques longueurs. Un roman pas fait pour moi, mais que je conseillerai tout de même aux amateurs du cinéma de Quentin Tarantino. En somme, à vous de vous faire votre propre idée. 

Merci aux Editions Tohubohu pour cette surprenante découverte. 

Lloyd Hefner: Swoosh (Girl Stream), Editions Tohubohu, 352 pages, 2017


jeudi 23 mars 2017

Un été à quatre mains

4e de couverture: Franz Schubert, compositeur déjà reconnu mais désargenté, a été invité comme maître de musique de deux jeunes filles de la haute aristocratie viennoise, dans leur somptueuse résidence d’été en Hongrie. Franz reconnaît bientôt en l’une des deux comtesses, Caroline, la plus jeune et la plus talentueuse, son âme sœur. Cet amour, cependant, va se briser sur les conventions et les interdits de caste. Cette passion fut-elle partagée ? Certains gestes, même les plus ténus, ne sont-ils pas, parfois, des aveux ? Un été à quatre mains explore les invisibles mouvements du cœur, et le mystère d’une histoire entre deux êtres qui rêvent d’un monde où ils trouveraient enfin leur place.

En ce mois de mars 2017,  les Edtions Ateliers Henry Dougier lancent une nouvelle collection "Littérature". Une collection présentée comme ceci: 

"Un auteur, habité par un personnage, un objet, un évènement, un lieu, le met en scène à un moment charnière de son histoire, proche ou lointaine. Un roman, un récit nous plonge dans une époque, un pays et nous entraîne dans un voyage jubilatoire. Trois à six titres par an seront publiés dans cette nouvelle collection."

Le premier titre de cette  collection est ce petit roman de Gaelle Josse, que l'auteur consacre à Franz Schubert, musicien qui l'a accompagnée (et l'accompagne encore) depuis sa plus tendre enfance. 
Elle revient dans ce petit roman à cet été 1824, où Franz Schubert vécu un amour pour la jeune comtesse Caroline Esterhazy, amour qui fut peut être réciproque, mais ça, on ne le sait pas. En revanche, il joua un rôle dans la musique de Schubert (il composa plusieurs musique à quatre mains lors de cet été là). 

J'ai beaucoup apprécié ce petit livre, lu en à peine deux heures. Dès les premières pages de l'histoire, je me suis senti projeté dans cette maison d'été à Zseliz, en Hongrie, en compagnie de Franz Schubert. 
Voilà un roman à la plume délicate, très introspectif et contemplatif. Je me suis laissé embarquer par les pensées et les sentiments contradictoires de Schubert. Je me suis aussi beaucoup retrouvé en lui, dans sa timidité, son côté un peu gauche, et qui ne se sent bien que quand il est au piano. 
On se laisse prendre à rêver et on voyage vers cet été qui chamboula la vie de ces deux jeunes gens (Schubert à seulement 27 ans et Caroline 19 ans). 
Au fil de la lecture, on ressent un changement d'attitude chez le comte et la comtesse, les parents de Caroline, comme s'ils avaient remarqué le rapprochement entre les deux jeunes gens.

Je vous avoue tout de même que j'ai ressenti une certaine torpeur à un moment (comme si la chaleur ressenti par Franz cet été là,  venait vers moi) et j'ai laissé mon esprit vagabonder lors de ma lecture...mais j'y revenais à chaque fois, ravi. 

J'ai trouvé appréciable que Gaëlle Josse nous parle de son inspiration et de son choix pour ce roman, dans un petit "Avant Lire" fort instructif.
 Alors, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé durant ces cinq mois en Hongrie: Gaëlle Josse a simplement laissé faire son imagination pour nous embarquer dans ce petit moment de grâce et de délicatesse...comme un morceau de Schubert.



Merci aux Editions Atelier Henry Dougier pour la découverte de cette nouvelle collection qui commence fort bien avec ce titre. 

Gaëlle Josse: Un été à quatre mains, Ateliers Henry Dougier, 87 pages, 2017


mercredi 22 mars 2017

La Discothèque du 20e siècle #209

En 1978; le groupe Earth Wind &Fire nous proposais un tube très fantasy.

Earth Wind & Fire: Fantasy (1978)




Le groupe américain "Terre, Vent et Feu" mené par Maurice White avait obtenu son premier n°1 aux USA en 1975 avec Shinning Star. Porté par la vague disco-funk de 77-78, il revient au sommet avec Fantasy,  une reprise épatante de Got to get you into to my life (des Beatles) puis September et Boggie Wonderland, avant d'enchaîner sur un slow renversant, After the love has gone. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1978", Polygram Direct)




mardi 21 mars 2017

Poldark Tome 2: Au delà de la tempête

4e de couverture: 1790. Ross Poldark a réussi à sauver le domaine familial. Mais des banquiers, les Warleggan, tentent d'avoir la main mise sur ses activités. Ross soupçonne son cousin Francis d'être derrière tout ça. De plus, Ross est accusé du pillage de deux navires échoués au pied des falaises de Cornouailles. Il doit faire valoir son innocence et risque la peine de mort.

Retour en Cornouailles en compagnie des Poldark, personnages de la Saga historique de Winston Graham dans un tome 2 tout aussi, palpitant, voire plus. 

Je n'ai pas attendu bien longtemps avant de me replonger, avec bonheur dans cette saga, malgré certains défauts que j'avais remarqué dans le tome 1. La fin du premier tome m'avait donné envie d'en lire plus. 

Ce tome 2 m'a encore plus enthousiasmé que le premier. L'action est plus resserrée, dans le temps (même si on survole toujours les années, passant de janvier 1790 à août 1790 en un chapitre, par exemple, il ne se déroulera que 4 ans, durant tout le tome) mais également dans l'histoire. 
En effet, l'histoire est construite autour de la confrontation entre les Poldark et les Warleegan, et l'auteur multiplie moins les personnages, ne se focalisant exclusivement que sur les Poldark (à certaines exceptions près comme le Dr Enys ou Caroline Perven, nouveau personnage de ce tome); 
La part belle est faite à Demelza, dans ce tome (comme pouvait le faire pressentir la couverture (et le titre original du tome) pour mon plus grand bonheur. Je trouve que c'est un personnage, juste, droit, sincère, qui doute quelquefois, mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et sait tenir tête aux hommes, son mari en tête. 

Ce qui est frappant dans ce tome, c'est de voir les difficultés financières de nos héros, faisant d'eux des personnages, essayant de se démener dans leurs difficultés. Alors, cela peut paraître bizarre de dire ça, mais, pour moi, les Poldark,font partie de la petite bourgeoisie,(ils possèdent un domaine, une mine) et pourtant, ils ont des dettes jusqu'au cou; Ce qui les rend plus proches des petits gens, et on compatit, à leurs malheurs. (En même temps, s'ils n'étaient pas en constante difficultés, il n'y aurait pas de roman). 
Le côté historique est tout de même bien rendu, même s'il est anecdotique. Winston Grahma, parle de la Révolution Française qui est comme un fantôme qui plane sur l'Angleterre. Même si cela est anecdotique, il est toujours plaisant de rattacher la grande et la petite Histoire. 

Voilà un 2e tome captivant, fait de joies mais aussi de drames (il y aura encore des morts dans ce tome), qui par une écriture fluide et rapide, nous tient en haleine, si bien que je n'ai pas pu le lâcher avant la fin et me suis enfilé les 200 dernières pages dimanche soir. La fin du roman va tambour battant et on n'a qu'une hâte ,c'est de savoir la suite. Car, en lisant cette fin, elle nous promet un 3e tome palpitant. 

Au final, un 2e tome, dans la continuité du premier, avec toutefois, une histoire plus resserrée, et des personnages moins nombreux. Une saga qui se bonifie au fil des tomes, et que j'ai hâte de retrouver avec son 3e tome. En tout cas,  une saga à découvrir, pour tous les amoureux, d'aventures, d'histoire, et d'amour...

Winston Graham: Poldark Tome 2, au delà de la tempête, (Poldark-Demelza), L'Archipel, 308 pages, 2017



dimanche 19 mars 2017

Slow Qui Tue #313: J'la croise tous les matins

Le slow qui tue de la semaine la croise tous les matins.

Johnny Hallyday: J'la croise tous les matins


Bonne écoute!


vendredi 17 mars 2017

Un ange brûle

4e de couverture: Dove Carnahan n'est pas femme à se laisser déstabiliser. À bientôt cinquante ans, la chef de police d'une petite ville minière de Pennsylvanie a l'habitude des situations difficiles. Pourtant, devant le corps à demicalciné de la jeune Camio Truly, Dove vacille.
Issue d'une famille de rednecks versée dans l'alcool et les magouilles, l'adolescente était promise à un autre avenir : une bourse universitaire, une porte de sortie vers un monde meilleur. Un rêve soudain brisé.
Dove prend l'affaire personnellement. Elle qui a dû se battre pour se sortir d'une enfance chaotique veut rendre justice à cette innocente. Après tout, sa propre famille n'est pas si différente des Truly.

Au même moment, un homme est remis en liberté après trente-cinq ans passés sous les verrous. Pour Dove, pour les siens, c'est le souvenir d'un indicible drame qui ressurgit. 


Au premier abord, Un ange brûle s'apparenterait au genre du thriller, avec sa scène d'entrée surprenante (la découverte du corps d'une jeune fille brûlée dans un chemin désert)
Mais ce roman, au tempérament policier, se focalise plus sur les conséquences de la mort de Camio sur son entourage et son côté psychologique que sur l'action. J'aime ça quand un auteur nous parle  des personnages et nous fait vivre ce drame de l'intérieur d'une famille, mais aussi de toute une communauté. 

Cette histoire tragique nous est conté par Dove Carnahan, la cheffe de la police locale, qui va devoir faire équipe avec des flics de la ville d'à côté. Le meurtre de Camio Truly, jeune fille issue d'une des familles les plus pauvres ,et les plus atypiques de la ville, va rouvrir les blessures de Dove, qui, comme la jeune Truly, vivait dans une famille pauvre et dont la mère a été assassinée. De plus, le retour du meurtrier de la mère de Dove, sorti de prison et qui clame son innocence et demande réparation, ne va pas arranger les choses.

Tawni O'Dell, va alors osciller entre passé et présent: Dove va se rappeler sa vie d'adolescente, auprès de ses frère et soeur (Champ et Neely) , qui ont également souffert de la mort de leur mère. A l'aide de Flashbacks, elle remonte le fil de son histoire, et l'auteur nous distille les révélations au fur et à mesure. 

J'ai aimé la galerie des personnages: au premier d'entre eux, Dove, une femme de cinquante ans (et c'est là où je dis bravo à l'auteur, car, il est rare, même en littérature, de trouver un "rôle" de flic femme ayant atteint la cinquantaine). J'ai aimé son côté protecteur, mais en même temps, tenace et voulant à tout pris savoir la vérité. Malgré sa solitude, elle est une femme indépendante qui n'a pas besoin de quelqu'un dans sa vie. Le retour de son frère et du fils de ce dernier va chambouler bien des choses. D'ailleurs, le petit Mason, le neveu de Dove, est des plus attachants. 
L'équipe de Dove, Singer, et Blonski en tête, est des plus sympathique, et même le flic taciturne, le super inspecteur, de l'équipe principale, a des qualités non négligeables. 
Mais ce sont les Truly qui ont quand même eu ma préférence, et ce, même s'ils sont des salauds finis, et des ploucs abjects. La mort de leur fille va être le prétexte pour l'auteur de nous immerger dans cette famille de fous...et c'est tout de même jouissif, surtout qu'on en apprend aussi de belles sur Camio, la victime. 

Alors, certes, j'avais deviné certains éléments de l'intrigue, comme le secret du frère de Dove, et où allait l'enquête, mais cela ne m'a pas gâché ma lecture car certaines surprises ont été là (je pense que n'étant pas un grand lecteur de thrillers et de romans policiers, je peux encore me laisser surprendre), et surtout, ce que j'ai trouvé plus intéressant, c'est d'en apprendre plus sur la vie des personnages, que de savoir qui avait tué Camio Truly (ça, c'est l'effet "Twin Peaks", qui a déteint sur moi, je pense) . 
Le seul petit bémol que je pourrais avoir concerne le passé de Dove, qui n'a pas été aussi loin que je l'espérais, surtout, en ce qui concerne, Lucky, le meurtrier de la mère de Dove  (alors nous avons tous les éléments de son passé, mais j'en aurai voulu plus, je ne sais pas pourquoi. Peut être parce que je le trouvais intéressant)...mais cela n'est que mon ressenti, par rapport à ça . 

Au final, un roman psychologique de très belle tenue et qui m'a fortement plu, grâce à des personnages fouillés (surtout au niveau de Dove et de la famille Truly), qui, par la mort violente d'une jeune fille, va faire remonter à la surface, tous les secrets parfois immondes de cette petite communauté de Pennsylvanie. Tout simplement fascinant. 

Merci aux  Editions Belfond pour la découverte de la plume de Tawni O'Dell. 

Tawni O'Dell: Un ange brûle, (Angels Burning), Belfond, 344 pages, 2017


mercredi 15 mars 2017

La Discothèque du 20e siècle #208

En 1978, Serge Lama surfe toujours sur la vague du succès, entre rires et larmes, et cette fois ci, c'est la fête qui prime avec ce titre.

Serge Lama: Femme femme femme (1978)








Depuis 15 ans sur les rails du succès, Lama cartonne en 1978 avec cette composition de sa vieille complice Alice Dona, qui lui avait déjà écrit Je suis malade, Les petites femmes de Pigalle ou Chez moi. Les années 70 le voient relever les défis les plus fous: il est par exemple le premier artiste à tenter (et réussir) le Palais des Congrès à Paris, réunissant 70 000 spectateurs en 20 jours. D'ailleurs en 1978, on estime que depuis le début de sa carrière, 8 millions de Français ont vu Lama sur scène. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1978", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 12 mars 2017

Slow Qui Tue #312: Broken Wings

Le slow qui tue de la semaine essaie de réparer ses erreurs.

Mr Mister: Broken Wings


Bonne écoute!


jeudi 9 mars 2017

Chronique des bords du Rhin

4e de couverture: Sylvain Tesson nous conte une chronique du vieux Rhin, dont les bords cachent une vie âpre et grouillante. Tendez l’oreille, écoutez dans la brume le pas d’un promeneur ou le remous d’une ondine...

Sylvain Tesson est l'un de ces auteurs dont j'ai croisé le nom (et la bobine) plusieurs fois et que j'ai envie de découvrir. 
Déjà, parce que mon frère aime beaucoup cet écrivain voyageur (ayant, comme lui, le goût des voyages et des chemins de traverse), mais aussi parce que sa façon de parler de notre monde m'interpelle. 

Et voilà que, par le plus grand des hasards (et grâce à Le Veger Editeur (que je remercie), ce petit livre a trouvé le chemin de mon chez-moi. 
Parfois, j'aime découvrir un auteur avec des textes courts pour savoir si sa plume est fait pour moi. Ce fut le cas pour Sylvain Tesson. 

Dans ce petit recueil, Chronique des bords du Rhin, Sylvain Tesson nous parle de ce fleuve qui traverse la France et qui a plus d'un secret et d'une histoire à nous livrer, et ce, en deux petites nouvelles. 

La première, Journal d'une fée du Rhin est d'une poésie rare et vivifiante, dont les mots nous sautent à l'oreille pour nous faire entendre leur musique. Ce petit conte féerique est d'une beauté sans pareille et nous conte l'histoire de cette Ondine, protectrice du fleuve et des hommes, qui essaie de maintenir la paix, dans ce petit îlot  qu'on lui a confié. C'est une ode au fleuve et à la nature, ce texte, et c'est tellement beau de ravissement que j'en ai presque eu les larmes aux yeux (des larmes de joie, je vous rassure). Pourquoi cette nouvelle fut elle aussi brève?J'aurai voulu continuer mon voyage avec cette fée du Rhin un peu plus longtemps. 

La Deuxième nouvelle, Où est elle? baigne dans une atmosphère plus moderne et réaliste (par rapport à la première), mais seulement en apparence. La beauté de la langue de Sylvain Tesson est toujours là mais j'ai été moins transportée que pour le "Journal d'une fée du Rhin"...enfin ,au début. Plus la nouvelle avance et plus la féerie du fleuve opère, encore une fois: ce couple qui arrive en Alsace et qui se promène sur les bords du fleuve ,un jour de brouillard, m'a progressivement emporté dans son tourbillon. Et la fin m'a scotchée, il faut dire. 

Au final, je suis plus que ravi d'avoir découvert ce petit recueil, qui m'a permis de découvrir une plume magnifique (celle de Sylvain Tesson), et des histoires d'une poésie rare. Une superbe découverte, qui me donne envie de découvrir plus avant un livre de Sylvain Tesson. J'ai été charmé par sa plume. 
Je vous invite donc à vous plonger dans ce petit recueil qui vous promet un voyage féerique, plein de poésie et de charme magique, sur les bords du Rhin...et ce pour un prix dérisoire (5€)

Sylvain Tesson: Chronique des bords du Rhin, Le Veger Editeur (Collection "Sentinelles"), 40 pages, 2017


mercredi 8 mars 2017

Celui qui va vers elle ne revient pas

4e de couverture:Shulem Deen a été élevé dans l’idée qu’il est dangereux de poser des questions. Membre des skver, l’une des communautés hassidiques les plus extrêmes et les plus isolées des États-Unis, il ne connaissait rien du monde extérieur. Si ce n’est qu’il fallait à tout prix l’éviter. Marié à l’âge de dix-huit ans, père de cinq enfants, Shulem Deen alluma un jour un poste de radio – une première transgression minime. Mais sa curiosité fut piquée et le mena dans une bibliothèque, puis sur Internet, et ébranla les fondements de son système de croyances. Craignant d’être découvert, il sera finalement exclu pour hérésie par sa communauté et acculé à quitter sa propre famille. Dans ce récit passionnant, il raconte ce long et douloureux processus d’émancipation et nous dévoile un monde clos et mystérieux. Une expérience qui a propulsé l’auteur dans une remarquable carrière littéraire.

La curiosité est un vilain défaut, dit on. Eh bien, je suis fier d'avoir hérité de ce défaut, car c'est la curiosité qui m'a fait aller vers ce livre...et je ne le regrette pas une seule seconde. 

Shulem Deen raconte dans ce roman une partie de sa vie, et surtout celle de son "ouverture au monde" et son parcours chaotique vers ce monde non orthodoxe qu'il ne connaissait pas. 

En commençant ce livre, je savais que la lecture allait être complexe et qu'il me faudrait du temps pour pouvoir y entrer pour tout assimiler. "Celui qui va vers elle ne revient pas" n'est pas un roman qu'on lit seulement pour se divertir. Il demande du temps et de la concentration. Surtout quand, comme moi (et peut-être comme vous), vous êtes étranger au mode de vie et au monde des juifs orthodoxes. Mais, quand en plus, ce monde juifs orthodoxes, correspond à une communauté aussi extrême que celles des Skver, c'est à s'y perdre.
 J'ai souvent été perdu et estomaqué par la vie de Shulem et des siens. Et dire qu'ils vivent à New York(!), mais, c'est un monde clôt sur lui même. La télévision, la radio, les journaux sont interdits (ou considérés comme tels), les mariages sont le plus souvent arrangés (j'ai halluciné en lisant la rencontre entre Shulem et sa future femme Gitty, et surtout la réaction des rabbins devant les questions de Shulem face à son futur mariage.) Car oui, voilà le "problème" de Shulem: il pose trop de questions, et ce, dès le plus jeune âge, ce qui lui vaudra plusieurs fois des réprimandes. 
Tout se passe donc bien, dans la vie de Shulem, jusqu'au jour où il décide d'allumer la radio pour écouter les infos (!): à partir de ce jour, son besoin de savoir et d'apprendre le monde extérieur va être très fort (entre écoute de la radio, les lectures à la médiathèque, l'arrivée d'internet dans la famille) et ses doutes vont commencer à l'assaillir. 

En fait, plus on avance dans le roman, plus celui ci nous ouvre ses portes et devient plus "facile" à lire, comme si Shulem qui se rapproche du monde occidental que nous connaissons, nous  rendais son roman plus proche et plus compréhensible pour nous . On s'attache de plus en plus à lui et on le soutient, dans son parcours. En fait, Shulem et le lecteur, ne font qu'un: chacun fait son chemin pour entrer dans un monde qu'il ne connait pas (un chemin inverse mais pourtant semblable). 

J'ai été scandalisé par certains moments devant la réaction excessive des proches de Shulem (surtout dans les dernières parties qui concerne sa séparation d'avec sa femme et  ses enfants): bien sûr, pour eux il est tout a fait normal de vivre comme ça et de se comporter comme ça, mais j'ai eu l'impression qu'ils vivaient encore au moyen âge. Impensable! Surtout, Shulem va vivre des années sans vraiment ressentir d'amour pour Gitty, la femme qui partage sa vie (ils réussiront tout de même à avoir de l'affection, mais pour ma part, ce n'est pas ça qui fait la vie épanouie d'un couple). 

Alors, on ne va pas se mentir: c'est un roman exigeant qui demande un investissement de la part du lecteur: il faut être prêt à faire ce voyage: le style de Shulem Deen est dense et plein de profondeur (sur un monde qui m'était totalement inconnu, avec des termes yiddish ou des extraits du Talmud qui me sont complètement étranger),mais grâce au travail formidable de sa traductrice, Karine Reignier - Guerre,qui, tout en gardant des mots ou des phrases yiddish, pour qu'on s'imprègne de cette culture et de ce monde , a su retranscrire sa langue à merveille et ainsi ouvrir une porte d'entrée.  

Au final, un roman au style exigeant, qui demande une attention particulière, mais qui, dès la porte franchie ,est passionnant de bout en bout. On suit le parcours initiatique d'un homme qui perd ses convictions et ses croyances,  en s'ouvrant sur le monde qui l'entoure et qui perd tout ce qu'il a connu, parce qu'il était trop curieux, et avide de savoir. Alors, si vous aussi, vous êtes curieux de savoir qui se cache derrière ces juifs orthodoxes (dont on a parfois une image un peu galvaudée), ouvrez le roman de Shulem Deen. Vous en ressortirez différent. 

Merci aux Editions Globe pour ce voyage littéraire fort enrichissant. 

Shulem Deen: Celui va vers elle ne revient pas, (All who go do not return), Editions Globe, 414 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #207

En 1975, avant que Mike Brant en fasse une adaptation au succès retentissant, ce morceau était déjà un tube outre-atlantique.

Morris Albert: Feelings (1975)




Originaire du Brésil, Morris Albert créé en 1975 l'un des hymnes absolus de toute l'histoire de la pop. Il s'agit de Feelings, dont la mélodie d'une grande subtilité a fait le tour du monde. Le single, qui a été n°6 dans les Charts américains du "Billboard" y est resté classé 16 semaines de suite. En France, la chanson a été n°3 en août 1975. C'est mieux que Dis lui (n°5 en juin) qui est l'adaptation française...de Feelings. (Source: Fascicule "Au Cœur des Slows n°16", Universal Collections)

Bonne écoute!


dimanche 5 mars 2017

Slow Qui Tue #311: Céline

Le slow qui tue de la semaine rend hommage à cette soeur qui a sacrifié sa vie pour eux.

Hugues Aufray: Céline


Bonne écoute!


jeudi 2 mars 2017

Valet de pique.

4e de couverture: Quel auteur n’envierait le sort d’Andrew J. Rush ? Écrivain à succès de romans policiers vendus à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, père de famille heureux, Andrew vit dans une petite ville du New Jersey où il trouve le calme nécessaire pour édifier son œuvre.
Mais Andrew a un secret que même ses plus proches ignorent : sous le pseudonyme de Valet de pique, il écrit des romans noirs, violents, pervers, romans qui scandalisent autant qu’ils intriguent le monde littéraire.
Cet équilibre tout en dissimulation qu’Andrew a patiemment élaboré va être menacé. Au départ, la plainte d’une voisine, Mme Haider, probablement un peu dérangée, qui l’accuse d’avoir plagié ses romans autopubliés. Parallèlement sa fille lui pose des questions gênantes après avoir trouvé des traces autobiographiques dans un roman du Valet de pique ; sa femme Irina est soupçonnée par Andrew d’entretenir une liaison avec un professeur de maths. Ces éléments menaçants vont réveiller chez Andrew des fantômes du passé, réveiller aussi la voix désormais plus insistante et terrifiante du Valet de pique…

S'embarquer dans un roman de Mrs Oates est toujours un voyage qui se prépare psychologiquement...même quand on a lu plusieurs ouvrages de la dame. 
Ce dernier opus,qui parait aujourd'hui en France, est encore une fois un petit bijou qui joue avec les nerfs du lecteur, en lui parlant des angoisses et des ennuis des écrivains et de leurs créations. 
Dans ce court roman, Joyce Carol Oates aborde plusieurs sujets liés au "métier d'écrivain": le plagiat tout d'abord (abordé ici en la personne d'une femme qui accuse Andrew d'avoir plagié ses écrits non publiés (ou auto-publié), mais également de l'écrivain ayant un "double", cet autre écrivain qui est en lui et qui écrit des romans plus sombres et violents sous un pseudonyme (le Valet de Pique) et qui prend de plus en plus de place (c'est là qu'on pourrait penser qu'Andrew est un "avatar" de Joyce Carol Oates puisqu'elle a écrit des thrillers et des romans policiers sous des pseudos, tout comme Stephen King, qui est longuement évoqué dans le livre (d'ailleurs, en lisant ce petit livre, j'ai repensé à la nouvelle "Vue imprenable sur jardin secret" tiré du recueil "Minuit" et qui part sur le même postulat que ce roman, à savoir un homme qui accuse un écrivain célèbre de l'avoir plagié). Bien sûr,y voir ici un hommage à Stephen King et non un plagiat puisque  le traitement que fait Mrs Oates de cette histoire de plagiat est fort différente.

Encore une fois, Joyce Carol Oates nous offre un roman psychologique dont elle à le secret. Elle plonge dans les tréfonds de l'âme d'Andrew, jusqu'à la folie. C'est terrifiant, affolant, et le lecteur est prit d'une frénésie de lecture pour savoir jusqu'où Andrew va se laisser influencer par "Valet de Pique" qui prend de plus en plus de place dans sa vie. C'est alors que le roman bascule vers le roman  noir pour ne plus revenir vers le côté clair. Pourtant le lecteur était prévenu dès le départ avec un premier chapitre mystérieux et glaçant (comme souvent chez Mrs Oates)

En fait, ce petit roman aurait très bien pu être écrit par Rosamond Smith, puisque le thriller s'invite dans l'univers de Mrs Oates. Ainsi l'auteur (Mrs Oates) et son double (Rosamond Smith) se retrouvent dans l'écriture tranchante et palpitante (où, encore une fois, Claude Seban a su retrouve toute la moelle, dans notre langue) de ce Valet de Pique que je vous encourage à découvrir, même à ceux qui n'ont jamais lu de Joyce Carol Oates.

Au final, j'ai retouvé avec plaisir et passion, l'une des mes auteures préférées, qui, encore une fois, m'a embarqué dans son univers noir et sombre et dans lequel je ne ressors jamais totalement  indemne. Un roman divertissant qui fait se poser les bonnes questions sur le "métier d'écrivain" et les angoisses qu'ils peuvent connaître. Un roman qui parle également de la part sombre que chaque personne à en lui et qu'il laisse sortir ou pas, jusqu'au point de non retour. Un roman qui ne se lâche pas avant la fin. Fascinant...comme souvent avec Joyce Carol Oates. Même après toutes ses années, la grande dame de la littérature contemporaine américaine n'a rien perdu de sa sève créatrice. Admirable!

Merci aux Editions Philippe Rey pour cette nouvelle plongée fascinante dans l'univers de Joyce Carol Oates.

Joyce Carol Oates: Valet de Pique (Jack Of Spades), Philippe Rey, 224 pages, 2017


mercredi 1 mars 2017

La Discothèque du 20e siècle #206

En 1973, Demis Roussos, chanteur du groupe emblématique "Aphrodite's Childs", connait son premier succès solo.

Demis Roussos: Forever & ever (1973)




"Une ballade envoûtante et mémorable grâce à la voix nasillarde, au bord du sanglot de Demis Roussos": voici en quels termes avait été qualifiés les débuts de celui qui était à l'époque chanteur du groupe pop grec Aphrodite's child lorsque leur chanson Rain & Tears devient, en 1968, un énorme succès européen. Demis opte ensuite pour notre plus grand plaisir pour une carrière 100% variété avec des mélodies aussi imposantes que son physique: c'est avec We shall dance qu'il s'impose en solo dès 1971, tandis que Forever & Ever est l'un des plus gros tubes de l'année 1973 en Europe. Au dernier décompte, il aurait vendu 40 millions de disques à travers le monde. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1973", Polygram Direct)

Bonne écoute!